Photographie de Liane Oseille
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Malvaceae

Liane Oseille

Hibiscus surattensis

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Aussi appelée : Oseille indigène Oseille malabare

Description botanique

La Liane oseille est une plante herbacée annuelle, généralement :

prostrée ;
rampante ;
grimpante ;
ou broussailleuse.

Elle peut atteindre environ 3 m de longueur ou de hauteur lorsqu’elle s’appuie sur la végétation environnante.

Tiges

Les tiges sont :

pubescentes à hérissées ;
plus ou moins couvertes d’aiguillons ;
souvent munies de petits crochets recourbés.

Cette caractéristique permet à la plante de s’accrocher aux autres végétaux.

Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
simples ;
généralement de 4 à 11 cm ;
largement ovales à presque circulaires ;
plus ou moins profondément divisées en 3 à 5 lobes ;
grossièrement dentées.

Le dessous des nervures peut également porter des aiguillons. Le pétiole est poilu et parfois épineux.

Les feuilles sont souvent :

légèrement acides ;
mucilagineuses ;
tendres lorsqu’elles sont jeunes.
Fleurs

Les fleurs sont solitaires à l’aisselle des feuilles.

Elles sont :

relativement grandes ;
jaunes ;
avec une tache rouge-violet ou pourpre à la base.

Elles peuvent atteindre plusieurs centimètres de diamètre.

Fruits

Le fruit est une capsule ovoïde à globuleuse, d’environ 12–15 mm, contenant de nombreuses petites graines brun grisâtre.

Répartition

Sabdariffa surattensis possède une très vaste aire naturelle dans l’Ancien Monde tropical et subtropical.

Elle est indigène notamment dans de nombreuses régions de :

Afrique occidentale ;
Afrique centrale ;
Afrique orientale ;
Afrique australe ;
Inde ;
Bangladesh ;
Assam ;
Himalaya oriental ;
Sri Lanka ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Laos ;
Cambodge ;
Vietnam ;
Malaisie ;
Bornéo ;
Chine méridionale ;
Hainan ;
Philippines.

Elle a aussi été introduite dans plusieurs îles de l’océan Indien, notamment :

Comores ;
Maurice ;
Réunion ;
Seychelles.

Habitat

La Liane oseille pousse principalement dans les régions tropicales saisonnièrement sèches, mais elle tolère des habitats très variés.

Elle se rencontre notamment dans :

savanes herbeuses ;
lisières forestières ;
forêts claires ;
broussailles ;
champs ;
plantations abandonnées ;
marécages ;
terrains vagues ;
abords des habitations ;
dunes côtières ;
zones perturbées.

Elle pousse généralement du niveau de la mer jusqu’à environ 1 700 m d’altitude.

Elle apparaît fréquemment pendant la saison des pluies.

Principes actifs

Rendement en graines: huile, 13-17%, avec une prédominance d'acide linoléique dans le composant acide gras de l'huile, suivi des acides palmitique et oléique, et de faibles concentrations d'acide malvalique, sterculique, dihydrostérculique et époxy.

Usages traditionnels

Hibiscus surattensis possède une tradition médicinale particulièrement riche en Afrique tropicale.

Tonique digestif et général

En Guinée et en République démocratique du Congo, la plante est traditionnellement considérée comme tonique pour le cœur et l’estomac.

Dyspepsie

Au Bénin, une décoction des feuilles est traditionnellement administrée contre la dyspepsie et certains troubles digestifs.

Toux

Au Congo-Brazzaville, une décoction de tiges feuillées est traditionnellement utilisée contre la toux.

Fièvre et paludisme

La plante entière ou les tiges feuillées sont utilisées traditionnellement en décoction contre :

fièvre ;
syndromes fébriles ;
paludisme.

Ces usages sont ethnomédicinaux

Plaies et furoncles

Les feuilles sont utilisées extérieurement pour :

plaies ;
abcès ;
furoncles ;
coupures.

En Tanzanie, les feuilles écrasées sont notamment appliquées sur les plaies et abcès.

Au Gabon, les feuilles ramollies sont traditionnellement appliquées sur les furoncles.

Brûlures

Dans le nord du Maputaland, en Afrique du Sud, une pâte préparée à partir des racines est traditionnellement appliquée sur les brûlures.

Gonorrhée et inflammations génito-urinaires

Divers usages traditionnels existent en Afrique contre :

gonorrhée ;
urétrite ;
irritations génitales ;
inflammations génito-urinaires.

Ces pratiques sont historiques et ne doivent pas remplacer les traitements antibiotiques modernes des infections sexuellement transmissibles.

Dysenterie

Au Sénégal, les graines ont été employées traditionnellement contre la dysenterie.

Troubles oculaires

Les graines ont également été utilisées historiquement contre certaines affections oculaires. Cet usage n’est pas recommandé en automédication, notamment en raison du risque infectieux lié aux préparations artisanales appliquées dans l’œil.

Laxatif

En Tanzanie, une décoction de racine est traditionnellement utilisée comme laxatif.

