Photographie de Jujubier africain, Bird Plum
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Rhamnaceae

Jujubier africain, Bird Plum

Berchemia discolor

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Aussi appelée : Berchémie décolorée Prune des oiseaux Prunier des oiseaux

Description botanique

Berchemia discolor est un arbuste ou un arbre sempervirent à semi-caduc, selon le climat et la durée de la saison sèche.

Type :

arbuste ;
petit ou moyen arbre ;
espèce fruitière sauvage et agroforestière.

Hauteur :

généralement 4 à 15 mètres ;
parfois jusqu’à environ 20 mètres dans des conditions favorables.

Port :

arrondi ;
étalé ;
dense ;
souvent très ramifié dès la base.

Tronc :

droit ou légèrement tortueux ;
écorce grisâtre à brun foncé ;
devenant fissurée ou écailleuse avec l’âge.

Jeunes rameaux :

souples ;
souvent brun rougeâtre ;
parfois légèrement pubescents.

Feuilles :

simples ;
alternes ;
ovales à elliptiques ;
de 3 à 10 cm environ ;
à bord entier ;
vert foncé et brillant sur la face supérieure ;
plus pâles ou grisâtres sur la face inférieure.

Le terme latin discolor fait référence à la différence de coloration entre les deux faces de la feuille.

Fleurs :

petites ;
verdâtres à jaunâtres ;
peu voyantes ;
regroupées en petits bouquets à l’aisselle des feuilles ;
nectarifères.

Floraison :

La période varie selon la région et la pluviométrie. Dans certaines zones d’Afrique orientale, la floraison et la fructification peuvent s’étendre sur plusieurs mois.

Fruits :

drupes ovoïdes ;
d’abord vertes ;
devenant jaunes, orange, rouge brunâtre ou presque noires à maturité ;
pulpe farineuse, sucrée et légèrement acidulée ;
saveur parfois comparée à celle de la datte ou de la prune séchée.

Graines :

une ou deux par fruit ;
enveloppées d’un noyau dur ;
parfois décrites comme ayant une saveur rappelant la noix.

Répartition

Le Jujubier africain est naturellement présent dans une vaste partie de l’Afrique tropicale et australe ainsi que dans certaines régions de la péninsule Arabique.

On le rencontre notamment dans :

l’Éthiopie ;
le Kenya ;
la Tanzanie ;
l’Ouganda ;
le Soudan ;
le Soudan du Sud ;
la Somalie ;
le Mozambique ;
le Malawi ;
la Zambie ;
le Zimbabwe ;
le Botswana ;
la Namibie ;
l’Angola ;
l’Afrique du Sud ;
certaines régions de la péninsule Arabique.

En Namibie, il est particulièrement connu sous le nom d’Eembe et constitue l’un des fruits sauvages les plus appréciés dans le nord du pays.

Habitat

Berchemia discolor pousse principalement dans :

les savanes arborées ;
les forêts claires ;
les broussailles sèches ;
les vallées ;
les bords des cours d’eau ;
les plaines inondables saisonnières ;
les termitières ;
les pâturages boisés ;
les zones semi-arides.

La plante apprécie :

les sols sableux à argileux ;
les sols alluviaux ;
les terrains bien drainés ;
les climats tropicaux à subtropicaux ;
les zones recevant des précipitations saisonnières.

Elle supporte :

la chaleur ;
des périodes de sécheresse ;
le broutage modéré ;
des sols relativement pauvres.

L’espèce présente un intérêt important en agroforesterie sèche, car elle fournit à la fois des fruits, du fourrage, du bois, de l’ombre et divers produits locaux. Des travaux réalisés en Éthiopie soulignent son rôle potentiel dans la sécurité alimentaire des régions semi-arides

Principes actifs

Principes actifs
Tanins
Flavonoïdes
Composés phénoliques
Sucres naturels (fruit)
Minéraux
→ Profil dominant : astringent + antioxydant + tonique digestif

Propriétés

Actions thérapeutiques (traditionnelles)
Astringente
Antidiarrhéique
Antimicrobienne légère
Antioxydante
Anthelminthique (usage local)
Tonique général

Usages traditionnels

Les fruits, les feuilles, l’écorce et les racines sont employés dans différentes pharmacopées africaines. Les indications varient fortement selon les peuples et les régions.

