Photographie de Herbe ronde
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Lamiaceae

Herbe ronde

Hyptis capitata

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Aussi appelée : Herbe aux boutons

Description botanique

Hyptis capitata est une plante herbacée annuelle ou vivace de courte durée, dressée et fortement ramifiée.

Elle peut atteindre :

jusqu’à environ 2 m de hauteur.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
creuses ;
ramifiées ;
quadrangulaires, caractère fréquent chez les Lamiaceae ;
pubescentes, particulièrement au niveau des angles et des nœuds.

Feuilles

Les feuilles sont :

opposées ;
ovales à ovales-lancéolées ;
dentées ;
légèrement rugueuses ;
couvertes de petits poils ;
munies de glandes sécrétrices.

Elles peuvent mesurer environ :

5 à 15 cm de longueur sur 2 à 7 cm de largeur.

Inflorescences

L’un des caractères les plus reconnaissables est la présence de :

petites têtes florales globuleuses

portées par de longs pédoncules.

Les capitules mesurent environ :

8 à 12 mm en fleur, puis peuvent atteindre 10 à 25 mm en fructification.

C’est probablement cette apparence arrondie qui explique le nom vernaculaire Herbe ronde.

Fleurs

Les fleurs sont petites, regroupées en têtes compactes et entourées de bractées persistantes.

Fruits

Les fruits sont de petites nucules :

brunes à brun foncé ;
oblongues ;
lisses ;
longues d’environ 1 à 1,5 mm.

Répartition

Hyptis capitata est originaire :

d’Amérique tropicale.

Son aire naturelle comprend notamment :

Mexique ;
Guatemala ;
Honduras ;
Nicaragua ;
Costa Rica ;
Panama ;
Cuba ;
Jamaïque ;
Haïti ;
République dominicaine ;
Colombie ;
Venezuela ;
Équateur ;
Pérou ;
Bolivie ;
nord du Brésil ;
Trinidad-et-Tobago ;
Floride.

L’espèce s’est ensuite largement naturalisée dans les régions tropicales d’Asie et du Pacifique.

Elle est introduite notamment en :

Bangladesh ;
Assam ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Vietnam ;
Malaisie ;
Bornéo ;
Java ;
Sumatra ;
Sulawesi ;
Nouvelle-Guinée ;
Queensland ;
Samoa ;
Philippines.

Habitat

L’Herbe ronde apprécie principalement les régions :

tropicales humides.

On la rencontre fréquemment dans :

bords de routes ;
terrains vagues ;
friches ;
pâturages ;
clairières ;
lisières forestières ;
berges de rivières ;
bords de rizières ;
cultures ;
terrains perturbés.

Elle peut pousser depuis le niveau de la mer jusqu’à environ :

1 300 m dans certaines régions, tandis qu’en Colombie elle est signalée jusqu’à environ 2 000 m.

Principes actifs

Huiles essentielles (notamment l'eucalyptol et le carvacrol)
Flavonoïdes, Tanins, Alcaloïdes, Acides phénoliques

Autres composants :

Terpènes, Saponines

Usages traditionnels

Hyptis capitata possède une ethnomédecine particulièrement riche en :

Philippines ;
Indonésie ;
certaines régions d’Amérique tropicale.
Plaies et blessures
Usage traditionnel majeur.

Chez les Anak Dalam de Jambi, en Indonésie, les feuilles sont :

écrasées ;
pressées ;
appliquées sur les plaies externes.

Le jus des feuilles est également consommé traditionnellement pour ce que cette communauté décrit comme des blessures internes.

Coupures

Chez les Manobo d’Agusan del Sur aux Philippines, les feuilles écrasées sont appliquées en cataplasme contre :

coupures ;
blessures.
Douleurs abdominales

Les feuilles sont traditionnellement utilisées contre :

douleurs d’estomac ;
douleurs abdominales ;
gaz ;
flatulences.
Diarrhée

Chez les Manobo, une décoction de feuilles ou le jus frais est utilisé traditionnellement contre :

la diarrhée.

Fièvre

Usage traditionnel fréquent :

fièvre et états fébriles.

Il est documenté chez les Manobo et également dans les traditions de Samar.

Rhume et toux

Les feuilles interviennent traditionnellement contre :

rhume ;
toux ;
refroidissements.
Paludisme

Chez les Manobo, la plante est également utilisée traditionnellement lors de :

paludisme.

Cet usage est ethnomédicinal et ne signifie pas que H. capitata remplace les médicaments antipaludiques.

Règles retardées

Les racines sont utilisées traditionnellement en décoction pour :

les menstruations retardées.

Douleurs dentaires

Les feuilles écrasées sont appliquées localement contre :

les maux de dents.

