Photographie de Laitue d'eau
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Araceae

Laitue d'eau

Pistia stratiotes

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Aussi appelée : Salade d’eau Chou d’eau

Description botanique

La Laitue d’eau est une plante aquatique flottante vivace, formant des rosettes qui rappellent visuellement une petite laitue.

Elle flotte librement à la surface de l’eau sans être enracinée dans le fond.

Feuilles

Les feuilles sont :

disposées en rosette ;
épaisses et spongieuses ;
vert pâle à vert grisâtre ;
veloutées ;
couvertes de nombreux poils fins ;
parcourues de nervures longitudinales très marquées.

Elles mesurent généralement environ 3 à 10 cm, mais peuvent devenir plus grandes dans des conditions favorables. Kew décrit des feuilles pouvant dépasser 10 cm selon les populations.

Leur surface très pubescente repousse fortement l’eau.

Racines

Sous chaque rosette pendent de longues racines :

nombreuses ;
fines ;
plumeuses ;
brunâtres à noirâtres.

Elles peuvent descendre profondément dans la colonne d’eau et absorbent très efficacement :

azote ;
phosphore ;
minéraux ;
mais aussi certains polluants.
Fleurs

Les fleurs sont très petites et discrètes, cachées entre les feuilles.

Comme chez les autres Araceae, l’inflorescence comprend :

une petite spathe ;
un spadice.

La spathe mesure environ 5 à 20 mm selon les descriptions botaniques.

Multiplication

La plante se multiplie très efficacement par :

stolons, produisant de nouvelles petites rosettes autour de la plante mère.

Cette reproduction végétative explique sa capacité à recouvrir rapidement un plan d’eau.

Répartition

La répartition de Pistia stratiotes est aujourd’hui pantropicale.

Afrique tropicale ;
Amérique tropicale ;
Asie tropicale ;
Inde ;
Sri Lanka ;
Bangladesh ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Cambodge ;
Vietnam ;
Malaisie ;
Indonésie ;
Nouvelle-Guinée ;
Philippines ;
Australie tropicale.

Elle a par ailleurs été introduite dans de nombreuses régions tempérées chaudes.

Habitat

La Laitue d’eau vit dans les eaux douces calmes ou faiblement courantes.

Elle colonise :

étangs ;
mares ;
lacs ;
canaux ;
rizières ;
marécages ;
fossés inondés ;
bras calmes des rivières ;
réservoirs.

Elle apprécie particulièrement :

chaleur ;
eau riche en nutriments ;
lumière abondante ;
eau stagnante ou lente.

Dans les conditions favorables, elle peut former de véritables tapis flottants très denses.

Principes actifs

La plante produit des stéroïdes, des triterpénoïdes, du phénol, des flavonoïdes, des tanins, des alcaloïdes, des glycosides et de la saponine.
L'étude sur les feuilles a donné des alcanes, des flavonoïdes et des stérols.
Les feuilles contiennent des cristaux piquants d'oxalate de calcium.
Teneur élevée en potasse.
Contient des sels de potassium, de sodium, de magnésium et de chaux: également, fer, aluminium et acide silicique.
Les feuilles sont riches en vitamine A, la vitamine C et aussi B.

Usages traditionnels

Pistia stratiotes possède une longue tradition médicinale, notamment :

en Ayurveda ;
en Inde ;
en Chine ;
au Vietnam ;
en Thaïlande ;
en Malaisie ;
en Afrique occidentale ;
au Brésil.

Les feuilles sont la partie la plus fréquemment utilisée.

Troubles urinaires

C’est l’un de ses usages traditionnels importants.

Les feuilles ou racines sont utilisées comme :

diurétiques ;
émollientes ;
remèdes traditionnels des troubles urinaires.

Elles sont rapportées contre :

difficulté à uriner ;
troubles de la vessie ;
hématurie ;
œdèmes ;
diverses affections rénales traditionnelles.
Œdèmes

La plante possède une réputation traditionnelle de :

diurétique et décongestionnante.

Au Venezuela, des décoctions sont notamment utilisées en bains contre les œdèmes.

Affections cutanées

Les feuilles sont traditionnellement appliquées sur :

eczéma ;
ulcères ;
furoncles ;
dermatoses ;
mycoses ;
lésions cutanées.

Le jus des feuilles bouilli dans de l’huile de coco constitue une préparation traditionnelle contre certaines affections cutanées chroniques.

Teigne

En Inde, les cendres de la plante ont été utilisées traditionnellement sur la teigne du cuir chevelu.

Hémorroïdes

Les feuilles sont utilisées extérieurement contre :

hémorroïdes ;
gonflement ;
irritation locale.

Cet usage est notamment rapporté en Asie du Sud-Est.

Dysenterie

Des préparations à base de feuilles ont été employées traditionnellement contre :

dysenterie ;
diarrhées infectieuses.

Dans certaines régions, les feuilles sont associées au riz et au lait de coco dans des préparations traditionnelles contre la dysenterie.

Toux et asthme

PROSEA rapporte des préparations de feuilles associées à :

eau de rose ;
sucre

pour accompagner traditionnellement :

toux ;
asthme.
Digestion

Au Nigeria, les feuilles sont utilisées comme :

stomachique, tandis qu’à Cuba une décoction de la plante entière est traditionnellement utilisée contre la dyspepsie.

Usages culinaires

Contrairement à ce que pourrait laisser penser son nom « laitue d’eau », Pistia stratiotes n’est pas une salade à manger crue.