La plante est traditionnellement utilisée pour accompagner :

la diarrhée ;
la dysenterie ;
les douleurs abdominales ;
les troubles digestifs ;
les nausées ;
les états fébriles ;
le paludisme, dans certaines traditions ;
la toux ;
les infections respiratoires ;
les inflammations ;
les plaies ;
les maladies de peau ;
les douleurs articulaires ;
les maux de dents ;
certaines affections urinaires ;
les états de faiblesse.
Écorce

L’écorce est souvent la partie médicinale la plus citée. Elle est traditionnellement utilisée sous forme de décoction pour :

les diarrhées ;
les douleurs abdominales ;
les fièvres ;
les troubles digestifs ;
certaines infections.

Elle sert également à préparer des colorants pour :

les paniers ;
les tissus ;
les objets artisanaux.
Racines

Les racines ont été employées dans certaines régions pour :

les douleurs ;
la fièvre ;
les affections respiratoires ;
les troubles digestifs ;
les maladies vénériennes dans certaines pratiques anciennes.

Ces usages ne sont pas cliniquement validés et peuvent présenter des risques, notamment en raison de la concentration possible en composés actifs dans les racines.

Feuilles

Les feuilles sont utilisées pour :

préparer certaines boissons ;
effectuer des lavages traditionnels ;
réaliser des cataplasmes ;
nourrir les chèvres, chameaux et autres animaux.
Fruits

Les fruits sont principalement alimentaires, mais ils sont également considérés comme :

nutritifs ;
fortifiants ;
légèrement laxatifs lorsqu’ils sont consommés en quantité ;
utiles pendant la saison sèche ou les périodes de pénurie.

Une revue ethnobotanique décrit l’espèce comme une plante polyvalente utilisée pour l’alimentation, la médecine humaine et vétérinaire, le fourrage, les colorants, le bois et l’artisanat

Usages culinaires

Le fruit du Jujubier africain est comestible et constitue une ressource alimentaire traditionnelle importante.

Fruits frais

Les fruits mûrs sont consommés :

directement sur l’arbre ;
comme collation ;
mélangés à des bouillies ;
avec du lait ;
dans certaines préparations locales.

Leur pulpe est :

sucrée ;
farineuse ;
légèrement acidulée ;
parfois comparée à une datte séchée.
Fruits séchés

Les fruits peuvent être :

séchés au soleil ;
conservés plusieurs mois ;
consommés pendant la saison sèche ;
réhydratés ;
réduits en pâte ou en poudre.

En Namibie, ils sont traditionnellement séchés et stockés ; les fruits séchés développent une saveur rappelant celle de la datte.

Boissons fermentées

Les fruits frais peuvent être fermentés pour préparer :

une bière traditionnelle ;
un vin de fruits ;
des boissons légèrement alcoolisées.
Jus et sirops

La pulpe peut être transformée en :

jus ;
nectar ;
sirop ;
confiture ;
gelée ;
pâte de fruits.
Graines

Les graines sont parfois signalées comme consommables après ouverture du noyau et cuisson ou torréfaction. Leur consommation reste cependant secondaire et doit être prudente, car les données de sécurité sont limitées.

Valeur nutritionnelle

Les fruits apportent notamment :

des glucides ;
des sucres naturels ;
des fibres ;
des protéines en quantité variable ;
de la vitamine C ;
des caroténoïdes ;
du potassium ;
du calcium ;
du magnésium ;
du phosphore ;
du fer ;
du zinc.

Une étude menée en Éthiopie a montré que la composition nutritionnelle varie selon le site et le mode d’utilisation des terres. Elle souligne néanmoins la richesse potentielle du fruit en énergie, protéines, minéraux et vitamines

Posologie

Les usages médicinaux de Berchemia discolor ne disposent pas de posologies cliniques standardisées. Les préparations suivantes correspondent à des pratiques traditionnelles et doivent être présentées avec prudence.

Décoction traditionnelle de l’écorce
2 à 5 g d’écorce sèche finement fragmentée ;
dans 250 à 500 ml d’eau ;
faire frémir pendant 10 à 15 minutes ;
filtrer soigneusement.

Usage traditionnel :

troubles digestifs ;
diarrhée légère ;
lavage externe.

En l’absence d’études toxicologiques suffisantes, éviter l’usage interne prolongé ou répété.

Infusion des feuilles
2 à 3 g de feuilles séchées ;
dans 250 ml d’eau chaude ;
infuser pendant 10 minutes ;
filtrer.

Cette préparation est parfois utilisée comme boisson traditionnelle ou tonique léger. Elle ne possède pas de posologie thérapeutique officiellement reconnue.

Lavage externe

Une décoction diluée de feuilles ou d’écorce peut être employée traditionnellement pour laver :

les petites plaies ;
les irritations cutanées ;
les lésions superficielles.

