Photographie de Herbe sanglante
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Poaceae

Herbe sanglante

Imperata cylindrica

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Aussi appelée : Herbe sanglante, Herbe à paillote, Herbe de cogon

Description botanique

Imperata cylindrica est une graminée vivace rhizomateuse, extrêmement vigoureuse, capable de former de vastes peuplements.

Rhizomes

Ils sont :

blancs à jaunâtres ;
longs ;
écailleux ;
très ramifiés ;
profondément implantés dans le sol.

Ils permettent à la plante de repousser rapidement après :

coupe ;
feu ;
sécheresse ;
travail du sol.

Le rhizome est la principale partie médicinale.

Feuilles

Les feuilles sont :

basales ;
étroites ;
linéaires ;
rigides ;
souvent coupantes sur les bords.

Elles mesurent approximativement 3 à 100 cm de longueur pour 2 à 20 mm de largeur.

Inflorescence

L’inflorescence est très caractéristique :

cylindrique ;
blanche argentée ;
soyeuse ;
plumeuse.

Elle contient de nombreux poils blancs entourant les épillets.

Port

La plante forme souvent des touffes de :

30 cm à plus de 1 m de hauteur, parfois davantage lorsque les conditions sont favorables.

Répartition

L’espèce est aujourd’hui présente dans une immense partie des régions :

tropicales ;
subtropicales ;
tempérées chaudes.

Habitat

L’Herbe sanglante pousse volontiers dans :

terrains vagues ;
pâturages ;
friches ;
champs abandonnés ;
bords de routes ;
savanes ;
clairières ;
zones déboisées ;
terrains brûlés ;
sols pauvres et perturbés.

Son extraordinaire réseau de rhizomes lui permet de coloniser rapidement les espaces ouverts.

Elle supporte :

sécheresse saisonnière ;
incendies ;
sols relativement pauvres.

Cette capacité explique pourquoi elle figure parmi les graminées adventices les plus envahissantes du monde.

Principes actifs

les extraits au solvant de la plante entière ont produit des composants bioactifs tels que les tanins, les saponines, les flavonoïdes, les alcaloïdes, les quinines, les glycosides, les terpénoïdes, les phénols, la coumarine et les stéroïdes.

Utilisations Culinaire:

Les jeunes inflorescences et pousses sont comestibles après cuisson.

Les racines fibreuses sont agréables à mâcher ; contient de l'amidon et du sucre.

La Cendre de plante est utilisée comme succédané du sel.

Médecine Rurale:

Une décoction de racines fraîches utilisées contre la dysenterie.

Une décoction de feuilles et de racines est bue contre la toux et le rhume, la fièvre, l'hypertension, les calculs rénaux et les étourdissements.

Un extrait de feuilles pilées appliqué sur les plaies.

Une Décoction d'épis fructifères est utilisés comme vulnéraire; utilisé comme sédatif lorsqu'il est pris en interne.

Une décoction est utilisée comme purificateur sanguin et comme diurétique.

Elle à également été utilisée pour le diabète, la cicatrisation des plaies, l'arthrite.

La racine est utilisée dans le traitement des saignements de nez, hématurie, œdème.

Une décoction de racine est utilisé comme vermifuge.

Utilisée pour la teigne et autres infections cutanées.

Les Racines broyées et pressées ou mâchées directement pour les infections intestinales, pour les espèces de ténias et d'ascaris.

En médecine chinoise , utilisé comme diurétique et anti-inflammatoire.

Au Vietnam, les racines fraîches sont utilisées comme diurétique ; les feuilles sont utilisées pour les calculs rénaux.

En médecine Thaïe, la racine est employée dans le traitement des urines avec du sang, du phlegme ou des vomissements sanglants, aussi employé dans le traitement des fièvres, infection du tract urinaire, des troubles et calculs rénaux, cystite et leucorrhée.

En Ouganda , les feuilles fraîches sont mâchées ou bues en décoction trois fois par jour pour traiter les vers intestinaux.

En médecine traditionnelle chinoise, les rhizomes sont utilisés pour les dysfonctionnements urinaires douloureux, les saignements de nez induits par la chaleur.

La plante est un ingrédient du formulaire ayurvédique. Utilisé dans les pratiques traditionnelles pour le traitement des infections bactériennes, les helminthes.

