Photographie de Gaulthérie couchée
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Ericaceae

Gaulthérie couchée

Gaultheria procumbens

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Aussi appelée : Gaulthérie odorante Thé des bois Thé des montagnes Thé du Canada

Description botanique

Gaultheria procumbens est une plante :

vivace ;
ligneuse à la base ;
basse ;
rampante ;
persistante.

Hauteur

Elle reste généralement très basse :

environ 10 à 20 cm

mais peut s’étendre horizontalement grâce à ses tiges et rhizomes.

Port

Son port est :

rampant ;
tapissant ;
compact.

Elle peut former progressivement de petites colonies dans les sous-bois.

Tiges

Les tiges sont :

fines ;
rampantes à légèrement dressées ;
ligneuses avec l’âge ;
ramifiées.

Les jeunes rameaux portent les feuilles persistantes.

La plante se développe souvent en :

petits tapis forestiers

sur les sols acides.

Feuilles

Les feuilles constituent la partie traditionnellement la plus importante.

Elles sont :

persistantes ;
simples ;
alternes ;
ovales à elliptiques ;
coriaces ;
vert foncé ;
brillantes.

Le bord présente généralement de petites :

dents fines

Les feuilles prennent parfois des teintes :

rougeâtres ;
pourpres

pendant les saisons froides.

Particularité aromatique

Lorsque les feuilles sont :

froissées ;
fermentées ;
macérées,

elles développent une odeur caractéristique évoquant :

le salicylate de méthyle

Cette odeur est typique de la Gaulthérie.

Fleurs

Les fleurs sont :

petites ;
blanches ;
parfois légèrement rosées ;
pendantes.

Elles possèdent une forme :

en clochette ou en urne

typique de nombreuses Ericaceae.

Elles apparaissent généralement :

au printemps et au début de l’été

selon le climat.

Fruits

Après la floraison apparaissent des fruits :

globuleux ;
rouge vif ;
brillants ;
persistants pendant une partie de l’hiver.

Ils mesurent généralement :

quelques millimètres à environ 1 cm

Ils possèdent une saveur :

légèrement sucrée ;
aromatique ;
caractéristique du wintergreen.

Les fruits font partie des parties aériennes dont la composition phytochimique a été étudiée.

Racines et rhizomes

La plante possède un système souterrain permettant :

l’ancrage ;
la propagation végétative ;
la formation de colonies.

Ses structures souterraines contribuent à son port :

couvrant et rampant

dans les sous-bois.

Répartition

L’aire naturelle de Gaultheria procumbens s’étend principalement :

du Canada central et oriental à l’est et au centre-nord des États-Unis.

Québec ;
Ontario ;
Manitoba ;
Nouveau-Brunswick ;
Nouvelle-Écosse ;
Terre-Neuve ;
Île-du-Prince-Édouard ;
Maine ;
Vermont ;
New York ;
Pennsylvanie ;
Michigan ;
Wisconsin ;
Caroline du Nord ;
Virginie ;
Tennessee ;
Géorgie.

Elle a également été introduite en :

Grande-Bretagne.

Habitat

La Gaulthérie couchée pousse principalement dans :

forêts tempérées ;
sous-bois ;
bois de conifères ;
bois mixtes ;
sols riches en humus ;
zones fraîches.

Elle apprécie particulièrement les sols :

acides

comme beaucoup d’Ericaceae.

Exposition

Elle préfère généralement :

ombre légère ;
mi-ombre ;
lumière filtrée.
Sol

Le sol idéal est :

acide ;
humifère ;
frais ;
bien drainé.

Principes actifs

Salicylate de méthyle (principal composant de l'huile essentielle)

Flavonoïdes, Tanins, Acides phénoliques, Vitamine C

Usages traditionnels

La Gaulthérie possède une longue tradition médicinale nord-américaine.