Diabète

Une enquête ethnobotanique réalisée dans l’État de Lagos, au Nigeria, rapporte l’usage de Hibiscus surattensis contre le diabète. Cet usage demeure traditionnel et ne constitue pas une preuve clinique d’efficacité hypoglycémiante.

Maladies du foie

Au Togo, des décoctions de plante entière ou de feuilles sont utilisées traditionnellement pour diverses affections hépatiques.

Usages culinaires

C’est l’un des usages les mieux établis de la Liane oseille.

Feuilles comme légume

Les feuilles mucilagineuses sont couramment consommées comme légume-feuille dans différentes régions d’Afrique et d’Asie.

Elles peuvent être :

cuites ;
bouillies ;
ajoutées aux soupes ;
incorporées aux sauces ;
consommées parfois crues en salade.
En Ouganda

Les feuilles constituent un légume apprécié.

Elles sont notamment :

bouillies ;
mélangées avec des pois ;
associées à l’arachide ;
ou à la pâte de sésame.

Elles accompagnent ensuite différents aliments de base.

En République démocratique du Congo

Les feuilles sont traditionnellement cuites avec :

poisson ;
viande.
Épaississant naturel

Grâce à leur richesse en mucilage, les feuilles peuvent servir à épaissir les sauces et les soupes.

Jeunes feuilles comme condiment

Les jeunes feuilles sont parfois utilisées comme condiment acidulé.

Feuilles séchées

Les feuilles peuvent être :

séchées ;
pilées ;
conservées ;
réutilisées ultérieurement comme les feuilles fraîches.

elles peuvent être conservées ainsi pendant près d’un an.

Posologie

Il faut distinguer portion alimentaire et posologie médicinale.

Usage alimentaire

Comme légume, une portion pratique peut être de l’ordre de :

50 à 150 g de feuilles fraîches cuites par personne, selon le plat.

Il s’agit d’une portion alimentaire indicative, et non d’une dose thérapeutique.

Décoctions traditionnelles

Les données ethnobotaniques montrent que des décoctions de :

feuilles ;
tiges feuillées ;
racines ;
plante entière

sont utilisées dans différentes régions, mais il n’existe pas de posologie pharmacopéiale internationale standardisée.

Une source ethnopharmacologique du Congo-Brazzaville rapporte, pour la toux, une décoction traditionnelle administrée trois fois par jour, mais comme la quantité initiale de plante n’est pas précisée, il serait trompeur de transformer cette donnée en recette standardisée.

Usage externe

Les feuilles écrasées peuvent être appliquées traditionnellement localement sur certaines lésions superficielles.

Teinture 1:5

Une teinture hydroalcoolique peut être réalisée techniquement, mais il n’existe aucune dose orale clinique validée pour cette préparation.

Pour cette plante, les usages les mieux documentés restent :

alimentation ;
décoction traditionnelle ;
applications externes.

Précautions

Cette plante est abortive déconseillée aux femmes enceintes

Contre-indications

Feuilles alimentaires

Les feuilles consommées traditionnellement comme légume sont généralement considérées comme alimentaires lorsqu’elles sont :

correctement identifiées ;
récoltées dans un environnement propre ;
préparées normalement.
Aiguillons

La plante porte des aiguillons recourbés sur :

tiges ;
pétioles ;
parfois nervures foliaires.

La récolte peut donc provoquer :

petites égratignures ;
irritations mécaniques.

Des gants sont utiles lors de la récolte.

Usage médicinal concentré

Les données toxicologiques modernes étant insuffisantes, prudence avec les :

extraits concentrés ;
teintures ;
décoctions prolongées ;
usages internes à forte dose.
Grossesse

Une utilisation traditionnelle du jus de feuilles pour « prévenir les fausses-couches » est rapportée en Tanzanie.

Cet usage ne constitue aucune preuve de sécurité obstétricale. Les extraits médicinaux concentrés ne devraient pas être utilisés pendant la grossesse sans encadrement professionnel.

Applications génitales

Les anciennes pratiques consistant à injecter des préparations artisanales dans :

urètre ;
vagin

ne sont pas recommandées en pratique moderne en raison des risques :

infectieux ;
irritatifs ;
microbiologiques.
Applications oculaires

Même précaution : ne pas appliquer de décoctions ou infusions artisanales non stériles dans les yeux.

Interactions

Antidiabétiques

Comme la plante est traditionnellement utilisée contre le diabète au Nigeria, une prudence théorique est justifiée avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres plantes hypoglycémiantes.

Mais aucune interaction clinique spécifique n’est actuellement démontrée pour cette espèce.

Laxatifs

La racine étant traditionnellement employée comme laxatif, éviter d’associer de grandes quantités d’extrait à :

laxatifs stimulants ;
fortes doses de séné ;
bourdaine ;
cascara.

Cette précaution est théorique.

Médicaments digestifs

Le mucilage foliaire pourrait théoriquement ralentir légèrement l’absorption de certains médicaments lorsqu’ils sont pris simultanément en grande quantité. Par prudence, les préparations très mucilagineuses peuvent être espacées des médicaments oraux.

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