Photographie de Corossol
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Anonaceae

Corossol

Annona muricata

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Aussi appelée : Corossolier Corossol épineux Graviola

Description botanique

Annona muricata est un arbre tropical persistant de taille relativement modeste.

Type :

Arbre fruitier tropical.

Hauteur :

généralement 4 à 8 mètres ;
parfois jusqu’à environ 10 mètres.

Port :

dressé ;
ramifié ;
couronne relativement ouverte.

Tronc :

court ;
ramifié assez bas ;
écorce gris-brun.

Rameaux :

jeunes rameaux verdâtres ;
devenant progressivement brunâtres.

Feuilles :

alternes ;
simples ;
entières ;
ovales à oblongues ;
coriaces ;
vert foncé brillant sur la face supérieure ;
plus claires dessous.

Elles mesurent généralement :

6 à 18 cm de longueur.

Les feuilles dégagent une odeur caractéristique lorsqu’elles sont froissées.

Floraison :

Sous climat tropical favorable, la floraison peut intervenir pendant une grande partie de l’année.

Fleurs :

solitaires ou regroupées par petits nombres ;
jaunâtres à jaune verdâtre ;
charnues ;
portées sur les rameaux et parfois directement sur des parties plus âgées.

Elles comportent notamment :

3 pétales externes épais ;
3 pétales internes plus petits.

Fruit :

Le corossol est un fruit composé ou syncarpe.

Il est :

ovoïde à irrégulièrement cordiforme ;
vert ;
couvert de protubérances molles rappelant des épines.

Poids :

Les fruits peuvent peser :

quelques centaines de grammes ;
plusieurs kilogrammes.

Pulpe :

blanche ;
juteuse ;
fibreuse ;
crémeuse ;
aromatique.

Graines :

nombreuses ;
ovales ;
lisses ;
brun foncé à noires.

⚠️ Les graines ne sont pas comestibles.

Répartition

L’origine exacte de Annona muricata est généralement située dans les Amériques tropicales.

La plante est depuis longtemps cultivée dans :

Caraïbes ;
Amérique centrale ;
Amérique du Sud tropicale.

Elle s’est ensuite largement diffusée dans les régions tropicales.

Elle est aujourd’hui cultivée notamment :

au Mexique ;
au Brésil ;
en Colombie ;
au Venezuela ;
dans les Caraïbes ;
en Afrique tropicale ;
à Madagascar ;
en Inde ;
au Sri Lanka ;
en Thaïlande ;
en Indonésie ;
en Malaisie ;
aux Philippines ;
dans différentes îles du Pacifique.

Habitat

Le Corossolier apprécie les climats :

tropicaux ;
chauds ;
humides.

Il pousse particulièrement bien lorsque les températures restent généralement comprises autour de :

20 à 30 °C.

Il apprécie :

le soleil ;
une chaleur régulière ;
une humidité suffisante ;
les sols fertiles ;
les terrains riches en matière organique ;
un drainage efficace.

Il peut être cultivé :

dans les jardins tropicaux ;
dans les vergers ;
dans les plantations commerciales ;
dans les systèmes agroforestiers.

Il supporte mal :

le gel ;
les températures froides prolongées ;
les sols durablement gorgés d’eau.

Sous climat tropical, il peut produire plusieurs récoltes selon :

pluviométrie ;
irrigation ;
variété ;
conditions culturales.

Principes actifs

Des études ont révélé des tanins, des stéroïdes et des glycosides cardiaques comme principaux composés phytochimiques.
La graine contient un alcaloïde non toxique.
Des études récentes ont isolé trois acétogénines: l'annonacine, l'annonacine A et l'annomuricine A.
L'écorce de la tige a donné une acétogénine, une solamine et deux triterpénoïdes, le stigmastérol et le sitostérol.

Usages traditionnels

Le Corossolier possède de nombreux usages dans les pharmacopées populaires des régions tropicales.

Feuilles

Les feuilles sont traditionnellement préparées en infusion ou décoction pour accompagner :

nervosité ;
difficultés d’endormissement ;
états fébriles ;
douleurs ;
inflammations ;
certains troubles digestifs.
Sommeil

Dans certaines régions, une tisane légère de feuilles est traditionnellement consommée comme :

calmant ;
relaxant ;
aide au sommeil.
Douleurs et inflammation

Des préparations de feuilles sont utilisées traditionnellement pour :

douleurs musculaires ;
douleurs articulaires ;
inflammations.
Troubles digestifs

La plante est également employée traditionnellement pour accompagner :

diarrhées ;
troubles intestinaux ;
parasites intestinaux.
Peau

Des feuilles écrasées ou certaines préparations sont appliquées traditionnellement sur :

petites irritations ;
certaines lésions cutanées ;
inflammations locales.
Fièvre

Les feuilles apparaissent dans diverses préparations populaires contre :

fièvre ;
états infectieux traditionnels.