Elle a notamment été employée traditionnellement pour accompagner :

douleurs musculaires ;
douleurs articulaires ;
rhumatismes ;
courbatures ;
inflammations ;
certaines douleurs après effort ;
inconfort lié aux articulations.

Le genre Gaultheria est particulièrement associé dans plusieurs médecines traditionnelles aux :

douleurs rhumatismales

et au soulagement de la douleur.

Douleurs articulaires

La Gaulthérie est également traditionnellement utilisée pour :

articulations douloureuses ;
rhumatismes ;
raideurs ;
inconfort locomoteur.

Cette réputation est directement liée à ses dérivés salicylés.

Rhumatismes

L’utilisation contre les :

rhumatismes

est l’un des usages traditionnels les plus caractéristiques du genre Gaultheria.

Les préparations peuvent historiquement avoir été utilisées sous forme :

d’infusion de feuilles ;
de cataplasme ;
de friction ;
de liniment.

Aujourd’hui, c’est surtout :

l’utilisation externe de produits correctement dilués

qui est retenue.

Usages culinaires

Usage alimentaire historique

Les feuilles et fruits ont historiquement servi à aromatiser :

boissons ;
confiseries ;
préparations aromatiques.

Le goût est caractéristique :

mentholé-salicylé

ou « wintergreen ».

Le nom nord-américain :

teaberry

fait notamment référence à cet usage aromatique.

Attention

Cela ne signifie absolument pas que :

l’huile essentielle concentrée

puisse être consommée comme un arôme domestique ordinaire.

Les formes concentrées de salicylate de méthyle peuvent provoquer une intoxication grave.

Posologie

Infusion traditionnelle

Les feuilles ont historiquement été utilisées sous forme de :

boisson ou infusion aromatique

dans certaines traditions nord-américaines.

Cependant, les concentrations en dérivés salicylés peuvent varier.

Pour une monographie moderne, il est préférable de distinguer clairement :

l’usage traditionnel des feuilles

de :

l’utilisation de l’huile essentielle concentrée.

La seconde possède un risque toxicologique bien supérieur.

Huile essentielle de Gaulthérie

L’huile essentielle est obtenue à partir du matériel végétal après des étapes permettant la libération des précurseurs salicylés, puis :

distillation

Elle est extrêmement riche en :

salicylate de méthyle

Son odeur est :

puissante ;
médicinale ;
caractéristique.
Utilisation principale
Usage externe

dans :

huiles de massage ;
gels ;
baumes ;
liniments.

Usage externe

L’utilisation externe doit toujours être :

fortement diluée

dans un support approprié.

Le méthylsalicylate traverse la peau et peut produire des concentrations systémiques importantes.

Le risque augmente notamment :

avec les fortes concentrations ;
sur une grande surface ;
avec des applications répétées ;
sous pansement occlusif ;
sur une peau lésée ;
avec la chaleur.

Un cas de toxicité aiguë après traitement cutané sur une peau atteinte de psoriasis illustre l’augmentation de l’absorption lorsque la barrière cutanée est endommagée et qu’un pansement occlusif est utilisé.

Précautions lors du massage

Ne pas appliquer l’huile essentielle pure :

directement sur une grande surface ;
sous une bouillotte ;
sous un patch chauffant ;
sous un bandage occlusif ;
sur une plaie ;
sur une brûlure ;
sur une peau inflammatoire importante.

Éviter également :

visage ;
yeux ;
muqueuses.
Important

L’idée « naturel donc sans danger » est particulièrement inadaptée à cette huile.

Précautions

et contre-indications.

L'huile essentielle de gaulthérie est très concentrée en salicylate de méthyle et peut être toxique en cas de surdosage. Elle ne doit pas être ingérée et doit être utilisée avec précaution sur la peau.

Les personnes allergiques à l'aspirine (acide salicylique) doivent éviter l'utilisation de produits à base de gaulthérie.

Les femmes enceintes ou allaitantes doivent éviter l'utilisation de l'huile essentielle de gaulthérie.

