Photographie de Liane Quinine
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Menispermaceae

Liane Quinine

Tinospora crispa

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Aussi appelée : Liane-quinine

Description botanique

Tinospora crispa est une grande liane ligneuse tropicale, vivace et grimpante.

Elle développe de longues tiges pouvant s’enrouler autour :

des arbres ;
des arbustes ;
des clôtures ;
de divers supports.
Tiges

Les tiges sont très caractéristiques :

cylindriques ;
épaisses ;
charnues à ligneuses avec l’âge ;
grisâtres à brun verdâtre ;
couvertes de nombreuses petites protubérances ou lenticelles ;
extrêmement amères au goût.

Elles constituent la partie médicinale traditionnelle principale.

Les vieilles tiges peuvent devenir :

noueuses ;
verruqueuses ;
fortement ramifiées.
Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
simples ;
largement cordiformes ;
à base en forme de cœur ;
généralement glabres ;
portées par un pétiole assez long.

Le limbe est souvent :

vert vif ;
mince ;
largement ovale à presque circulaire.
Fleurs

Les fleurs sont :

petites ;
jaunâtres à verdâtres ;
regroupées en inflorescences axillaires.

Comme beaucoup de Menispermaceae, les fleurs mâles et femelles peuvent être portées séparément selon les individus.

Fruits

Les fruits sont de petites drupes :

ovoïdes à globuleuses ;
verdâtres puis rougeâtres à maturité.

Répartition

Elle est indigène notamment en :

Népal ;
Assam ;
Bangladesh ;
Inde ;
Myanmar ;
sud de la Chine ;
Cambodge ;
Laos ;
Vietnam ;
Thaïlande ;
Malaisie ;
Sumatra ;
Java ;
Petites îles de la Sonde ;
Philippines.

Elle a également été introduite dans plusieurs autres régions tropicales, notamment :

Sri Lanka ;
certaines îles des Antilles ;
île Christmas.

Habitat

On la rencontre notamment dans :

forêts tropicales ;
forêts secondaires ;
forêts mixtes décidues ;
lisières ;
broussailles ;
bords de rivières ;
haies ;
terrains perturbés ;
plantations ;
abords des habitations.

Elle apprécie généralement :

chaleur ;
humidité ;
sols drainés mais frais ;
lumière filtrée à soleil partiel ;
supports permettant sa croissance grimpante.

Dans les régions rurales d’Asie du Sud-Est, elle est parfois conservée près des habitations en raison de son importance dans la médecine traditionnelle.

Principes actifs

La plante contient un principe amer, la colombine.
Contient également un principe amer amorphe, de la picrorétine et des traces de berbérine.
Le principe amer est de nature glucosidale.
Les feuilles ont produit de la picrorétine, des traces d'un alcaloïde et une substance similaire à la glyzirrhizine.

Utilisations Culinaire:

base d'une préparation populaire utilisée comme cordial, tonique.

Médecine Rurale:

Considéré comme un médicament universel par les populations locales aux Philippines qui lui donnent le nom de « makabuhai », ce qui signifie « donner la vie ».

Décoction de feuilles et de tiges utilisées contre le paludisme et la fièvre et comme tonique Pour la Gale : Écrasez la tige fraîche et appliquez du jus sur la partie affectée.

Ulcères tropicaux et cicatrisation : Décoction de la tige en lavage, ou écraser la tige, tremper dans l'huile pendant 12 heures et appliquer l'extrait d'huile sur les zones affectées.

La tige pilée, mélangée à de l'huile de noix de coco, a été utilisée pour une variété d'affections rhumatismales et arthritiques; aussi pour les coliques abdominales.

Egalement Utilisée pour le pied d'athlète, et pour la régulation de la fertilité.

Une préparation à base d'huile de noix coco est utilisée comme remède contre les rhumatismes ; aussi pour les flatulences chez les enfants.

Une décoction ou poudre de plante utilisée comme fébrifuge.

Une décoction de tige est utilisée comme vulnéraire pour les démangeaisons, les plaies banales et cancéreuses.

Un extrait aqueux utilisé pour le traitement des troubles gastriques, de l'indigestion et de la diarrhée.

