Photographie de Luzerne
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Fabaceae

Luzerne

Medicago sativa

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Aussi appelée : Luzerne cultivée

Description botanique

La Luzerne est une plante herbacée vivace particulièrement robuste.

Taille

Elle atteint généralement :

30 à 100 cm de hauteur ;
parfois davantage dans de bonnes conditions de culture.
Racine

Elle développe une puissante racine pivotante, capable de descendre profondément dans le sol.

Cette caractéristique lui permet :

de résister relativement bien à la sécheresse ;
de mobiliser l’eau et certains éléments minéraux en profondeur.
Tiges

Les tiges sont :

dressées ou ascendantes ;
ramifiées ;
généralement nombreuses à partir de la souche.
Feuilles

Les feuilles sont trifoliolées, composées de trois folioles :

ovales à oblongues ;
légèrement dentées surtout vers leur extrémité ;
vertes à gris-vert.
Fleurs

Les fleurs sont réunies en grappes et généralement :

violettes ;
bleu-violet ;
parfois mauves.

Comme chez beaucoup de Fabaceae, elles présentent une forme papilionacée caractéristique.

Fruits

Le fruit est une petite gousse spiralée, souvent enroulée sur elle-même et contenant plusieurs graines.

Fixation de l’azote

Comme de nombreuses légumineuses, la Luzerne vit en association avec des bactéries racinaires fixatrices d’azote. Cette propriété explique son grand intérêt agronomique comme plante améliorant la fertilité du sol.

Répartition

l’aire indigène de Medicago sativa de la région méditerranéenne jusqu’à l’Asie centrale et l’Iran. L’espèce a ensuite été introduite dans une très grande partie du monde, notamment en Europe, en Asie, dans les Amériques, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Elle est également introduite en Suisse.

La sous-espèce cultivée M. sativa subsp. sativa semble avoir une origine plus orientale, du Caucase à l’Asie centrale et à l’Iran.

La Luzerne est aujourd’hui cultivée à très grande échelle comme :

fourrage ;
foin ;
ensilage ;
culture protéique ;
engrais vert.

Habitat

La Luzerne est essentiellement une plante de climat tempéré.

Elle préfère :

sols profonds ;
sols bien drainés ;
sols calcaires à neutres ;
bonne exposition solaire ;
terrains relativement secs une fois la plante établie.

Elle supporte mal :

engorgement permanent du sol ;
sols très acides ;
manque durable d’aération des racines.

Grâce à son enracinement profond, elle possède une bonne résistance aux périodes de sécheresse.

Elle pousse dans :

prairies cultivées ;
pâturages ;
bords de chemins ;
friches ;
champs ;
talus.

Principes actifs

Les constituants actifs sont les acides (laurique, maléique, malique, malonique, myristique, oxalique, palmitique, quinique), les alcaloïdes (stachydrine, homostachydrine), les acides aminés (arginine, asparginine, cystine, histidine, isoleucine, leucine) , méthionine, tryptophane, valine), l'acide aminé non protéique canavanine, les coumarines (medicagol), les isoflavonoïdes (coumestrol, biochanine A, génistéine), les saponines, les stéroïdes.

Usages traditionnels

La Luzerne possède une histoire très ancienne comme plante alimentaire, fourragère et médicinale. Une revue ethnopharmacologique rapporte des usages traditionnels en Chine, en Inde, en Turquie, en Irak et dans les Amériques.

Fortifiant et reminéralisant

Les parties aériennes ont traditionnellement été utilisées comme :

fortifiant ;
nutritif ;
reminéralisant ;
soutien en période de fatigue ou de convalescence.

Cette réputation provient notamment de sa richesse nutritionnelle.

Troubles digestifs

La Luzerne a été traditionnellement employée pour :

manque d’appétit ;
digestion difficile ;
dyspepsie ;
inconfort gastrique.
Troubles urinaires

Elle a également été utilisée comme plante légèrement :

diurétique ;
drainante.
Cholestérol

Les graines et leurs saponines ont longtemps attiré l’attention pour leurs effets potentiels sur :

cholestérol total ;
LDL-cholestérol.

Un petit essai ancien chez des patients atteints d’hyperlipoprotéinémie de type II a effectivement observé une baisse du cholestérol total et du LDL pendant la consommation de graines de Luzerne, mais l’étude était de petite taille et ne suffit pas à établir un traitement standard.

Troubles de la ménopause

La Luzerne contient des phytoestrogènes, notamment du coumestrol, et a été traditionnellement proposée pour :

bouffées de chaleur ;
inconfort de la ménopause.