Douleurs dorsales

À Samar, les feuilles fraîches sont utilisées traditionnellement contre :

les douleurs du dos.

Troubles urinaires

Dans certaines traditions de Samar, les racines sont utilisées contre :

infections urinaires ;
troubles rénaux.
Pied d’athlète

Les feuilles fraîches sont également utilisées localement contre :

le pied d’athlète.

Usages culinaires

Cette plante n'est pas utilisée en cuisine en raison de son goût amer et de la présence de composés actifs.

Posologie

Pour cette plante, nous disposons exceptionnellement de données ethnobotaniques précises provenant des Manobo des Philippines.

Décoction de feuilles — adultes

Pour :

rhume ;
toux ;
fièvre ;
diarrhée ;
douleurs abdominales ;
gaz et flatulences,

l’enquête ethnomédicinale rapporte :

3 à 5 verres de décoction, une à deux fois par jour ou selon les besoins.

La taille du verre n’étant pas normalisée, cette donnée doit rester présentée comme une posologie traditionnelle, et non pharmaceutique.

Jus frais de feuilles — adultes

La même enquête rapporte :

½ tasse de jus de feuilles, une à deux fois par jour ou selon les besoins.

Cette quantité est relativement importante ; pour une utilisation moderne prudente, on peut préférer commencer plus bas.

Repère pratique en jus frais

10 à 20 ml de jus frais par prise, 1 à 2 fois par jour, constitue une approche plus modérée en l’absence de standardisation.

Enfants

L’enquête Manobo rapporte également des doses pédiatriques traditionnelles, mais compte tenu de l’absence de données modernes de sécurité et de standardisation, il est préférable de ne pas transposer automatiquement ces doses aux enfants.

Racines — menstruations retardées

Les Manobo utilisent une :

décoction de racine, 3 à 5 verres par jour, une à trois fois quotidiennement selon les besoins.

Pour un repère phytothérapeutique plus mesuré :

3 à 6 g de racine sèche par jour en décoction peuvent servir de fourchette prudente.

Feuilles sèches

Repère pratique :

5 à 10 g de feuilles sèches par jour

dans 500 à 750 ml d’eau.

Faire frémir environ :

10 minutes.

Usage externe

Chez les Manobo :

3 à 5 feuilles fraîches écrasées

sont appliquées sur :

plaies ;
coupures ;
douleur dentaire.
Décoction externe

On peut préparer :

15 à 30 g de feuilles/L d’eau

pour :

lavage ;
compresse ;
bain local.

Précautions

et précautions d’usage

À doses modérées, la plante est généralement sûre. Cependant, une consommation excessive peut entraîner des irritations gastriques en raison des tanins.

Les huiles essentielles présentes dans la plante peuvent provoquer des irritations chez les personnes sensibles.

Prudence si elle est utilisée en parallèle avec des médicaments anticoagulants ou anti-inflammatoires.

Contre-indications

Hyptis capitata possède une longue tradition d’utilisation, mais les études toxicologiques humaines restent limitées.

Grossesse

Une précaution particulière concerne l’utilisation traditionnelle de la racine pour :

les menstruations retardées.

Par prudence, les :

racines ;
extraits concentrés ;
fortes doses médicinales

sont donc à éviter pendant la grossesse.

Allergies

Comme pour les autres Lamiaceae, une réaction allergique est possible chez les personnes sensibles.

Usage sur les plaies

Les feuilles fraîches traditionnellement appliquées sur une plaie doivent être :

correctement identifiées ;
soigneusement lavées ;
provenant d’un environnement non traité.

Une plaie profonde, infectée ou fortement hémorragique nécessite une prise en charge appropriée.

Troubles rénaux

La plante ne doit pas remplacer le diagnostic médical d’une :

infection urinaire ;
infection rénale ;
maladie rénale chronique.
Paludisme

L’usage traditionnel contre le paludisme ne doit pas retarder :

un diagnostic et un traitement antipaludique

Interactions

Anticoagulants et antiagrégants

Compte tenu de son usage sur les plaies et de sa richesse en divers métabolites secondaires, une prudence générale est raisonnable avec :

warfarine ;
apixaban ;
rivaroxaban ;
aspirine ;
clopidogrel.

Il n’existe toutefois pas actuellement de preuve clinique solide d’une interaction particulière.

Médicaments hépatiques

Les terpènes et autres constituants peuvent théoriquement influencer le métabolisme hépatique de certains médicaments, mais cela n’est pas suffisamment caractérisé pour établir une liste d’interactions spécifiques.

Plantes emménagogues

Éviter les fortes associations de racine avec d’autres plantes traditionnellement emménagogues :

rue ;
armoise ;
tanaisie ;
angélique ;
persil concentré,

particulièrement pendant la grossesse.

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