Photographie de Lichen d'Islande
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Parmeliaceae

Lichen d'Islande

Cetraria islandica

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Aussi appelée : Cétraire d’Islande Mousse d’Islande

Description botanique

Cetraria islandica est un lichen fruticuleux à subfoliacé, dressé, formant de petites touffes ramifiées.

Le thalle mesure généralement environ :

2 à 10 cm de hauteur ;
parfois davantage dans de bonnes conditions.
Thalle

Le thalle est :

dressé ou légèrement couché ;
fortement ramifié ;
aplati ;
coriace ;
irrégulièrement fourchu.

Les lobes mesurent généralement quelques millimètres de largeur.

Ils sont :

brun verdâtre ;
brun olive ;
brun rougeâtre ;
parfois gris verdâtre.

La face supérieure est souvent plus foncée que la face inférieure.

Face inférieure

La face inférieure possède de nombreuses petites zones blanchâtres appelées pseudocyphelles.

Elles participent aux échanges gazeux du thalle.

Marges

Les lobes présentent souvent de petites :

spinules ;
projections marginales.

Le thalle peut apparaître légèrement canaliculé ou en gouttière.

Apothecies

Les organes reproducteurs du champignon, appelés apothécies, sont relativement rares.

Lorsqu’ils sont présents, ils sont :

brun rougeâtre à brun foncé ;
situés généralement vers l’extrémité des lobes.
Croissance

Comme beaucoup de lichens, Cetraria islandica possède une croissance lente et peut être sensible :

à la pollution atmosphérique ;
aux perturbations du milieu ;
à une récolte excessive.

Répartition

Le Lichen d’Islande est surtout une espèce des régions :

froides ;
boréales ;
arctiques ;
alpines.

Il est largement réparti dans l’hémisphère Nord.

On le rencontre notamment en :

Islande ;
Scandinavie ;
Grande-Bretagne ;
Irlande ;
Europe centrale ;
Alpes ;
Europe orientale ;
Sibérie ;
Russie ;
Amérique du Nord ;
Alaska ;
Canada ;
Groenland ;
montagnes Rocheuses.

L’OMS décrit sa présence principalement en Europe septentrionale, orientale et centrale, en Sibérie et en Amérique du Nord.

Malgré son nom, il n’est donc pas limité à l’Islande.

Habitat

Cetraria islandica est principalement terricole, c’est-à-dire qu’il pousse sur le sol.

On le rencontre dans :

toundras ;
landes arctiques ;
landes alpines ;
pelouses montagnardes ;
forêts claires ;
pinèdes ;
terrains pauvres ;
sols pierreux ;
substrats calcaires ou siliceux ;
zones exposées au vent.

Dans les Alpes, il peut monter jusqu’à l’étage nival.

En Amérique du Nord, il pousse notamment dans :

toundra humide ou sèche ;
landes boréales ;
sols forestiers ;
pinèdes ouvertes.

Il tolère :

froid intense ;
sols pauvres ;
vent ;
dessiccation périodique.

Il absorbe directement une grande partie de l’eau et des minéraux depuis l’atmosphère, ce qui explique également sa sensibilité aux contaminants environnementaux.

Principes actifs

Sont principalement des polysaccharides, des amers, de l’acide usnique, des enzymes et de l’huile essentielle.

Propriétés thérapeutiques:

c’est un expectorant et par conséquent un excellent remède anti-bronchitique et antitussif. L’acide usnique qu’il contient aurait une action antibiotique, remarquée sur le staphylocoque doré. On le recommande pour les migraines, l’anorexie et les affections urinaires. C’est un protecteur naturel contre les agressions et les douleurs. On l’utilise avec les pins et l’eucalyptus comme remède pour les maux du système respiratoire, stimule l’immunité. Pour les nausées de la grossesse, on peut l’associer au gingembre, à la menthe poivrée et au citron. On le conseille à faibles doses pour les femmes enceintes et les enfants en bas âge.

Usages traditionnels

Le Lichen d’Islande possède une longue histoire d’emploi en Europe du Nord et centrale.

Les usages traditionnels les mieux documentés concernent surtout les systèmes :

respiratoire ;
digestif.

Toux sèche

C’est l’un de ses usages les plus importants.

Le thalle est traditionnellement employé pour :

calmer la toux sèche ;
adoucir la gorge ;
diminuer les irritations du pharynx.

Cet usage est reconnu par l’Agence européenne des médicaments (EMA) comme usage traditionnel.

Irritation de la bouche et de la gorge

Grâce à ses polysaccharides mucilagineux, le Lichen d’Islande forme une couche protectrice sur les muqueuses.

Il est traditionnellement utilisé pour :

gorge sèche ;
irritation pharyngée ;
enrouement ;
irritation de la bouche.

Perte temporaire d’appétit

Les substances lichéniques amères stimulent traditionnellement :

sécrétions digestives ;
sensation d’appétit.

L’EMA reconnaît également son usage traditionnel pour la perte temporaire d’appétit chez l’adulte.

Troubles digestifs

Historiquement, il a été utilisé contre :

irritation gastrique ;
dyspepsie ;
certains troubles intestinaux.

En Islande, il a notamment été utilisé traditionnellement pour soulager les troubles gastriques et duodénaux.

Rhumes

En Finlande, des décoctions étaient traditionnellement utilisées contre les refroidissements et rhumes.

Convalescence

Son emploi comme :

fortifiant ;
aliment reconstituant ;
stimulant de l’appétit

était historiquement fréquent chez les personnes affaiblies ou convalescentes.

