Photographie de Grande Chélidoine
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Papaveraceae

Grande Chélidoine

Chelidonium majus

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Aussi appelée : Chélidoine Herbe aux verrues Herbe de Sainte-Claire Herbe aux boucs

Description botanique

Chelidonium majus est une plante herbacée vivace, dressée et ramifiée, particulièrement reconnaissable à son abondant :

latex jaune orangé.

Elle mesure généralement environ :

30 à 80 cm de hauteur

et peut parfois approcher ou dépasser 1 mètre dans les terrains riches.

La plante possède une souche vivace à partir de laquelle se développent plusieurs tiges aériennes.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
ramifiées ;
relativement fragiles ;
légèrement velues par endroits ;
vertes à parfois rougeâtres.

Lorsqu’une tige ou une feuille est cassée, un latex épais apparaît immédiatement.

Ce latex passe rapidement :

du jaune orangé à l’orange brunâtre.

C’est l’un des caractères les plus faciles à utiliser pour identifier la plante.

Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
profondément divisées ;
pennatiséquées ;
vertes sur leur face supérieure ;
souvent glauques ou bleu-vert sur leur face inférieure.

Elles sont composées de plusieurs lobes arrondis ou irrégulièrement dentés.

Les feuilles inférieures possèdent généralement un pétiole plus développé tandis que les feuilles supérieures sont plus directement rattachées aux tiges.

Fleurs

Les fleurs sont relativement petites mais très visibles grâce à leur couleur :

jaune vif.

Chaque fleur possède généralement :

4 pétales jaunes

et de nombreuses étamines.

Les fleurs sont regroupées en petites ombelles lâches.

La floraison peut se prolonger du printemps jusqu’à l’automne lorsque les conditions restent favorables.

Fruits

Après la floraison apparaissent de longues capsules étroites ressemblant superficiellement à de petites siliques.

Elles peuvent atteindre plusieurs centimètres de longueur.

À maturité, elles s’ouvrent pour libérer de nombreuses :

petites graines noires ou brun foncé.

Les graines possèdent un petit appendice charnu appelé :

élaïosome.

Celui-ci attire les fourmis, qui transportent les graines et participent ainsi à leur dispersion.

Latex

Le latex constitue la caractéristique la plus connue de la plante.

Il contient plusieurs :

alcaloïdes isoquinoléiques biologiquement actifs.

Il explique à la fois :

certains usages médicinaux traditionnels ;
l’activité pharmacologique ;
le caractère irritant ;
une partie des précautions associées à la plante.

Répartition

La Grande Chélidoine possède une vaste aire naturelle s’étendant :

de la Macaronésie et de l’Europe jusqu’à la Sibérie occidentale, et de la région méditerranéenne jusqu’au nord de l’Iran.

Elle est notamment indigène dans une grande partie de :

France ;
Allemagne ;
Suisse ;
Autriche ;
Italie ;
Espagne ;
Portugal ;
Europe centrale ;
Europe orientale ;
Scandinavie ;
Balkans ;
Turquie ;
Caucase ;
Russie occidentale ;
Sibérie occidentale ;
certaines régions d’Afrique du Nord.

Elle a été introduite dans plusieurs autres régions, notamment en :

Amérique du Nord ;
Amérique du Sud ;
Nouvelle-Zélande.

Habitat

La Grande Chélidoine apprécie particulièrement les terrains :

riches en azote ;
frais ;
ombragés à semi-ombragés ;
perturbés par l’activité humaine.

Elle pousse fréquemment :

au pied des murs ;
dans les haies ;
dans les friches ;
au bord des chemins ;
dans les vieux jardins ;
près des habitations ;
dans les décombres ;
en lisière des bois.

C’est une plante caractéristique des milieux :

rudéraux et anthropisés.

Principes actifs

Alcaloïdes, isoquinoliniques : chélidonine, chélérythrine, sanguinarine, berbérine et coptisine, protopines.
Acides phénols : acide malique, acide citrique, acide chélidonique, acide caféique.
Flavonoïdes, Caroténoïdes, Lipides.

Médecine Rurale:

En homéopathie, la chelidonium majus peut être utilisé pour les troubles hépatiques graves.

Elle a une excellente influence sur le métabolisme par ses vertus d'épuratives du sang et du foie. Contre les maladies de la bile, des reins et du foie.

Le jus agit contre les hémorragies et les décollements de la rétine.

La plante a une action d'épurative et active la production du sang.

Avec de l’ortie et des bourgeons de sureau, elle est utilisée contre la leucémie, mais il faut boire au moins deux litres de cette tisane tous les jours pour obtenir un bon résultat.

Indications:

Ictère, cholécystite, spasmes bronchiques, asthme, hypertension, hémorroïdes avec brûlures anales, insomnie, douleurs, spasmes biliaires et hépatiques, engorgement du foie, congestion hépato-biliaire, constipation, engorgement glanduleux du système lymphatique, migraine hépatique, verrues, cors, durillons, ulcères, dartres, ophtalmie chronique.

Usages traditionnels

La Grande Chélidoine possède une longue histoire dans la médecine populaire européenne.

