Photographie de Gattilier
Toutes les plantes
Lamiaceae

Gattilier

Vitex agrus castus

3 photos
Aussi appelée : Gattilier commun Arbre au poivre Poivre des moines Poivre sauvage Agneau-chaste

Description botanique

Vitex agnus-castus est un :

arbuste ;
petit arbre ;
caduc à semi-persistant selon le climat ;
très ramifié ;
aromatique.
Hauteur

Il mesure généralement :

2 à 5 mètres

mais certains sujets peuvent devenir plus grands dans de bonnes conditions.

Dans certaines flores régionales, des formes d’environ 2 mètres sont décrites.

Port

Son port est :

buissonnant ;
dressé ;
étalé avec l’âge.

Il rappelle parfois extérieurement certains petits saules lorsqu’il pousse près de l’eau.

Tiges et rameaux

Les jeunes rameaux sont :

souples ;
grisâtres à verdâtres ;
légèrement pubescents.

Les branches deviennent progressivement :

ligneuses ;
brun gris ;
assez flexibles.

Lorsqu’on froisse les jeunes parties, une odeur :

aromatique et légèrement poivrée

peut être perceptible.

Feuilles

Les feuilles sont particulièrement caractéristiques.

Elles sont :

opposées ;
palmées ;
composées généralement de 5 à 7 folioles.

Les folioles sont :

lancéolées ;
étroites ;
pointues ;
vert grisâtre sur la face supérieure ;
blanchâtres et tomenteuses en dessous.

L’apparence générale peut rappeler celle d’une feuille de cannabis, mais les deux plantes ne sont évidemment pas apparentées.

Fleurs

Les fleurs sont :

petites ;
aromatiques ;
violettes ;
bleu-violet ;
lilas ;
parfois rosées ou blanches selon les formes cultivées.

Elles sont regroupées en :

longues inflorescences terminales

particulièrement décoratives.

La floraison attire de nombreux :

abeilles ;
bourdons ;
papillons ;
autres pollinisateurs.

Fruits

Après la floraison apparaissent de petits fruits :

globuleux ;
d’abord verts ;
puis brun rougeâtre ;
finalement brun foncé à noirâtres.

Ils ressemblent extérieurement à de petits :

grains de poivre

d’où les noms :

Poivre des moines ;
Monk’s pepper.

Le fruit possède une odeur :

aromatique ;
légèrement épicée.
Partie médicinale principale

C’est précisément :

le fruit mûr et séché

qui est utilisé dans la plupart des médicaments phytothérapeutiques modernes.

Graines

Le fruit contient plusieurs petites graines.

En pratique phytothérapeutique, on ne sépare généralement pas les graines du péricarpe :

le fruit entier est utilisé.

Les constituants actifs sont donc extraits à partir de l’ensemble du fruit séché.

Répartition

L’espèce est naturellement distribuée depuis :

le bassin méditerranéen jusqu’à l’Asie centrale et au nord-ouest de l’Inde.

Son aire native comprend notamment :

France méditerranéenne ;
Espagne ;
Italie ;
Grèce ;
Balkans ;
Turquie ;
Chypre ;
Afrique du Nord ;
Égypte ;
Proche-Orient ;
Iran ;
Irak ;
Afghanistan ;
Pakistan ;
certaines régions de l’Inde.

Habitat

Le Gattilier affectionne particulièrement :

berges ;
lits de rivières ;
zones temporairement humides ;
vallées ;
terrains alluviaux ;
littoraux ;
endroits chauds et ensoleillés.
Climat

Il préfère les climats :

méditerranéens ;
subtropicaux ;
chauds.

Sol

Il apprécie les sols :

drainés ;
caillouteux à limoneux ;
relativement frais lorsqu’il est jeune.

Une fois établi, il supporte assez bien :

la sécheresse estivale.

Usages traditionnels

Le Gattilier possède une histoire médicinale de plus de :

2 000 ans

Il a été traditionnellement associé à :

régulation du cycle féminin ;
troubles menstruels ;
douleurs mammaires ;
troubles prémenstruels ;
fertilité dans certaines traditions.

Son nom « agnus-castus » et celui de « poivre des moines » sont également liés à son ancienne réputation de plante :

modérant le désir sexuel

bien que cette interprétation historique ne corresponde pas directement à ses indications phytothérapeutiques modernes.

La littérature contemporaine rapporte surtout son emploi contre :

SPM ;
irrégularités menstruelles ;
mastalgie cyclique ;
troubles liés à une prolactine légèrement élevée.

Irrégularités menstruelles

Le Gattilier est traditionnellement utilisé pour accompagner certains :

cycles irréguliers ;
cycles associés à une phase lutéale courte ;
troubles liés à une hyperprolactinémie fonctionnelle.

Certaines anciennes études suggèrent une normalisation de plusieurs paramètres du cycle chez des patientes présentant une hyperprolactinémie latente.

Toutefois, une irrégularité menstruelle peut également provenir de :

syndrome des ovaires polykystiques ;
grossesse ;
maladie thyroïdienne ;
périménopause ;
insuffisance ovarienne ;
déficit énergétique ;
autres causes endocriniennes.

Usages culinaires

Usage alimentaire historique limité

Les fruits ont parfois servi de :

succédané du poivre

Leur goût est :

aromatique ;
légèrement amer ;
poivré.