Usages culinaires

Le Lichen d’Islande possède une véritable tradition alimentaire, particulièrement dans les régions nordiques.

Une étude moderne confirme son usage historique et actuel comme :

tisane ;
ingrédient alimentaire ;
ingrédient de pain ;
ingrédient de soupe.
Prétraitement nécessaire

Le thalle possède naturellement une forte amertume due aux acides lichéniques.

Historiquement, il pouvait être :

trempé longuement ;
lavé plusieurs fois ;
parfois traité pour diminuer l’amertume.
Soupes

Après préparation, il était incorporé dans :

soupes ;
bouillons ;
plats épaissis.

Ses polysaccharides gonflent dans l’eau et donnent une texture mucilagineuse.

Pain

Le lichen séché pouvait être :

réduit en poudre ;
mélangé à de la farine ;
incorporé au pain.

Cet usage était particulièrement précieux en période de pénurie alimentaire.

Bouillies

Il pouvait également entrer dans :

bouillies ;
préparations lactées ;
aliments de convalescence.
Valeur alimentaire

Son intérêt repose notamment sur sa richesse en polysaccharides lichéniques, surtout :

lichénine ;
isolichénine.

Il ne doit toutefois pas être considéré comme un aliment à forte valeur protéique.

Posologie

Contrairement à beaucoup de plantes traditionnelles, le Lichen d’Islande dispose d’une monographie officielle de l’EMA, ce qui permet de donner des posologies beaucoup plus précises.

Pour irritation de la bouche, de la gorge et toux sèche

Selon la monographie européenne :

Adolescents, adultes et personnes âgées :

1,5 g de thalle fragmenté
dans 150 ml d’eau bouillante
en infusion ou macération ;
3 à 4 fois par jour.

Dose quotidienne totale : 4 à 6 g.

Pour perte temporaire d’appétit

Adultes et personnes âgées :

1 à 2 g
dans 150 ml d’eau
sous forme d’infusion ou de décoction ;
3 fois par jour.

Dose quotidienne totale : 4 à 6 g.

Pour stimuler l’appétit, la préparation amère est traditionnellement prise avant les repas.

Durée

Si les symptômes :

persistent plus d’une semaine ;
s’aggravent ;
deviennent récurrents,

une consultation médicale est recommandée.

Teinture 1:5

La monographie européenne reconnaît également une teinture 1:5 dans l’éthanol à 40 % V/V comme préparation traditionnelle.

C’est donc une des espèces pour lesquelles votre schéma habituel :

1:5 – alcool à 40 %

correspond effectivement à une préparation monographiée.

La dose dépend toutefois de la préparation commerciale ou pharmacopéiale et ne doit pas être extrapolée simplement à partir du ratio.

Le lichen est utilisé entier en décoction ou en infusion, 2 à 3 g. par tasse, 2 à 3 tasses par jour.

En teinture mère 25 gouttes dans un verre d'eau, 3 fois par jour.

En gélules de poudre. 3 à 4 gélules par jour.

Contre-indications

Dans les préparations traditionnelles reconnues, le Lichen d’Islande présente généralement une bonne tolérance.

L’EMA indiquait qu’aucun effet indésirable spécifique n’était connu dans le cadre des préparations évaluées.

Grossesse et allaitement

La sécurité n’a pas été suffisamment établie.

L’EMA recommande donc, par précaution, de ne pas utiliser les préparations médicinales pendant la grossesse et l’allaitement faute de données suffisantes.

Enfants

Les restrictions dépendent de la préparation.

La monographie détaillée de l’EMA ne recommande pas certaines formes chez les enfants plus jeunes faute de données suffisantes ; les produits commerciaux doivent donc être utilisés selon leur notice.

Contamination environnementale

C’est une précaution particulièrement importante avec les lichens.

Ils peuvent accumuler des substances provenant de l’environnement, notamment :

métaux ;
poussières atmosphériques ;
polluants ;
dépôts radioactifs.

Les Cetraria sont d’ailleurs utilisés comme bioindicateurs de pollution atmosphérique.

Il faut donc privilégier une matière première :

contrôlée ;
issue d’une zone non polluée ;
destinée à l’usage alimentaire ou médicinal.
Acide usnique

Des lichens contiennent de l’acide usnique, molécule biologiquement active étudiée notamment pour ses propriétés antimicrobiennes.

Des problèmes hépatiques ont surtout été associés à des extraits concentrés d’acide usnique utilisés dans certains compléments, et non aux doses traditionnelles usuelles de Lichen d’Islande.

Il ne faut donc pas assimiler une infusion conventionnelle de C. islandica à un supplément concentré d’acide usnique.

Récolte sauvage

En raison de sa croissance lente, éviter :

arrachage massif ;
récoltes répétées sur la même station ;
prélèvements dans les zones protégées.

Interactions

Médicaments pris par voie orale

C’est l’interaction la plus importante.

Les mucilages du Lichen d’Islande peuvent théoriquement retarder l’absorption de médicaments pris simultanément.

L’EMA recommande, par précaution, de respecter un intervalle d’environ :

30 minutes à 1 heure avant ou après les autres médicaments.

Aucune interaction médicamenteuse spécifique n’a cependant été formellement rapportée dans la monographie.

Autres plantes mucilagineuses

Une association est possible avec :

guimauve ;
mauve ;
plantain ;
graines de lin.

Elle peut renforcer l’effet :

adoucissant ;
protecteur des muqueuses.

Il reste préférable d’espacer également ces préparations des médicaments oraux.

Plantes amères

Pour la perte d’appétit, il peut théoriquement être associé à :

gentiane ;
centaurée ;
pissenlit.

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