Utilisé comme astringent dans des conditions telles que l'arthrite, la diarrhée, les cancers, la gonorrhée et la diurèse.

En Indonésie, les racines broyées sont appliquées sur les plaies.

Une décoction de racines bue pour soigner les maux et les douleurs.

La fleur pilée est appliquée sur la gale.

A Java, la décoction de racine se boit pour traiter l'hypertension.

Une décoction de racines avec des racines d'Areca catechu, de la canne à sucre noire, et de la racine de papaye bue pour traiter les calculs urinaires.

La racines est utilisée pour l'hématurie, l'hématémèse, l'œdème et de la jaunisse.

En Papouasie, une décoction de racine bue contre la fièvre.

Usages traditionnels

Le rhizome de Imperata cylindrica possède une très longue histoire dans les médecines :

chinoise ;
japonaise ;
coréenne ;
sud-est asiatique ;
philippine.

Il apparaît déjà dans des textes médicaux chinois anciens.

Saignements
Usage traditionnel majeur.

En médecine chinoise, Bai Mao Gen est surtout employé pour :

saignements de nez ;
sang dans les urines ;
vomissements de sang ;
autres saignements attribués traditionnellement à une « chaleur du sang ».

Son action traditionnelle est considérée comme :

hémostatique et rafraîchissante.

Troubles urinaires

Autre indication fondamentale :

difficulté à uriner ;
faible émission d’urine ;
brûlures urinaires traditionnelles ;
œdèmes ;
troubles rénaux.

Son action diurétique fait partie de ses usages les plus constants.

Philippines — troubles rénaux

La Philippine Traditional Knowledge Digital Library rapporte notamment l’utilisation de :

racines bouillies en décoction pour les troubles rénaux, avec un usage traditionnel de 1 verre, 3 fois par jour chez l’adulte.

À Kalinga, une poignée de feuilles bouillies dans 5 tasses d’eau jusqu’à obtenir 3 tasses est également utilisée traditionnellement contre les troubles rénaux, à raison d’une tasse trois fois par jour.

Calculs rénaux

Chez certaines communautés Ayta des Philippines, décoctions de feuilles et racines ont été documentées contre :

calculs rénaux ;
hypertension ;
toux ;
rhume ;
fièvre ;
vertiges.
Fièvre et soif

En médecine chinoise traditionnelle, le rhizome est utilisé pour :

fièvre ;
soif excessive ;
sensation de chaleur.
Jaunisse

Usage traditionnel également documenté contre :

la jaunisse, notamment lorsqu’elle est traditionnellement attribuée à une accumulation de chaleur et d’humidité.

Nausées et vomissements

Le rhizome a également été utilisé traditionnellement contre :

nausées ;
vomissements ;
indigestion.
Diarrhée et dysenterie

En Asie du Sud-Est, le rhizome possède aussi des usages contre :

diarrhée ;
dysenterie.
Plaies

Aux Philippines, certaines communautés Ayta utilisent également :

les feuilles pilées appliquées directement sur les plaies.

Usages culinaires

Imperata cylindrica n’est pas une grande plante potagère classique, mais certaines parties ont eu des usages alimentaires locaux.

Rhizomes

Les jeunes rhizomes possèdent une certaine :

saveur légèrement sucrée, liée notamment à leur teneur en glucides et sucres.

Ils ont parfois été :

mâchés ;
utilisés dans des boissons ;
employés dans des préparations traditionnelles.
Alimentation fonctionnelle

Les analyses nutritionnelles rapportent notamment :

glucides ;
sucres ;
fibres ;
acides gras ;
calcium ;
sodium ;
magnésium ;
fer ;
potassium.

L’usage médicinal du rhizome reste toutefois beaucoup plus important que son emploi culinaire.

Fourrage

Les parties aériennes jeunes peuvent être consommées par certains animaux, mais l’herbe devient :

dure ;
fibreuse ;
peu appétente

avec la maturité

Posologie

Pour cette plante, les posologies sont nettement mieux établies que pour beaucoup d’autres herbes tropicales.

Rhizome sec — pharmacopée chinoise
9 à 30 g par jour.

La revue pharmacologique de 2026 indique que la Pharmacopée chinoise 2025 recommande :

9–30 g de rhizome sec par jour.