Cette utilisation explique les noms :

Poivre des moines ;
Monk’s pepper.

Cependant, aujourd’hui le Gattilier est principalement :

une plante médicinale

et non une épice alimentaire courante.

Posologie

Fruit séché en poudre

Pour la poudre de fruits, la monographie européenne reconnaît l’usage traditionnel. Les références phytothérapeutiques utilisent généralement l’équivalent d’environ :

1 à 2 g de fruits séchés par jour ;
de préférence en une prise quotidienne régulière.

Cette quantité concerne le fruit, et non les feuilles ou les fleurs.

Extrait sec standardisé — référence EMA

C’est la forme bénéficiant des données cliniques les plus solides.

Pour l’extrait sec ayant précisément les caractéristiques :

DER 6–12:1 ;
solvant d’extraction : éthanol 60 % m/m ;
dose : 20 mg d’extrait sec, 1 fois par jour.

Cette dose de 20 mg/jour a été utilisée dans des études cliniques sur le syndrome prémenstruel et constitue l’usage bien établi retenu dans l’évaluation européenne.

Les 20 mg ne peuvent pas être appliqués à n’importe quel extrait de gattilier : le DER et le procédé d’extraction doivent correspondre.

Teinture 1:5

L’EMA reconnaît également parmi les préparations traditionnelles une :

teinture 1:5 ;
éthanol 68–70 % V/V.

La dose doit être adaptée au produit et à sa concentration. Les anciennes références phytothérapeutiques proposent également des teintures autour de 40 gouttes, 3 fois/jour, mais cette quantité ne doit pas être généralisée à toutes les teintures.

Précautions

l’usage du gattilier est déconseillé aux femmes enceintes

Contre-indications

Quand prendre le Gattilier ?

Le Gattilier n’est généralement pas utilisé uniquement quelques jours avant les règles.

Dans les études et recommandations européennes, son effet est recherché par :

une prise quotidienne continue

pendant plusieurs cycles.

Pour le SPM, une évaluation après environ :

cycles menstruels

est plus pertinente qu’une utilisation ponctuelle.

Effets indésirables

Le Gattilier est généralement bien toléré aux doses utilisées dans les médicaments phytothérapeutiques.

Des effets indésirables peuvent néanmoins survenir :

maux de tête ;
vertiges ;
nausées ;
douleurs abdominales ;
troubles digestifs ;
acné ;
démangeaisons ;
éruptions cutanées ;
modification du cycle menstruel.

Des réactions allergiques peuvent également survenir.

Dans les essais cliniques, les effets indésirables ont généralement été :

légers et réversibles.

Grossesse et allaitement
Usage déconseillé

Le Gattilier ne doit généralement pas être utilisé pendant :

grossesse ;
allaitement

sans indication médicale spécialisée.

Son activité sur :

dopamine ;
prolactine ;
axe hormonal

rend son utilisation inappropriée en automédication pendant ces périodes.

Il peut notamment théoriquement modifier :

la sécrétion de prolactine

qui joue un rôle essentiel dans la lactation.

Troubles hypophysaires

Une prudence particulière est nécessaire chez les personnes présentant :

prolactine élevée inexpliquée ;
adénome hypophysaire ;
prolactinome ;
antécédent de pathologie hypophysaire.
Pourquoi ?

Le Gattilier peut agir sur :

la sécrétion de prolactine

et pourrait masquer certains symptômes.

Une hyperprolactinémie doit être diagnostiquée correctement avant de la traiter.

Interactions

Médicaments dopaminergiques

Prudence particulière avec :

bromocriptine ;
cabergoline ;
pramipexole ;
ropinirole ;
autres agonistes dopaminergiques.

L’association pourrait théoriquement :

additionner les effets dopaminergiques.
Antagonistes dopaminergiques

Prudence également avec certains :

antipsychotiques ;
neuroleptiques ;
médicaments antiémétiques agissant sur les récepteurs dopaminergiques.

Ils pourraient théoriquement :

interférer avec l’action du Gattilier.

Médicaments hormonaux

Une prudence est également recommandée avec les traitements ayant une action :

œstrogénique ;
anti-œstrogénique ;
hormonale.

Cela concerne notamment, selon le contexte :

contraception hormonale ;
traitement hormonal de la ménopause ;
traitements de fertilité ;
certains traitements hormonodépendants.

L’existence d’une interaction clinique importante n’est pas démontrée pour toutes ces associations, mais compte tenu de l’action endocrine de la plante :

un avis professionnel est préférable.

Le Gattilier ne doit notamment pas être utilisé pour modifier volontairement l’action d’un contraceptif.

Plantes à associer avec prudence

Les associations phytothérapeutiques doivent être réfléchies lorsqu’elles visent également :

l’équilibre hormonal ou la prolactine.

Prudence notamment avec des préparations concentrées de :

actée à grappes noires ;
trèfle rouge ;
houblon ;
sauge ;
soja riche en isoflavones ;
maca selon l’objectif thérapeutique.

Cela ne signifie pas que ces associations soient systématiquement contre-indiquées.

Il faut surtout éviter :

d’empiler plusieurs plantes dites « hormonales » sans connaître la cause du trouble.

Photographies

Galerie

3 images