Elle contient des cristaux d’oxalate de calcium, responsables d’une sensation :

âcre ;
piquante ;
irritante.

Cependant, des usages alimentaires traditionnels existent.

Jeunes feuilles cuites

En Chine, les jeunes feuilles ont été consommées cuites.

PROSEA rapporte également son utilisation comme aliment de disette en Inde et au Soudan, mais précise que la plante est généralement considérée comme peu agréable au goût.

Préparation

Lorsqu’elle est utilisée comme aliment traditionnel :

seules les jeunes feuilles sont choisies ;
elles sont cuites ;
une première eau de cuisson peut être éliminée.

Le traitement thermique aide à réduire le caractère âcre lié aux oxalates.

Fourrage

Son utilisation est beaucoup plus importante comme aliment animal.

Elle est utilisée :

cuite pour les porcs ;
pour les canards ;
fraîche pour les lapins ;
comme nourriture pour certains poissons, notamment carpes et gouramis.
Conclusion alimentaire

Comestible dans certaines traditions après préparation, mais peu intéressante comme légume courant.

Posologie

Jus frais

Un repère traditionnel indien est :

10 à 20 ml de jus frais par prise/jour selon la préparation.

Pour une utilisation prudente :

10 ml, 1 à 2 fois/jour constitue une fourchette modérée.

Poudre de plante

La documentation ayurvédique secondaire rapporte :

2 à 8 g de poudre/jour.

En pratique courante, je resterais généralement autour de :

2 à 4 g/jour, éventuellement répartis en deux prises.

Infusion de feuilles

Repère pratique :

2 à 4 g de feuilles sèches pour 250 ml d’eau, 1 à 2 fois/jour.

Cette fourchette est une extrapolation phytothérapeutique raisonnable et non une dose pharmacopéiale internationale.

Décoction

5 à 10 g de plante sèche/jour dans environ 500 ml d’eau.

Faire frémir :

10 à 15 minutes, puis filtrer soigneusement.

Cette quantité est un repère pratique plutôt qu’une posologie clinique validée.

Usage externe

Pour les affections cutanées :

10 à 20 g de feuilles/L d’eau en décoction pour compresses ou lavage.

Huile médicinale traditionnelle

Le jus de feuilles peut traditionnellement être chauffé avec de l’huile de coco, puis appliqué localement sur certaines dermatoses.

Teinture 1:5

La teinture alcoolique n’est pas une préparation traditionnelle majeure de cette espèce.

Si elle est préparée :

100 g de plante sèche ;
500 ml de vodka à 40° ;
macération 3 à 4 semaines.

Repère prudent :

1 à 2 ml, 2 fois/jour.

Précautions

Toutes les parties de la plante contiennent des cristaux d'oxalate de calcium,
cuire ou séché la plante afin d'éliminer les cristaux d'oxalate de calcium.

Contre-indications

La Laitue d’eau n’est pas à considérer comme une plante hautement toxique, mais elle possède deux particularités importantes :

oxalates irritants + forte capacité d’accumulation des polluants.

Oxalate de calcium

Comme beaucoup d’Araceae, elle contient des raphides d’oxalate de calcium, c’est-à-dire de minuscules cristaux en forme d’aiguilles. Des recherches physiologiques ont confirmé la formation d’oxalate dans les cellules spécialisées de Pistia stratiotes.

Les feuilles peuvent donc provoquer lorsqu’elles sont crues :

irritation buccale ;
sensation piquante ;
irritation de la gorge ;
inconfort digestif.

Le jardin botanique de l’Université de Rostock déconseille d’ailleurs expressément sa consommation crue en raison de ces cristaux.

Diarrhée

PROSEA rapporte qu’une dose excessive peut provoquer une diarrhée aiguë, ce qui correspond à la réputation laxative traditionnelle de la plante.

Eau polluée

C’est une précaution particulièrement importante.

La Laitue d’eau est utilisée en phytoremédiation parce qu’elle absorbe efficacement :

azote ;
phosphore ;
certains métaux lourds.

Une plante récoltée dans une eau contaminée ne doit donc pas être utilisée :

comme aliment ;
en jus ;
en tisane ;
comme médicament.
Grossesse et allaitement

Les données humaines sont insuffisantes.

Je déconseille les préparations internes concentrées pendant :

grossesse ;
allaitement.
Calculs rénaux à oxalates

Compte tenu de la présence d’oxalates, les usages internes répétés sont à éviter chez les personnes ayant une forte tendance aux calculs rénaux oxaliques.

Usage oculaire

Certaines traditions rapportent l’utilisation comme lavage des yeux.

Interactions

Diurétiques

En raison de son usage traditionnel diurétique, prudence avec :

furosémide ;
hydrochlorothiazide ;
spironolactone ;
autres médicaments diurétiques.

Même prudence avec de fortes associations de :

orthosiphon ;
piloselle ;
pissenlit ;
prêle.

L’association pourrait théoriquement augmenter :

diurèse ;
pertes électrolytiques ;
baisse de pression artérielle.
Antidiabétiques

Des effets antidiabétiques expérimentaux ont été rapportés pour Pistia stratiotes.

Par prudence avec les extraits concentrés :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres plantes hypoglycémiantes.

L’interaction reste principalement théorique, faute d’études cliniques.

Laxatifs

La plante ayant une action laxative traditionnelle, éviter de fortes doses avec :

séné ;
bourdaine ;
cascara ;
aloès latex.

Cela pourrait augmenter :

diarrhée ;
crampes ;
pertes hydriques.

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