Photographie de Livèche
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Apiaceae

Livèche

Levisticum officinale

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Aussi appelée : Ache des montagnes Céleri perpétuel Céleri de montagne Herbe à Maggi

Description botanique

La Livèche est une grande plante herbacée vivace aromatique.

Taille

Elle forme une touffe robuste pouvant généralement atteindre :

1 à 2 m de hauteur ;
parfois davantage en sol riche et humide.
Racine

La racine est :

épaisse ;
charnue ;
brunâtre extérieurement ;
fortement aromatique.

C’est la racine séchée qui constitue la drogue médicinale reconnue par l’EMA sous le nom de Levistici radix.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
creuses ;
cannelées ;
ramifiées dans la partie supérieure.
Feuilles

Les feuilles sont :

grandes ;
profondément divisées ;
vert foncé ;
brillantes ;
très aromatiques.

Elles rappellent celles du céleri, mais sont généralement plus grandes et plus découpées.

Fleurs

Les fleurs sont petites, jaune verdâtre, réunies en ombelles composées, typiques des Apiaceae.

Fruits

Les fruits sont de petits schizocarpes :

secs ;
ovales à elliptiques ;
fortement aromatiques.

Ils sont souvent appelés, improprement, « graines de livèche ».

Répartition

l’aire indigène actuelle de Levisticum officinale se situe principalement :

dans le sud de l’Iran ;
en Afghanistan.

La plante est cependant cultivée depuis très longtemps en Europe et s’y est naturalisée dans de nombreux pays.

Elle est aujourd’hui présente ou cultivée notamment en :

Suisse ;
France ;
Allemagne ;
Autriche ;
Italie ;
Europe centrale et orientale ;
Scandinavie ;
Amérique du Nord ;
certaines régions d’Asie.

Sa réputation de plante européenne vient donc surtout de sa très ancienne culture, et non de son aire sauvage originelle telle qu’elle est actuellement définie.

Habitat

La Livèche est une vivace de climat tempéré.

Elle préfère :

sols profonds ;
sols riches en humus ;
sols frais à humides ;
bonne fertilité ;
soleil ou mi-ombre.

Elle supporte bien le froid hivernal une fois installée.

En culture, elle pousse volontiers dans :

potagers ;
jardins de simples ;
jardins aromatiques ;
bords de parcelles humides.

Elle devient une plante imposante et peut rester en place plusieurs années.

Principes actifs

Huiles essentielles, Cumarines, Tanins, Résines, Flavonoïdes.

Usages traditionnels

La Livèche possède à la fois une longue tradition culinaire et médicinale européenne.

Troubles urinaires

C’est aujourd’hui son emploi traditionnel le mieux reconnu officiellement.

L’EMA reconnaît la racine de livèche comme médicament traditionnel végétal destiné à augmenter la quantité d’urine afin de favoriser le rinçage des voies urinaires, en complément dans les petits troubles urinaires.

Cet usage correspond à une action traditionnellement qualifiée de :

diurétique ;
aquarétique ;
« drainante » urinaire.
Troubles digestifs

Traditionnellement, la Livèche a également été utilisée comme :

carminatif ;
stomachique ;
digestif.

Elle était employée contre :

ballonnements ;
flatulences ;
digestion lente ;
sensation de lourdeur après les repas.
Manque d’appétit

Son parfum aromatique et légèrement amer lui a valu un usage traditionnel pour :

stimuler l’appétit ;
favoriser les sécrétions digestives.
Troubles respiratoires

Des traditions populaires européennes ont utilisé les racines et parfois les feuilles comme :

expectorantes ;
réchauffantes ;
accompagnement des refroidissements.

Ces indications sont toutefois moins officiellement établies que l’usage urinaire.

Douleurs menstruelles

Certaines traditions anciennes lui attribuent aussi des effets sur :

menstruations difficiles ;
spasmes menstruels.

Ces usages ne sont pas retenus comme indications modernes officielles et justifient une prudence particulière pendant la grossesse.

Usages culinaires

La Livèche est une excellente plante aromatique alimentaire. Son emploi culinaire est ancien et bien établi ; une étude récente la décrit comme utilisée depuis longtemps comme condiment et ingrédient aromatique alimentaire.

Feuilles

Les feuilles fraîches peuvent aromatiser :

soupes ;
bouillons ;
potages ;
sauces ;
pommes de terre ;
légumes ;
légumineuses ;
ragoûts ;
marinades.

Le goût est puissant : quelques feuilles suffisent souvent.

