Photographie de Lierre terrestre
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Lamiaceae

Lierre terrestre

Glechoma hederacea

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Aussi appelée : Herbe de Saint-Jean Couronne de terre

Description botanique

Glechoma hederacea est une petite plante herbacée vivace, rampante et aromatique.

Elle forme rapidement des tapis grâce à ses longues tiges qui :

courent sur le sol ;
s’enracinent aux nœuds ;
produisent de nouvelles pousses dressées.

Tiges

Les tiges sont :

quadrangulaires, comme chez beaucoup de Lamiaceae ;
rampantes ;
souples ;
parfois rougeâtres ;
légèrement pubescentes.

Elles peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres.

Feuilles

Les feuilles sont :

opposées ;
pétiolées ;
arrondies à réniformes ;
légèrement cordiformes à la base ;
crénelées sur les bords.

feuilles d’environ 4–35 × 6–40 mm, avec une marge crénelée.

Lorsqu’on les froisse, elles dégagent une odeur :

aromatique ;
résineuse ;
légèrement mentholée.
Fleurs

Les fleurs apparaissent généralement au printemps.

Elles sont :

bleu-violet à mauves ;
bilabiées ;
réunies par petits groupes à l’aisselle des feuilles.

Les fleurs sont typiques des Lamiaceae, avec une corolle tubulaire à deux lèvres.

Racines

Les racines se développent facilement à chaque nœud en contact avec le sol, ce qui explique le caractère parfois envahissant de la plante.

Répartition

Le Lierre terrestre est indigène depuis l’Europe jusqu’à l’Asie septentrionale et centrale.

France ;
Suisse ;
Belgique ;
Allemagne ;
Grande-Bretagne ;
Irlande ;
Italie ;
Espagne ;
Portugal ;
Scandinavie ;
Balkans ;
Europe orientale ;
Russie ;
Turquie ;
Caucase ;
Kazakhstan ;
Kirghizistan ;
Sibérie ;
Xinjiang.

Il a été largement introduit ailleurs, notamment en :

Amérique du Nord ;
Nouvelle-Zélande ;
certaines régions d’Amérique du Sud.

Dans plusieurs régions d’Amérique du Nord, il est devenu une plante adventice envahissante.

Habitat

Glechoma hederacea apprécie particulièrement les milieux :

frais ;
humides ;
riches en matière organique ;
partiellement ombragés.

On le rencontre dans :

sous-bois ;
lisières ;
haies ;
prairies fraîches ;
talus ;
bords de chemins ;
jardins ;
vergers ;
pelouses ;
terrains vagues ;
fossés.

Il tolère toutefois aussi bien :

l’ombre profonde ;
la mi-ombre ;
le soleil,

si le sol reste suffisamment frais.

Sa capacité à s’enraciner aux nœuds lui permet de coloniser rapidement un terrain.

Principes actifs

Huiles essentielles (menthol, menthone), Flavonoïdes, Tanins, Saponines, Acides phénoliques, Vitamines C et A.

Usages traditionnels

Le Lierre terrestre possède une longue tradition médicinale européenne, connue depuis l’Antiquité. Une revue scientifique publiée en 2026 confirme son emploi traditionnel principalement pour les troubles :

respiratoires ;
digestifs ;
hépato-biliaires ;
cutanés.
Toux et bronchite

Il est traditionnellement utilisé comme :

expectorant ;
anticatarrhal ;
soutien lors de toux productives.

Il a notamment été employé contre :

bronchite ;
encombrement bronchique ;
toux avec mucus.
Catarrhes ORL

Le Lierre terrestre est historiquement associé aux troubles des muqueuses de :

nez ;
gorge ;
oreilles ;
sinus.

Il était particulièrement réputé comme plante des catarrhes chroniques.

Troubles digestifs

Il est traditionnellement utilisé comme :

tonique digestif ;
stomachique ;
amer aromatique.

Il a servi pour :

digestion lente ;
dyspepsie ;
irritation digestive ;
hyperacidité ;
diarrhée.
Diarrhée

Son caractère astringent explique son utilisation traditionnelle contre certaines diarrhées légères.

Diurétique

Il est également employé comme diurétique traditionnel, notamment pour favoriser l’élimination urinaire.

Calculs urinaires

Dans certaines traditions asiatiques, des drogues appelées Glechomae Herba ont une longue utilisation contre la lithiase urinaire. Une revue systématique rapporte des activités expérimentales :

anti-lithiasiques ;
diurétiques ;
cholagogues.

Il faut toutefois être prudent : selon les pharmacopées asiatiques, « Glechomae Herba » peut correspondre à des espèces ou traditions botaniques différentes selon les régions.

Hémorroïdes

Le Lierre terrestre est également traditionnellement utilisé contre les hémorroïdes.

Plaies et troubles cutanés

Les feuilles ou leur infusion ont été utilisées extérieurement pour :

petites plaies ;
irritations cutanées ;
certaines dermatoses.

La revue de 2026 confirme l’existence d’une tradition dermatologique.

Rhumatismes

Dans certaines traditions européennes, les feuilles fraîches froissées étaient appliquées localement sur :

articulations douloureuses ;
zones rhumatismales.

Usages culinaires

Le Lierre terrestre possède également une véritable histoire alimentaire.

Jeunes feuilles

Les jeunes feuilles sont comestibles en petites quantités.

Leur goût est :

aromatique ;
légèrement mentholé ;
amer ;
légèrement poivré.