Contre-indications

Huile essentielle potentiellement très toxique par ingestion

Le danger majeur provient du :

salicylate de méthyle concentré

L’ingestion peut provoquer rapidement une intoxication salicylée sévère.

Les symptômes peuvent comprendre :

nausées ;
vomissements ;
douleurs abdominales ;
acouphènes ;
respiration rapide ;
agitation ;
confusion ;
déshydratation ;
troubles acido-basiques ;
convulsions ;
coma.

Des intoxications graves et mortelles ont été documentées, particulièrement chez l’enfant.

Risque chez l’enfant
Danger majeur

Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables.

Les recommandations toxicologiques indiquent qu’une quantité supérieure à une simple trace d’huile de wintergreen très concentrée chez un enfant de moins de 6 ans doit être considérée comme potentiellement préoccupante et nécessite une évaluation urgente.

Des décès ont été rapportés après ingestion de très petites quantités de méthylsalicylate concentré chez de jeunes enfants.

Règle pratique
Garder l’huile essentielle de Gaulthérie hors de portée des enfants.

Signes d’intoxication salicylée

Une intoxication peut notamment provoquer :

acouphènes ;
vomissements ;
respiration accélérée ;
hyperventilation ;
transpiration ;
fièvre ;
agitation ;
confusion ;
somnolence ;
déshydratation.

Dans les formes graves :

convulsions ;
œdème pulmonaire ;
coma ;
troubles métaboliques sévères.

Les séries d’intoxications rapportées avec l’huile de wintergreen confirment ces manifestations.

En cas d’ingestion accidentelle
contacter immédiatement un centre antipoison ou les urgences.

Ne pas provoquer soi-même de vomissements.

Allergie aux salicylés et à l’aspirine

Les personnes présentant une hypersensibilité à :

aspirine ;
salicylates ;
certains anti-inflammatoires non stéroïdiens

doivent être particulièrement prudentes.

Le méthylsalicylate peut également provoquer :

dermatite irritative ;
dermatite allergique ;
exceptionnellement réactions systémiques importantes.

Grossesse et allaitement

Par principe de précaution, les huiles essentielles riches en salicylate de méthyle sont généralement :

déconseillées pendant la grossesse et l’allaitement sans avis médical spécialisé.

Cette prudence est particulièrement importante :

en fin de grossesse ;
à fortes concentrations ;
lors d’applications répétées.

L’usage alimentaire ou traditionnel léger des parties végétales constitue une exposition différente d’une huile essentielle concentrée.

Troubles de la coagulation

La Gaulthérie doit être utilisée avec prudence chez les personnes présentant :

troubles hémorragiques ;
thrombopénie ;
traitement anticoagulant ;
traitement antiagrégant.
Pourquoi ?

Le méthylsalicylate est transformé en dérivés salicylés pouvant participer à :

une augmentation du risque de saignement.

Des interactions et des saignements ont été rapportés avec l’utilisation excessive de préparations topiques contenant du salicylate de méthyle chez des patients sous warfarine.

Interactions

Anticoagulants

Prudence particulière avec :

warfarine ;
acénocoumarol ;
apixaban ;
rivaroxaban ;
dabigatran.
Antiagrégants plaquettaires

Prudence avec :

aspirine ;
clopidogrel.
Anti-inflammatoires non stéroïdiens

Éviter l’accumulation excessive avec :

ibuprofène ;
naproxène ;
diclofénac ;
autres AINS.

L’objectif est de limiter :

l’addition d’effets liés aux salicylates et au risque de saignement.

Plantes à associer avec prudence

Prudence avec des doses médicinales élevées ou des extraits concentrés de plantes pouvant également influencer :

la coagulation

notamment :

ginkgo ;
ail concentré ;
gingembre fortement dosé ;
curcuma concentré ;
saule ;
reine-des-prés.

Cette prudence est surtout importante chez les personnes utilisant déjà :

anticoagulants ;
antiagrégants.

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