Usages culinaires

Graines germées

Les graines germées de Luzerne, souvent vendues sous le nom d’alfalfa, sont consommées :

en salade ;
dans les sandwiches ;
dans les wraps ;
comme garniture ;
avec des crudités.

Jeunes pousses

Les jeunes pousses tendres peuvent également être utilisées en petites quantités dans :

salades ;
mélanges de jeunes feuilles.
Feuilles séchées

La feuille séchée est parfois incorporée à :

poudres végétales ;
mélanges « verts » ;
compléments alimentaires.
Attention aux graines germées crues

La germination s'effectue dans un environnement chaud et humide, qui est également favorable à la multiplication de bactéries pathogènes.

Posologie

Il faut distinguer alimentation et extraits concentrés.

Germes alimentaires

Une portion culinaire peut correspondre à environ :

20 à 50 g de germes frais dans une salade ou un repas.

Il s’agit d'une quantité alimentaire et non thérapeutique.

Parties aériennes séchées

Dans la phytothérapie traditionnelle, on rencontre des préparations de feuilles ou parties aériennes séchées, mais les posologies varient fortement selon les produits.

En l’absence de préparation standardisée, il est préférable de suivre :

le dosage du fabricant ;
ou une monographie spécifique du produit.
Infusion

Une infusion légère de parties aériennes peut être rencontrée dans la tradition, mais aucune dose thérapeutique clinique universelle ne peut être retenue comme référence officielle.

Précautions

Cette plante peut-être abortive déconseillée aux femmes enceinte

Contre-indications

Cette section est particulièrement importante pour la Luzerne.

Lupus et maladies auto-immunes

Les graines et germes contiennent de la L-canavanine, un acide aminé non protéique.

Des observations anciennes chez l’être humain et des expériences animales ont associé la consommation importante de Luzerne ou de L-canavanine à :

apparition de manifestations de type lupus ;
aggravation d’un lupus préexistant ;
anomalies immunologiques.

Par prudence, les compléments, graines et germes en quantités médicinales sont à éviter en cas de :

lupus érythémateux systémique ;
maladie auto-immune active.

Cela ne signifie pas qu’une consommation occasionnelle de petites quantités provoque automatiquement un lupus, mais le signal toxicologique est suffisamment documenté pour justifier cette précaution.

Anticoagulants antivitamine K

Les feuilles vertes contiennent de la vitamine K.

Une variation importante de l’apport en vitamine K peut modifier l'effet de la warfarine. Les personnes sous warfarine doivent surtout maintenir un apport alimentaire en vitamine K relativement constant et discuter de tout changement important avec leur médecin.

Effets hormonaux

La Luzerne contient plusieurs phytoestrogènes, notamment :

coumestrol ;
certains isoflavonoïdes.

Le coumestrol peut interagir avec les récepteurs aux œstrogènes dans les modèles expérimentaux.

Une prudence raisonnable est donc indiquée avec les extraits très concentrés en cas d'antécédent de pathologie hormonodépendante, faute de données cliniques suffisantes.

Grossesse et allaitement

L’usage alimentaire occasionnel est différent d’une cure d’extrait concentré.

Par prudence, éviter les compléments fortement concentrés et doses médicinales pendant la grossesse et l’allaitement en l’absence de données solides.

Germes crus

Éviter les pousses crues ou insuffisamment cuites chez les personnes particulièrement vulnérables aux infections alimentaires, notamment :

jeunes enfants ;
personnes âgées ;
personnes immunodéprimées ;
femmes enceintes.

Les germes constituent un aliment particulièrement favorable à la contamination bactérienne.

Interactions

Warfarine et antivitamines K

C'est l'interaction pratique la plus importante.

Une consommation fortement variable d'aliments riches en vitamine K peut modifier l'anticoagulation sous warfarine. L'objectif est généralement la constance de l'apport, plutôt que la suppression absolue de tous les légumes riches en vitamine K.

Immunosuppresseurs

Compte tenu du signal concernant la L-canavanine et l'activation auto-immune, la prise de compléments de Luzerne est peu appropriée sans avis médical chez les personnes traitées pour une maladie auto-immune.

Traitements hormonaux

Pour les extraits riches en phytoestrogènes, une interaction avec :

œstrogènes ;
traitements hormonaux ;
modulateurs sélectifs des récepteurs œstrogéniques

est théoriquement possible, mais elle n'est pas suffisamment caractérisée cliniquement.

Antidiabétiques

Des effets hypoglycémiants sont rapportés dans la littérature pharmacologique, mais les preuves cliniques sont limitées. Une surveillance peut être raisonnable lors de l'emploi de compléments concentrés chez une personne sous antidiabétiques.

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