Elle a traditionnellement été utilisée pour accompagner :

verrues ;
cors ;
troubles digestifs ;
spasmes digestifs ;
inconfort biliaire ;
troubles hépato-biliaires ;
douleurs abdominales.

Cependant, il faut aujourd’hui distinguer très clairement :

l’usage externe traditionnel

de :

l’usage interne.

L’usage interne historique est devenu problématique en raison de nombreux signalements d’atteintes hépatiques.

Usages culinaires

La Grande Chélidoine n’est pas une plante alimentaire.

Posologie

Usage interne

Il n’est pas approprié de proposer une posologie domestique interne standard pour la Grande Chélidoine.

L’EMA a examiné les données disponibles et conclu que :

le rapport bénéfice/risque de l’usage oral devait être considéré comme négatif.

La principale préoccupation concernait les atteintes hépatiques signalées avec les préparations de Chelidonium majus.

L’évaluation européenne mentionne qu’une réglementation allemande avait limité l’exposition quotidienne à 2,5 mg d’alcaloïdes totaux, mais précise également que les données scientifiques disponibles n’étaient pas suffisamment rassurantes pour soutenir un usage oral sûr.

Cette valeur ne doit donc pas être interprétée comme une posologie recommandée.

Usage externe traditionnel

Le latex frais a historiquement été utilisé :

ponctuellement et très localement sur une verrue.

Il s’agit d’un usage populaire et non d’une posologie clinique standardisée.

L’application sur une peau saine étendue est à éviter en raison du caractère irritant du latex.

Précautions

Ne pas utiliser sur une longue période.

Toute la plante est cytotoxique et peut, à forte dose, entraîner somnolence, bradycardie, paralysie des terminaisons nerveuses sensitives.

Ne pas utiliser chez les femmes enceintes et les enfant.

Contre-indications

La Grande Chélidoine est une plante :

pharmacologiquement active et non anodine.

Elle contient plusieurs alcaloïdes puissants.

Risque hépatique

C’est le principal problème associé à l’usage interne.

L’évaluation de l’EMA rapporte de nombreux cas de complications hépatiques et indique que l’hépatotoxicité a été rapportée de façon répétée dans la littérature.

L’atteinte peut notamment se manifester par :

fatigue inhabituelle ;
perte d’appétit ;
nausées ;
douleurs abdominales ;
urines foncées ;
jaunissement de la peau ou des yeux.
Latex

Le latex peut être :

irritant ;
caustique sur les tissus sensibles ;
irritant pour les yeux et les muqueuses.

Après manipulation du latex, il est préférable de :

se laver soigneusement les mains.

Tout contact avec les yeux doit être évité.

Contre-indications

L’usage interne est particulièrement inadapté en cas de :

maladie du foie ;
hépatite ;
antécédent d’atteinte hépatique médicamenteuse ;
obstruction biliaire ;
maladie biliaire importante ;
hypersensibilité à la plante.

L’automédication orale n’est pas recommandée.

L’usage externe du latex est à éviter sur :

muqueuses ;
yeux ;
peau inflammatoire importante ;
plaies ouvertes ;
zones très sensibles.

Grossesse et allaitement

La Grande Chélidoine n’est pas adaptée à une utilisation médicinale interne pendant :

la grossesse et l’allaitement.

L’évaluation de l’EMA signale également des préoccupations expérimentales concernant certains alcaloïdes, notamment des indications de :

génotoxicité faible ;
fœtotoxicité

pour certains constituants isolés.

L’usage médicinal interne est donc à éviter durant ces périodes.

Enfants

L’usage interne de la Grande Chélidoine n’est pas adapté à l’automédication chez l’enfant.

Pour les verrues, l’application du latex frais est également moins appropriée sur la peau sensible de jeunes enfants en raison de son caractère :

irritant.

Une verrue chez l’enfant peut généralement être prise en charge par des méthodes mieux standardisées.

Interactions

Médicaments pouvant affecter le foie

C’est l’association qui mérite le plus d’attention.

L’utilisation interne de Chélidoine avec des médicaments possédant eux-mêmes un potentiel :

hépatotoxique

pourrait théoriquement augmenter le risque de problème hépatique.

Cela concerne particulièrement une utilisation régulière d’extraits concentrés.

Médicaments métabolisés par le foie

Les interactions pharmacocinétiques précises ne sont pas suffisamment établies pour dresser une liste fiable de médicaments concernés.

Le principal message pratique reste :

éviter l’automédication interne, particulièrement chez une personne sous traitement médicamenteux régulier.
Interactions ou associations avec d’autres plantes
Usage interne

La Chélidoine ne devrait pas être associée librement à d’autres plantes potentiellement agressives pour le foie.

Une attention particulière est raisonnable avec les plantes ou extraits présentant eux-mêmes un risque hépatique documenté.

Usage externe sur les verrues

Il n’est généralement pas nécessaire de multiplier les substances irritantes sur la même zone.

Associer plusieurs préparations caustiques peut simplement augmenter :

irritation ;
inflammation ;
brûlure cutanée.

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