Photographie de Herbe aux goutteux
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Herbe aux goutteux

Aegopodium podagraria

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Aussi appelée : Égopode podagraire Podagraire Petite angélique

Description botanique

Aegopodium podagraria est une plante herbacée vivace, très vigoureuse, se propageant par de longs rhizomes souterrains.

Elle forme souvent de grandes colonies denses.

Taille

Elle mesure généralement :

30 à 90 cm de hauteur, parfois jusqu’à environ 100 cm.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
creuses ;
glabres ;
sillonnées ;
peu ramifiées ou ramifiées vers le sommet.
Feuilles

Les feuilles inférieures sont :

longuement pétiolées ;
divisées en trois grands ensembles ;
elles-mêmes subdivisées ;
à folioles ovales ;
fortement dentées.

La forme générale rappelle quelque peu :

l’empreinte d’un pied de chèvre, ce qui explique le nom Aegopodium, dérivé du grec pour « pied de chèvre ».

Fleurs

Les fleurs sont :

petites ;
blanches ;
regroupées en ombelles ;
typiques des Apiaceae.

Les ombelles peuvent porter environ :

15 à 25 rayons.

Fruits

Les fruits sont petits :

ovoïdes à oblongs ;
glabres ;
d’environ 3 mm de longueur.

Répartition

L’aire naturelle de Aegopodium podagraria couvre une grande partie de :

l’Eurasie tempérée.

L’espèce est indigène notamment en :

France ;
Suisse ;
Allemagne ;
Belgique ;
Pays-Bas ;
Autriche ;
Italie ;
Balkans ;
Pologne ;
Scandinavie ;
Ukraine ;
Russie ;
Turquie ;
Caucase ;
Kazakhstan ;
Corée.

Elle a également été introduite dans :

Grande-Bretagne ;
Irlande ;
Amérique du Nord ;
Nouvelle-Zélande ;
Japon ;
certaines autres régions tempérées.
Suisse

L’espèce est naturellement bien représentée en Suisse

Habitat

L’Herbe aux goutteux affectionne principalement :

lieux frais ;
sols riches en azote ;
milieux ombragés à semi-ombragés ;
jardins ;
lisières forestières ;
haies ;
talus ;
bords de chemins ;
friches ;
sous-bois ;
terrains incultes.

les jardins, lisières, forêts, lieux incultes et ombragés.

Grâce à ses rhizomes, elle peut devenir extrêmement envahissante.

Principes actifs

Actifs

Huiles essentielles, Flavonoïdes, Coumarines, Acide gallique et acide caféique, Polyacétylènes

Ces composés contribuent à ses propriétés anti-inflammatoires, antispasmodiques et diurétiques.

Usages traditionnels

Aegopodium podagraria est une ancienne plante médicinale européenne particulièrement réputée pour :

la goutte.

Son nom français Herbe aux goutteux, son nom anglais goutweed et son épithète botanique podagraria rappellent tous cet emploi historique.

Goutte

Au Moyen Âge, la plante était utilisée comme remède populaire contre :

goutte ;
douleurs articulaires ;
inflammations articulaires.

Elle était parfois cultivée spécifiquement dans les jardins des monastères et établissements religieux.

Rhumatismes

Autre indication traditionnelle majeure :

les rhumatismes.

Les feuilles et préparations de la plante étaient utilisées en interne ou extérieurement pour soulager :

articulations douloureuses ;
raideurs ;
douleurs rhumatismales.
Sciatique

L’utilisation contre :

les douleurs sciatiques

est également rapportée dans les traditions européennes.

Diurétique

La plante possède une réputation traditionnelle :

diurétique et dépurative.

Elle était utilisée pour favoriser :

élimination urinaire ;
drainage ;
élimination des déchets métaboliques.

Cet usage explique également son association traditionnelle avec la goutte.

Plaies

Les parties fraîches ont été utilisées extérieurement pour :

petites plaies ;
inflammations cutanées ;
gonflements.

La littérature ethnobotanique lui attribue également un usage destiné à :

favoriser la cicatrisation.

Sédative traditionnelle

Une légère activité sédative est également décrite parmi ses propriétés traditionnelles et expérimentales.

Usages culinaires

Aegopodium podagraria est une :

véritable plante sauvage comestible.

Elle était déjà consommée comme légume au Moyen Âge.

Jeunes feuilles

Les jeunes feuilles tendres du printemps peuvent être consommées :

crues ;
en salade ;
cuites ;
en soupe ;
en potage ;
comme légume vert ;
dans des omelettes ;
en pesto ;
mélangées à des épinards ou autres légumes sauvages.

Le goût rappelle selon les personnes un mélange de :

persil ;
céleri ;
carotte ;
angélique.
Tiges

Les jeunes tiges tendres peuvent également être consommées après cuisson.

