Photographie de Lanterne Chinoise
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Hernandiaceae

Lanterne Chinoise

Hernandia guianensis

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Aussi appelée : Bois banane Mirobalan

Description botanique

Hernandia guianensis est un arbre tropical sempervirent pouvant généralement atteindre 12 à 18 mètres de hauteur.

Le tronc est relativement droit, pouvant mesurer environ 40 à 60 cm de diamètre, avec parfois des contreforts ou racines basales développées.

La couronne est généralement :

relativement petite ;
arrondie ;
feuillue toute l’année.

Les feuilles sont :

simples ;
alternes ;
pétiolées ;
relativement grandes ;
généralement ovales à largement ovales ;
entières ;
à nervation bien visible.

Les fleurs sont petites, regroupées en inflorescences ramifiées.

Le caractère le plus remarquable apparaît lors de la fructification : le fruit est entouré d’un involucre ou calice accrescent fortement développé, formant une structure renflée ressemblant à une petite lanterne.

Cette particularité explique certains noms vernaculaires évoquant une lanterne ou une petite boîte.

Répartition

Hernandia guianensis est une espèce originaire du nord de l’Amérique du Sud et de Trinidad.

Elle est naturellement présente notamment en :

Guyane française ;
Guyana ;
Suriname ;
Venezuela ;
nord du Brésil ;
Trinidad-et-Tobago.

Contrairement à plusieurs autres espèces du genre Hernandia, H. guianensis n’est donc pas une espèce naturellement répandue dans toute l’Asie tropicale ou le Pacifique.

Habitat

La plante pousse principalement dans les forêts tropicales humides.

On la rencontre notamment dans :

forêts primaires humides ;
forêts secondaires ;
bordures de cours d’eau ;
proximité des lacs ;
terrains périodiquement inondés ;
zones ouvertes au sein de la forêt tropicale ;
sols humides.

Elle semble particulièrement bien adaptée aux terrains connaissant des inondations saisonnières.

Elle préfère généralement :

climat tropical humide ;
sol frais à humide ;
lumière allant du plein soleil à une ombre partielle.

Principes actifs

Le fruit contient un alcaloïde ressemblant à la berbérine.
Les graines ont donné trois sortes de lignanes.

Médecine Rurale:

Aux Philippines, l'huile est utilisée comme restaurateur de cheveux, également utilisé pour les pellicules.

La racine est mâchée pour contrer les effets de la consommation de crabes ou de poissons venimeux.

Aux Moluques , le bois de cœur à la base du tronc sert à soigner les hémorragies.

L'écorce et les feuilles sont utilisées comme purgatif et dépilatoire.

En Guyanes le jus d'écorce de tige est utilisé comme dépilatoire et pour tuer les poux des cheveux.

Le Jus des jeunes feuilles est utilisé comme dépilatoire.

Une Décoction de fruits et de fleurs est utilisée contre la coqueluche.

L'écorce, les jeunes feuilles et les graines sont utilisées comme purgatif doux.

Autres:

Aux Indes hollandaises, l'huile est utilisée pour fabriquer des bougies.

Usages traditionnels

Les usages les mieux documentés proviennent surtout de Guyane française, Guyana et Suriname.

Coqueluche

Chez les Palikur de Guyane française, les inflorescences et les fruits sont préparés en décoction comme remède traditionnel contre la coqueluche.

Traditionnellement, la décoction pouvait même être consommée dans le calice accrescent entourant le fruit.

Purgatif

Les parties suivantes sont traditionnellement décrites comme légèrement purgatives :

écorce ;
jeunes feuilles ;
graines.

L’amande de la graine était également employée comme ingrédient dans certaines émulsions purgatives.

Élimination des poux

Le jus extrait de l’écorce est traditionnellement appliqué sur les cheveux pour :

tuer les poux ;
faciliter leur élimination.

Dépilatoire

Le jus d’écorce est également utilisé comme dépilatoire traditionnel.

Le jus des jeunes feuilles possède lui aussi une action dépilatoire décrite comme plus légère.

Usages culinaires

Compte tenu de la présence de nombreux alcaloïdes et lignanes biologiquement actifs, il est préférable de ne pas considérer :

les graines ;
les fruits ;
les feuilles ;
l’écorce ;
les racines

comme aliments.

Posologie

Inflorescences et fruits — décoction

C'est l'usage interne le mieux documenté.

Chez les Palikur de Guyane française :

inflorescences et fruits ;
préparés ensemble en décoction ;
préparation administrée par voie orale ;
traditionnellement employée contre la coqueluche.

Une particularité historique est rapportée : la décoction était autrefois bue directement dans le calice accrescent qui entoure le fruit, utilisé en quelque sorte comme petit récipient.