Elles peuvent être ajoutées à :

salades ;
soupes ;
sauces ;
omelettes ;
légumes ;
préparations à base d’œufs ou de viande.
Cuisson comme légume

Les jeunes feuilles peuvent également être cuites comme un légume-feuille, à la manière des épinards, mais leur goût marqué incite généralement à les utiliser en quantité modérée.

Fleurs

Les fleurs peuvent servir de petite garniture aromatique.

Infusion

Les feuilles fraîches ou séchées ont historiquement servi à préparer une boisson appelée Gill tea, parfois sucrée avec :

miel ;
sucre ;
réglisse.
Ancien aromate de la bière

C’est l’un des usages historiques les plus intéressants.

Avant la généralisation du houblon, le Lierre terrestre était utilisé en Europe pour :

aromatiser la bière ;
apporter de l’amertume ;
faciliter sa clarification ;
améliorer sa conservation.

Cet usage explique les anciens noms anglais alehoof et tunhoof.

Posologie

des pharmacopées et autorités phytothérapeutiques traditionnelles donnent des plages de doses.

Plante sèche

Santé Canada indique pour l’adulte :

2 à 12 g de sommités sèches par jour, selon la préparation :

infusion ;
décoction ;
poudre ;
extrait non standardisé ;
teinture.

Cette large plage reflète les différences entre les traditions et les préparations.

Infusion traditionnelle

Une dose couramment citée dans les sources phytothérapeutiques est :

2 à 4 g de plante sèche par prise, jusqu’à environ 3 fois par jour.

Préparation pratique :

2–3 g de parties aériennes séchées ;
200–250 ml d’eau chaude ;
infusion environ 10 minutes.
Usage diurétique

L’usage diurétique doit rester occasionnel, comme le précise la monographie de Santé Canada.

Plante fraîche

La plante fraîche peut être utilisée en infusion lorsqu’elle est correctement identifiée.

La matière fraîche garde généralement mieux :

parfum ;
fraction volatile.
Teinture 1:5

Une teinture 1:5 à 40 % est techniquement compatible avec votre méthode habituelle, mais il n’existe pas de posologie pharmacopéiale moderne standardisée spécifique à cette préparation.

Il est donc préférable de rester sur une utilisation prudente et courte plutôt que d’en faire une teinture à usage prolongé.

Précautions

et contre-indications.

Certaines personnes peuvent être sensibles ou allergiques à la plante.

Une consommation excessive peut entraîner des troubles gastro-intestinaux en raison de la présence de saponines et de tanins.

Contre-indications

Aux quantités culinaires modérées et aux doses traditionnelles usuelles, le Lierre terrestre est généralement bien toléré chez l’adulte, mais plusieurs précautions sont nécessaires.

Pulégone

Certaines populations de Glechoma hederacea contiennent dans leur huile essentielle du pulégone, une cétone monoterpénique connue pour son potentiel :

hépatotoxique à doses importantes ;
irritant gastro-intestinal.

La concentration est généralement faible et très variable, mais cela justifie d’éviter :

fortes doses ;
extraits très concentrés ;
huile essentielle par voie orale ;
traitements prolongés.
Composition très variable

L’huile essentielle de la plante varie fortement selon :

provenance ;
saison ;
population ;
conditions de culture.

Certaines populations sont riches en :

pinocamphone ;
menthone ;
pulégone,

tandis que d’autres sont dominées par :

1,8-cinéole ;
germacrène D ;
β-caryophyllène ;
myrcène.
Grossesse et allaitement

Par manque de données suffisantes et en raison de la fraction volatile :

éviter l’usage médicinal interne pendant la grossesse et l’allaitement.

Maladie hépatique

Prudence ou évitement des préparations concentrées chez les personnes ayant :

maladie du foie ;
antécédent d’hépatotoxicité médicamenteuse.
Enfants

L’automédication concentrée chez les jeunes enfants est déconseillée faute de données modernes suffisantes.

Huile essentielle

L’huile essentielle de Lierre terrestre ne doit pas être assimilée à l’infusion de la plante.

Elle concentre beaucoup plus fortement les constituants volatils et ne devrait pas être utilisée par voie orale en automédication.

Interactions

Médicaments hépatotoxiques

Compte tenu de la présence possible de pulégone, prudence avec les traitements présentant eux-mêmes un risque hépatique.

Cette précaution concerne surtout :

extraits concentrés ;
doses élevées ;
usages prolongés.
Autres plantes riches en pulégone

Éviter de cumuler des extraits concentrés avec d’autres plantes ou huiles essentielles riches en pulégone, notamment certaines formes de :

menthe pouliot (Mentha pulegium) ;
menthe américaine (Hedeoma pulegioides).
Anticoagulants

Certaines sources traditionnelles recommandent une prudence avec les anticoagulants, mais aucune interaction clinique solide avec la warfarine ou les antiagrégants n’est établie pour Glechoma hederacea.

Il vaut mieux donc parler d’une précaution théorique, et non d’une interaction démontrée.

Diurétiques

Une addition d’effet est théoriquement possible avec :

médicaments diurétiques ;
autres plantes fortement diurétiques.

L’effet diurétique de G. hederacea reste cependant surtout traditionnel.

Antidiabétiques

Des effets hypoglycémiants ont été observés dans certains travaux portant sur Glechomae Herba, mais les données ne permettent pas d’établir une interaction clinique certaine avec les antidiabétiques.

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