La même fourchette était déjà rapportée dans l’édition 2015.

Décoction

Préparation pratique :

9 à 30 g de rhizome sec ;
600 à 1 000 ml d’eau ;
faire frémir environ 15 à 25 minutes ;
répartir en 2 à 3 prises dans la journée.

Pour un usage modéré :

9 à 15 g/jour constituent une fourchette basse pratique.

Rhizome frais

Dans les traditions chinoises, le rhizome frais peut être utilisé en quantité supérieure au rhizome sec.

Des références traditionnelles utilisent jusqu’à :

30 à 60 g ou davantage de rhizome frais, particulièrement dans certaines situations aiguës.

Ces fortes quantités ne correspondent pas à un usage quotidien ordinaire.

Philippines — racines

À South Cotabato :

faire bouillir au moins 4 morceaux de racine ;
boire 1 verre de décoction, 3 fois par jour

dans l’usage traditionnel contre les troubles rénaux.

Usage Manobo

Chez les Manobo d’Agusan del Sur, décoctions de pousses ou de racines sont documentées à raison de :

3 à 5 verres, une à trois fois par jour selon l’indication et la pratique locale.

Ce sont des doses ethnographiques ; le volume et la concentration du « verre » ne sont pas standardisés.

Poudre de rhizome

Pour une utilisation pratique :

2 à 5 g de poudre par jour, répartis en 2 prises.

La décoction reste néanmoins la forme traditionnelle la mieux documentée.

Teinture 1:5

Pour une préparation moderne à 1:5 dans 40–45 % d’alcool :

2 à 4 ml, 2 à 3 fois par jour peut servir de repère pratique.

Cette préparation n’est pas la forme traditionnelle chinoise principale.

Contre-indications

Le rhizome possède globalement une bonne marge de sécurité aux doses traditionnelles.

La Pharmacopée chinoise 2025 le classe comme non toxique et recommande 9–30 g/jour. Des études animales n’ont montré aucune mortalité aiguë avec des extraits aqueux ou méthanoliques allant jusqu’à 5 000 mg/kg.

Usage prolongé d’extraits concentrés

Dans une étude subchronique animale, l’extrait aqueux a été relativement bien toléré, tandis qu’une forte dose prolongée d’extrait méthanolique a produit de légères altérations hépatiques.

Cela suggère davantage de prudence avec :

les extraits alcooliques très concentrés utilisés longtemps.

Déshydratation

En raison de son action diurétique, éviter les fortes doses en cas de :

déshydratation ;
diarrhée importante ;
vomissements importants.
Hypotension

Prudence chez les personnes ayant une :

pression artérielle basse, surtout en association avec des diurétiques ou antihypertenseurs.

Grossesse et allaitement

L’usage alimentaire occasionnel est différent d’une dose médicinale.

Les données modernes sont insuffisantes pour garantir l’innocuité des fortes doses pendant :

grossesse ;
allaitement.

Privilégier donc la prudence avec les préparations concentrées.

Allergie au pollen

Le pollen d’Imperata cylindrica est un allergène respiratoire documenté chez certaines personnes sensibles aux pollens de graminées.

Interactions

Diurétiques

Interaction théorique principale avec :

furosémide ;
hydrochlorothiazide ;
indapamide ;
autres diurétiques.

L’association peut renforcer :

diurèse ;
perte hydrique ;
baisse de tension.
Antihypertenseurs

Prudence avec les médicaments abaissant déjà la tension en raison d’un possible effet additif.

Anticoagulants et antiagrégants

La plante possède une activité hémostatique traditionnelle et expérimentale.

Une prudence raisonnable est donc recommandée avec :

warfarine ;
apixaban ;
rivaroxaban ;
héparine ;
clopidogrel ;
aspirine à dose antiagrégante.

Il n’existe toutefois pas de forte preuve clinique d’une interaction médicamenteuse spécifique.

Plantes diurétiques

Prudence avec les associations concentrées de :

prêle ;
orthosiphon ;
bouleau ;
verge d’or ;
pissenlit ;
piloselle.
Plantes hémostatiques

Une association avec des plantes fortement hémostatiques pourrait théoriquement augmenter cet effet, même si la pertinence clinique n’est pas établie.

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