Usages culinaires

Le fruit mûr est la principale partie alimentaire.

Fruit frais

Le corossol peut être consommé :

frais ;
à la cuillère ;
après retrait de la peau et des graines.
Jus

La pulpe est fréquemment utilisée pour préparer :

jus ;
nectars ;
boissons fraîches.
Smoothies

Elle peut être mélangée avec :

lait ;
lait végétal ;
autres fruits ;
glace.
Desserts

Le corossol entre dans la préparation de :

sorbets ;
glaces ;
crèmes ;
mousses ;
pâtisseries.
Confitures

La pulpe peut également servir à préparer :

confitures ;
gelées ;
sauces fruitées.
Philippines

Aux Philippines, où le fruit est appelé guyabano, il est notamment consommé :

frais ;
en jus ;
en boissons ;
en desserts.
Graines

⚠️ Les graines doivent être retirées.

Elles ne doivent pas être :

mâchées ;
broyées ;
incorporées aux boissons.

Posologie

Fruit frais

Pour l’usage alimentaire :

choisir un fruit mûr ;
retirer la peau ;
séparer soigneusement les graines ;
consommer la pulpe.

Une portion peut représenter environ :

100 à 150 g de pulpe.

Il s’agit d’une quantité alimentaire et non d’une posologie thérapeutique.

Jus de corossol
prélever la pulpe ;
retirer toutes les graines ;
mixer avec de l’eau ;
filtrer éventuellement ;
consommer frais.
Infusion traditionnelle de feuilles

L’usage ethnomédicinal rapporte des infusions légères de feuilles.

Cependant, en raison des incertitudes concernant l’exposition aux acétogénines, une consommation quotidienne prolongée ou fortement concentrée n’est pas recommandée.

Il n’existe pas de posologie médicinale clinique standardisée et validée pour la feuille de Annona muricata.

Usage externe

Les feuilles ont traditionnellement été :

écrasées ;
pilées ;
préparées en cataplasme.

Elles sont appliquées localement dans certaines traditions sur des zones douloureuses ou irritées.

Éviter les applications sur :

plaies profondes ;
grandes surfaces ;
peau fortement lésée.

Précautions

Les graines sont toxiques, ne pas prendre en interne.

Contre-indications

La distinction entre fruit alimentaire et préparations médicinales concentrées est essentielle.

Acétogénines

La plante contient des acétogénines annonacées, dont l’annonacine.

Ces substances inhibent notamment certains mécanismes de production énergétique mitochondriale.

Une exposition importante ou répétée soulève des préoccupations concernant une possible neurotoxicité.

Neurotoxicité

Des travaux épidémiologiques et expérimentaux ont alimenté l’hypothèse d’un lien entre une exposition importante à certaines Annonaceae et des syndromes neurologiques atypiques.

Cela justifie d’éviter :

consommation médicinale excessive ;
cures prolongées de feuilles ;
extraits très concentrés ;
préparations de graines.
Graines

⚠️ Les graines ne doivent pas être consommées.

Éviter de :

les broyer ;
les mâcher ;
les incorporer à un jus.
Grossesse

Par prudence, éviter les préparations médicinales de feuilles et les extraits concentrés pendant la grossesse.

Allaitement

Même prudence pendant l’allaitement.

Enfants

Ne pas administrer d’extraits concentrés ou de cures prolongées de feuilles sans avis professionnel.

Maladie neurologique

Les préparations médicinales concentrées ou prolongées sont particulièrement déconseillées chez les personnes souffrant d’une maladie neurologique, notamment de troubles parkinsoniens.

Interactions

Médicaments antihypertenseurs

Des effets hypotenseurs ont été observés dans certains modèles expérimentaux.

Une association d’extraits concentrés avec des médicaments antihypertenseurs pourrait théoriquement favoriser :

hypotension ;
étourdissements ;
faiblesse.
Médicaments antidiabétiques

Certains extraits ont montré une activité hypoglycémiante expérimentale.

Prudence avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres médicaments abaissant la glycémie.
Plantes hypoglycémiantes

Une prudence similaire s’applique aux fortes doses d’extraits associées à :

Momordica charantia ;
Gymnema sylvestre ;
fenugrec ;
cannelle en extrait concentré.
Plantes hypotensives

Les effets pourraient théoriquement s’additionner avec des préparations concentrées de plantes ayant une activité hypotensive.

Médicaments neurologiques

Compte tenu des préoccupations liées à la neurotoxicité de certaines acétogénines, une prudence renforcée est recommandée chez les personnes traitées pour :

maladie de Parkinson ;
autres maladies neurologiques.

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