Pour les ulcères d'estomac : la tige est pilée dans un sac en plastique, de l'eau est ajoutée, filtrée et bue une fois par jour. De plus, les tiges sont séchées, tranchées finement, décoctées, puis bues.

Utilisé par les mères qui allaitent pour aider à sevrer les nourrissons de l'allaitement, le jus amer de la tige est appliqué sur la zone du mamelon provoquant l'aversion du nourrisson pour l'allaitement au sein.

Par voie interne, utilisé comme tonique et antipaludéen, en externe comme parasiticide.

En Malaisie, un extrait est pris par voie orale pour traiter l'hyperglycémie, aussi, utilisé pour le traitement du paludisme.

L'infusion de la tige se boit en Malaisie et en Indonésie comme vermifuge et une infusions de la plante entière pour traiter le choléra.

En Thaïlande, une décoction de bois utilisée contre le diabète, la fièvre et pour réduire la soif ; également utilisé comme apéritif.

Dans la médecine populaire thaïlandaise , une infusion à froid de graines est utilisée pour traiter l'intoxication causée par la drogue ou l'alcool.

Une Infusion de tige bue comme vermifuge.

Une décoction de tige utilisée pour laver les yeux douloureux et les plaies syphilitiques.

Les Feuilles écrasées sont appliquées sur la plaie et transformées en pansement pour les démangeaisons.

En Indonésie, utilisé pour le traitement du diabète, de l'hypertension et des maux de dos.

Au Bangladesh , le jus de tiges macérées est utilisé pour la prévention des troubles intestinaux.

En usage externe, la plante est appliqué contre la gale et pour cicatriser les plaies.

Au Brunei, la plante est utilisée dans le traitement de l'hypertension artérielle, du diabète et pour soulager les douleurs abdominales.

En Indochine, une infusion de tige se boit pour traiter la fièvre et la jaunisse.

Autres:

Préparation de la pommade utilisée : Laver et hacher 1/2 verre de tige. Faire sauter la tige hachée à feu doux pendant environ cinq minutes dans un verre d'huile de noix de coco. Retirez les tiges puis ajoutez un demi-verre de cire de bougie blanche râpée. Lorsque la cire est fondue, versez-la dans une bouteille propre et étiquetez-la. Utilisez la pommade sur tout le corps, sauf la zone du visage, pendant trois nuits consécutives.

Usages traditionnels

Tinospora crispa est une plante médicinale importante de plusieurs traditions d’Asie du Sud-Est.

Une revue ethnopharmacologique recense des usages traditionnels contre :

fièvre ;
paludisme ;
diabète ;
hypertension ;
rhumatismes ;
jaunisse ;
troubles urinaires ;
inflammations ;
fractures ;
gale ;
douleurs ;
soif excessive ;
perte d’appétit.
Fièvre

La décoction des tiges est l’un des usages traditionnels les plus fréquents.

Elle est notamment employée comme :

fébrifuge ;
boisson destinée à « refroidir le corps ».

En Thaïlande, la décoction de tige est traditionnellement utilisée contre la fièvre et les inflammations internes.

Diabète

C’est l’un des usages traditionnels les plus célèbres de la plante.

Elle est employée contre le diabète en :

Malaisie ;
Indonésie ;
Philippines ;
Thaïlande.

Cependant, les essais cliniques humains disponibles ne permettent pas d’affirmer une efficacité fiable, et certains ont révélé des problèmes hépatiques.

Hypertension

En Malaisie et à Bornéo, les préparations de la plante sont traditionnellement utilisées contre l’hypertension.

Rhumatismes

Les tiges entrent dans différentes préparations traditionnelles contre :

rhumatismes ;
douleurs articulaires ;
douleurs du dos.

Paludisme

La plante est traditionnellement utilisée contre :

fièvre palustre ;
syndromes fébriles attribués au paludisme.

Cet usage ne signifie pas qu’elle puisse remplacer un traitement antipaludique médical efficace.

Stimulation de l’appétit

Son amertume prononcée explique son emploi traditionnel comme :

amer digestif ;
stimulant de l’appétit.