Racines

Certaines traditions culinaires historiques mentionnent aussi les racines et tiges dans différentes préparations alimentaires.

Conseil pratique

Les jeunes feuilles avant floraison sont généralement les meilleures.

Les feuilles âgées deviennent :

plus coriaces ;
plus fortes en goût ;
moins intéressantes culinairement.

Posologie

Les posologies de l’Herbe aux goutteux ne sont pas aujourd’hui normalisées comme celles d’une drogue officinale classique.

On peut cependant utiliser des fourchettes traditionnelles raisonnables.

Infusion de feuilles séchées

2 à 4 g de feuilles sèches par tasse de 250 ml

Infuser :

10 à 15 minutes.

Prendre :

2 à 3 tasses par jour.

Soit environ :

4 à 10 g de plante sèche par jour.

Décoction

Pour les parties aériennes plus fibreuses :

5 à 10 g de plante sèche par jour

dans environ 500 à 750 ml d’eau.

Faire frémir 10 minutes puis filtrer.

Plante fraîche

En alimentation ou préparation traditionnelle :

20 à 50 g de jeunes feuilles fraîches par jour

peuvent représenter une quantité alimentaire raisonnable.

Jus frais

Repère pratique :

10 à 20 ml de jus frais, une à deux fois par jour.

Cette forme n’est cependant pas standardisée.

Teinture mère

Pour une teinture de type :

1:5 à 40–45 % vol.

on peut retenir comme ordre de grandeur :

2 à 4 ml, 2 à 3 fois par jour.

Usage externe

Décoction concentrée :

20 à 30 g/L

pour :

compresses ;
lavages ;
bains locaux.
Cataplasme

Les feuilles fraîches peuvent être écrasées puis appliquées directement sur une zone douloureuse ou gonflée pendant environ :

20 à 30 minutes.

Précautions

et Précautions

Chez certaines personnes, la manipulation de la plante peut provoquer des réactions allergiques cutanées, notamment des dermatites.

Risque de confusion avec des ombellifères toxiques (comme la ciguë) lors de la cueillette → toujours bien identifier.

En excès : peut provoquer des troubles digestifs (effet légèrement laxatif).
Déconseillée en cas d’allergie connue aux Apiaceae.

Effet invasif

En raison de ses rhizomes vigoureux, la plantation dans les jardins doit être contrôlée pour éviter sa propagation incontrôlée.

Aegopodium podagraria, ou herbe aux goutteux, est une plante sauvage d’Europe, autrefois très utilisée comme remède contre la goutte, les rhumatismes et les excès d’acide urique.

Comestible et riche en nutriments, elle servait aussi de plante potagère rustique. Aujourd’hui, elle revient dans les pratiques de cueillette sauvage et de phytothérapie douce.

Elle doit être utilisée avec discernement, notamment en raison de ses effets diurétiques et de son potentiel envahissant.

Contre-indications

Aegopodium podagraria est généralement considérée comme une plante alimentaire et médicinale de faible toxicité aux doses usuelles. Une revue récente souligne sa longue histoire de consommation alimentaire et médicinale.

Principal danger : identification

Comme toutes les Apiaceae, elle doit être correctement identifiée avant consommation.

La famille comprend des espèces hautement toxiques, notamment :

grande ciguë — Conium maculatum ;
petite ciguë — Aethusa cynapium ;
ciguë aquatique — Cicuta virosa.

Il ne faut donc jamais récolter une Apiaceae sauvage en se fiant uniquement aux fleurs blanches.

Allergies

Prudence chez les personnes allergiques aux Apiaceae :

céleri ;
carotte ;
persil ;
fenouil ;
coriandre.
Effet diurétique

Une consommation médicinale importante peut augmenter :

la diurèse.

Attention donc en cas :

déshydratation ;
insuffisance rénale sévère ;
traitement diurétique puissant.

Grossesse et allaitement

La consommation alimentaire habituelle des jeunes feuilles ne pose pas le même problème qu’une préparation médicinale concentrée.

Faute de données spécifiques, les extraits concentrés à forte dose sont à utiliser avec prudence pendant la grossesse et l’allaitement.

Interactions

Diurétiques

Une interaction additive est théoriquement possible avec :

furosémide ;
hydrochlorothiazide ;
spironolactone ;
autres diurétiques.
Médicaments antihypertenseurs

Une forte utilisation diurétique pourrait théoriquement renforcer légèrement l’effet de certains :

antihypertenseurs.

Traitements de la goutte

Aucune interaction dangereuse bien établie n’est connue avec :

allopurinol ;
colchicine ;
fébuxostat.

Cependant, la plante ne doit pas remplacer ces traitements lorsque ceux-ci sont nécessaires.

Autres plantes diurétiques

Effet potentiellement additionnel avec :

pissenlit ;
orthosiphon ;
piloselle ;
bouleau ;
prêle ;
verge d’or.

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