Ne pas appliquer sur :

une plaie profonde ;
une brûlure grave ;
une infection étendue ;
une muqueuse ;
les yeux.
Cataplasme

Les feuilles fraîches propres peuvent être écrasées et appliquées brièvement sur :

une contusion ;
une irritation ;
une piqûre d’insecte.

Faire un essai préalable sur une petite zone de peau.

Fruit alimentaire

Le fruit mûr peut être consommé frais ou séché. Commencer par une petite quantité chez les personnes qui ne connaissent pas ce fruit, afin d’évaluer la tolérance digestive.

Contre-indications

Le fruit mûr consommé comme aliment est généralement considéré comme bien toléré dans les régions où il fait partie de l’alimentation traditionnelle.

En revanche, l’usage médicinal de l’écorce, des racines ou d’extraits concentrés doit rester prudent.

Principales précautions
Ne pas utiliser les racines ou l’écorce à forte dose.
Éviter les cures prolongées.
Ne pas employer un extrait concentré sans encadrement professionnel.
Ne pas récolter l’écorce de manière excessive, car cela peut tuer l’arbre.
Ne pas consommer les fruits verts ou altérés en grande quantité.
Interrompre l’usage en cas de douleur abdominale, constipation, nausée ou réaction cutanée.
Tanins

L’écorce et les feuilles peuvent contenir des tanins. À fortes doses, ceux-ci peuvent provoquer :

irritation gastrique ;
nausées ;
constipation ;
diminution de l’absorption du fer ;
réduction de l’absorption de certains médicaments.
Composés cardiaques signalés

Des criblages phytochimiques ont signalé la présence possible de glycosides cardiaques dans certains extraits. Un test phytochimique positif ne prouve pas nécessairement une concentration dangereuse ni un effet cardiotonique chez l’être humain, mais il justifie d’éviter les préparations concentrées et l’automédication prolongée.

Grossesse et allaitement

Par manque de données, l’usage médicinal est déconseillé pendant :

la grossesse ;
l’allaitement.

La consommation alimentaire raisonnable du fruit mûr est différente d’un usage thérapeutique concentré.

Enfants

Chez l’enfant, limiter l’utilisation au fruit mûr comme aliment traditionnel. Ne pas administrer de décoction médicinale d’écorce ou de racine sans avis médical.

Maladies du foie, des reins ou du cœur

Les personnes atteintes d’une maladie :

cardiaque ;
hépatique ;
rénale ;

doivent éviter les préparations médicinales concentrées.

Interactions

Les interactions cliniques de Berchemia discolor n’ont pas été suffisamment étudiées. Les recommandations suivantes sont donc principalement fondées sur sa composition en tanins, polyphénols, saponines et autres substances actives.

Médicaments
Médicaments cardiologiques

Prudence avec :

digoxine ;
antiarythmiques ;
bêtabloquants ;
traitements de l’insuffisance cardiaque.

Cette précaution est renforcée par la détection phytochimique de composés de type glycosides cardiaques dans certains extraits, sans preuve clinique directe d’interaction.

Antihypertenseurs

Une activité vasculaire ou hypotensive n’est pas suffisamment établie, mais une prudence est recommandée avec :

inhibiteurs de l’enzyme de conversion ;
antagonistes calciques ;
diurétiques ;
autres plantes hypotensives.
Antidiabétiques

Les fruits et extraits pourraient influencer le métabolisme glucidique en raison de leurs polyphénols, mais aucune dose antidiabétique validée n’existe.

Prudence avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres plantes hypoglycémiantes.
Anticoagulants et antiagrégants

Prudence avec :

warfarine ;
apixaban ;
rivaroxaban ;
aspirine ;
clopidogrel.

Aucune interaction précise n’est démontrée, mais les extraits riches en polyphénols peuvent théoriquement modifier l’agrégation plaquettaire ou le métabolisme de certains médicaments.

Fer et minéraux

Les tanins peuvent réduire l’absorption :

du fer ;
du zinc ;
de certains compléments minéraux.

Espacer la prise d’au moins 2 heures.

Médicaments oraux

Les préparations très riches en tanins peuvent ralentir ou réduire l’absorption de certains médicaments. Respecter un intervalle de 2 heures entre la décoction et un traitement oral.

Plantes médicinales

Prudence avec :

Digitale, Digitalis purpurea ;
Laurier-rose, Nerium oleander ;
Muguet, Convallaria majalis ;
Strophanthus spp. ;
Réglisse, Glycyrrhiza glabra ;
Aubépine, Crataegus monogyna ;
plantes fortement tanniques ;
plantes hypoglycémiantes ;
plantes anticoagulantes.

Les plantes à glycosides cardiaques, comme la digitale ou le laurier-rose, ne doivent jamais être associées en automédication.

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