Vermifuge

Une infusion de tige est traditionnellement utilisée comme vermifuge dans certaines régions.

Plaies et prurit

Les feuilles écrasées sont traditionnellement appliquées :

sur certaines plaies ;
sur les zones qui démangent ;
contre certaines affections cutanées.
Gale

La plante est également rapportée traditionnellement contre la gale.

Usages culinaires

Tinospora crispa n’est pas une plante alimentaire courante.

Les tiges sont extrêmement amères et sont principalement utilisées :

comme médicament traditionnel ;
comme décoction amère ;
parfois comme tonique.

Posologie

Décoction traditionnelle

La tige est traditionnellement préparée en décoction, mais les quantités varient fortement selon :

région ;
préparation ;
diamètre de la tige ;
durée de cuisson.

Compte tenu du risque hépatique, je ne recommande pas de transformer ces usages historiques en dosage domestique standardisé.

Teinture 1:5

Une teinture hydroalcoolique est techniquement réalisable, mais je déconseille de fixer une dose orale domestique car :

les principes actifs sont puissants ;
la composition varie ;
la toxicité hépatique humaine est documentée.

Précautions

Ne doit pas être utilisé par les femmes enceintes, et par les personnes souffrant de troubles cardiaques.

Contre-indications

Cette rubrique est essentielle pour Tinospora crispa.

Toxicité hépatique

Des atteintes du foie ont été observées chez l’être humain.

Dans l’essai randomisé utilisant 3 g/jour, deux patients ont présenté une élévation marquée des enzymes hépatiques, revenue vers la normale après arrêt de la plante.

Dans un autre essai, une élévation significative d’ALT/AST a concerné environ 16,7 % des participants.

La plante ne doit donc pas être considérée comme un simple « amer sans danger ».

Symptômes pouvant faire suspecter une atteinte hépatique

Arrêter immédiatement la prise et consulter en présence de :

fatigue inhabituelle ;
nausées persistantes ;
perte d’appétit ;
douleur sous les côtes à droite ;
urines foncées ;
selles décolorées ;
démangeaisons généralisées ;
jaunissement de la peau ou des yeux.
Contre-indications prudentes

Éviter l’usage interne chez :

personnes ayant une maladie hépatique ;
personnes ayant déjà présenté une hépatite médicamenteuse ;
personnes prenant plusieurs médicaments potentiellement hépatotoxiques ;
femmes enceintes ;
femmes allaitantes ;
enfants.
Diabète

L’automédication est particulièrement déconseillée chez les personnes diabétiques, car :

l’efficacité clinique n’est pas établie ;
une hypoglycémie reste théoriquement possible ;
le risque hépatique existe.
Usage prolongé

L’utilisation prolongée sans contrôle biologique du foie est particulièrement déconseillée.

Interactions

Antidiabétiques

Les études expérimentales montrent des effets hypoglycémiants potentiels.

Une addition d’effets est donc plausible avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
glinides ;
autres traitements antidiabétiques.

Même si les résultats humains sont contradictoires, la prudence reste nécessaire.

Plantes hypoglycémiantes

Éviter les associations fortes ou non surveillées avec :

Momordica charantia ;
fenugrec ;
gymnéma ;
cannelle concentrée ;
banaba ;
berbérine.
Médicaments hépatotoxiques

Prudence particulière avec les médicaments susceptibles d’endommager le foie.

Cela concerne notamment, selon le contexte médical :

certains antituberculeux ;
méthotrexate ;
certains anticonvulsivants ;
fortes doses ou usage prolongé de paracétamol ;
certains antifongiques ;
autres traitements nécessitant une surveillance hépatique.
Plantes potentiellement hépatotoxiques

Éviter l’association non supervisée avec des plantes connues pour présenter elles-mêmes un risque hépatique.

Antihypertenseurs

Une activité cardiovasculaire et hypotensive expérimentale existe ; une addition d’effets avec les médicaments antihypertenseurs est donc possible.

Immunomodulateurs

La plante possède une activité immunomodulatrice expérimentale. Par prudence, les préparations concentrées doivent être évitées avec :

immunosuppresseurs ;
traitements de transplantation ;
certains traitements des maladies auto-immunes,

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