Cependant, la source ethnobotanique de référence ne précise ni le nombre de fruits, ni le poids des inflorescences, ni le volume d'eau, ni le nombre de prises quotidiennes.

Écorce, jeunes feuilles et graines — effet purgatif

Les données ethnobotaniques du Smithsonian indiquent que :

l'écorce ;
les jeunes feuilles ;
les graines

possèdent traditionnellement un effet purgatif léger.

La graine, et plus précisément son amande, entrait également dans la préparation d'une émulsion purgative traditionnelle.

Aucune dose quantitative fiable n'est donnée. En raison de l'activité purgative et de la composition chimique particulière de cette espèce, je ne proposerais pas de dose orale empirique pour les graines.

Écorce — poux et dépilatoire

Un autre usage traditionnel intéressant concerne l'écorce :

récupérer le suc de l'écorce ;
appliquer extérieurement ;
traditionnellement comme dépilatoire ;
et pour éliminer les poux des cheveux.

Il s'agit d'un usage ethnomédicinal historique et non d'une préparation dermatologique standardisée.

Jeunes feuilles — usage externe

Le suc des jeunes feuilles est également décrit comme ayant une légère action dépilatoire lorsqu'il est appliqué localement.

Compte tenu de cette activité, je déconseillerais une application prolongée ou sur une peau lésée sans données dermatologiques supplémentaires.

Une composition chimique particulièrement active

La prudence avec les doses internes est justifiée par la pharmacochimie de l'espèce. Une étude de Planta Medica a analysé les feuilles, écorces de tige et écorces de racine et isolé plusieurs lignanes ainsi que neuf alcaloïdes, dont huit appartiennent aux groupes des aporphines et noraporphines.

Parmi les alcaloïdes identifiés figurent notamment :

laurotétanine ;
actinodaphnine ;
nandigérine ;
hernovine ;
ovigérine ;
dérivés N-méthylés.

Les teneurs en alcaloïdes totaux rapportées dans cette étude atteignaient environ 0,9 % dans l'écorce de tige, 2 % dans l'écorce de racine et 0,21 % dans les feuilles.

Présence de lignanes de type podophyllotoxine

C'est probablement le point le plus important pour une monographie phytothérapeutique.

Les chercheurs ont également identifié dans H. guianensis des lignanes apparentés à la podophyllotoxine, dont la désoxypodophyllotoxine. Dans l'écorce de racine analysée, cette dernière représentait environ 2 % de la drogue végétale.

Cela signifie que cette plante ne doit pas être traitée comme une simple tisane anodine. La concentration en constituants biologiquement actifs peut être importante, particulièrement dans certaines écorces.

Précautions

Les feuilles et les graines, lorsqu'elles sont consommées, peuvent provoquer des purges et des vertiges.

Contre-indications

Les données toxicologiques modernes spécifiques à Hernandia guianensis restent limitées.

Cependant, sa composition chimique justifie une certaine prudence.

La plante contient notamment de nombreux alcaloïdes aporphiniques et noraporphiniques, ainsi que plusieurs lignanes biologiquement actifs. Une étude pharmacognosique a isolé neuf alcaloïdes, dont huit appartenant aux groupes des aporphines et noraporphines.

Prudence particulière

Éviter l’usage médicinal interne chez :

femmes enceintes ;
femmes allaitantes ;
enfants ;
personnes souffrant de maladie hépatique ;
personnes souffrant de maladie rénale ;
personnes fragiles ;
personnes prenant plusieurs médicaments.
Graines

Les graines possèdent un effet purgatif traditionnel.

Un usage excessif pourrait donc théoriquement favoriser :

diarrhée ;
crampes abdominales ;
déshydratation ;
déséquilibres électrolytiques.
Jus d’écorce

Comme il possède un effet dépilatoire et insecticide traditionnel, éviter :

yeux ;
muqueuses ;
peau lésée ;
grandes surfaces corporelles.

Faire un test localisé avant toute application externe.

Interactions

Il n’existe pas d’interaction clinique bien établie spécifique à Hernandia guianensis.

Cependant, compte tenu de ses alcaloïdes et de son activité purgative traditionnelle, une prudence théorique s’impose avec :

laxatifs stimulants ;
médicaments favorisant la diarrhée ;
diurétiques ;
médicaments pouvant modifier les électrolytes ;
traitements cardiaques sensibles aux variations de potassium ;
médicaments métabolisés par le foie ;
médicaments agissant sur le système nerveux.

Éviter également l’association avec des plantes fortement laxatives telles que :

séné ;
bourdaine ;
cascara ;
aloès latex ;
rhubarbe médicinale à fortes doses.

Une diarrhée importante pourrait également réduire l’absorption de médicaments pris simultanément.

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