Jeunes tiges

Les jeunes pétioles et tiges tendres peuvent être :

finement coupés ;
cuits comme légumes aromatiques ;
ajoutés aux soupes.
Fruits

Les fruits secs sont utilisés comme épice dans :

pains ;
marinades ;
légumes ;
plats mijotés.
Racine

La racine peut également être employée comme condiment, notamment :

fraîche ;
séchée ;
râpée ou coupée en petits morceaux.
Goût

Son profil aromatique rappelle :

céleri ;
bouillon ;
persil ;
notes épicées.

C’est pourquoi elle est souvent surnommée « herbe à Maggi », même si elle n’est pas nécessairement un ingrédient du condiment industriel portant ce nom.

Posologie

Pour la racine médicinale, l’EMA fournit une posologie traditionnelle précise.

Infusion de racine — adultes et personnes âgées

Dose unitaire :

2 à 3 g de racine coupée
dans 150 ml d’eau bouillante
en infusion.

Fréquence :

2 fois par jour.

Dose quotidienne moyenne :

4 à 6 g de racine par jour.
Durée

L’EMA recommande de ne pas prolonger cet usage au-delà de :

2 à 4 semaines.

Si les symptômes persistent, un professionnel de santé doit être consulté.

Chez l’enfant

L’usage médicinal de la racine n’est pas recommandé avant 18 ans dans la monographie EMA.

Teinture 1:5

Une teinture 1:5 peut exister dans les pratiques phytothérapeutiques, mais la monographie européenne actuelle porte essentiellement sur la racine coupée utilisée en infusion. Il vaut donc mieux retenir la posologie EMA plutôt que d’inventer une dose universelle de teinture.

Usage culinaire

Comme condiment, les feuilles sont utilisées en petites quantités, selon le goût, car leur arôme est très puissant.

Précautions

et contre-indications.

L'utilisation est déconseillée aux femmes enceintes ou allaitantes en raison de ses effets diurétiques puissants.

Les personnes atteintes de maladies rénales doivent éviter la livèche en raison de son action diurétique.

Peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, notamment celles allergiques aux plantes de la famille des Apiaceae.

Contre-indications

Allergie aux Apiaceae

La racine est contre-indiquée chez les personnes allergiques :

à la Livèche ;
aux Apiaceae ;
à l’anéthole.

Cette famille comprend notamment :

céleri ;
carotte ;
persil ;
fenouil ;
anis ;
coriandre.
Grossesse et allaitement

L’EMA indique que la sécurité pendant :

grossesse ;
allaitement

n’est pas établie et recommande de ne pas utiliser la racine médicinalement durant ces périodes.

Troubles urinaires nécessitant un médecin

Pendant un traitement, l’apparition de :

fièvre ;
douleur ou difficulté à uriner ;
spasmes ;
sang dans les urines

nécessite une consultation médicale.

Furocoumarines et soleil

La Livèche contient des furocoumarines, substances pouvant théoriquement participer à des phénomènes de photosensibilisation.

L’évaluation EMA a examiné ce risque ; elle conclut cependant que les données cliniques et de pharmacovigilance ne montrent pas de problème significatif de phototoxicité lorsque la racine est utilisée oralement aux doses de la monographie. Des réactions cutanées après contact avec la plante et exposition intense au soleil restent néanmoins rapportées.

Insuffisance rénale ou cardiaque avec restriction hydrique

Comme la plante est utilisée pour augmenter la diurèse, les cures « drainantes » ne sont pas appropriées lorsqu’une personne doit limiter ses apports hydriques en raison d’une maladie cardiaque ou rénale, sauf avis médical.

Interactions

Interactions officiellement rapportées

Dans sa monographie, l’EMA indique :

aucune interaction médicamenteuse rapportée pour la racine dans l’usage traditionnel retenu.

Il faut donc éviter de présenter comme certaines des interactions qui ne sont que théoriques.

Diurétiques

Une prudence théorique est néanmoins raisonnable avec des médicaments diurétiques tels que :

furosémide ;
hydrochlorothiazide ;
autres traitements augmentant fortement la diurèse.

Il ne s’agit pas d’une interaction officiellement démontrée par l’EMA, mais d’une précaution liée à la finalité diurétique de la plante.

Anticoagulants

L’évaluation EMA mentionne qu’une interaction avec les anticoagulants oraux a été discutée comme préoccupation théorique, sans preuve clinique convaincante aux doses recommandées.

Plantes diurétiques

Une addition d’effets est théoriquement possible avec de fortes doses de :

bouleau ;
orthosiphon ;
piloselle ;
prêle ;
pissenlit.

L’association n’est pas nécessairement interdite, mais une cure fortement diurétique doit être adaptée à la situation clinique.

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