Photographie de Maceron
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Apiaceae

Maceron

Smyrnium olusatrum

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Aussi appelée : Persil de cheval Maceron cultivé Maceron potager Persil de Macédoine

Description botanique

Smyrnium olusatrum est une grande plante herbacée bisannuelle, parfois décrite comme vivace de courte durée, fortement aromatique.

Port

La plante développe d’abord une rosette de feuilles, puis, lors de la deuxième année, une tige florale robuste pouvant généralement atteindre 80 cm à 1,5 m, parfois davantage dans des conditions favorables.

Tige

La tige est :

dressée ;
épaisse ;
creuse ;
ramifiée ;
glabre ;
souvent côtelée ;
parfois teintée de vert sombre à pourpre.
Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
larges ;
brillantes ;
vert foncé ;
divisées en folioles assez larges ;
dentées ou crénelées.

Les feuilles inférieures sont nettement plus divisées, tandis que les feuilles supérieures deviennent plus simples.

Fleurs

Comme chez de nombreuses Apiaceae, les fleurs sont groupées en ombelles composées.

Elles sont :

petites ;
jaune verdâtre ;
réunies en ombelles compactes ;
généralement visibles au printemps.

Le genre Smyrnium est caractérisé par des fleurs jaunes et des fruits divisés en deux méricarpes.

Fruits

Les fruits deviennent :

arrondis à ovoïdes ;
fortement aromatiques ;
brun foncé à presque noirs à maturité.

Ils ont historiquement été employés comme condiment.

Racine

La racine est :

charnue ;
aromatique ;
assez grosse chez les jeunes plantes ;
historiquement consommée comme légume-racine.

Répartition

L’aire naturelle actuelle s’étend de la Macaronésie et du bassin méditerranéen jusqu’au Tchad.

L’espèce est indigène notamment en :

Portugal ;
Espagne ;
France ;
Corse ;
Italie ;
Sardaigne ;
Sicile ;
Grèce ;
Crète ;
Chypre ;
Turquie ;
Balkans ;
Maroc ;
Algérie ;
Tunisie ;
Libye ;
Liban et Syrie ;
Palestine ;
Açores ;
Madère ;
îles Canaries ;
Tchad.

Elle a été introduite notamment en :

Grande-Bretagne ;
Irlande ;
Allemagne ;
Pays-Bas ;
Bermudes ;
Nouvelle-Zélande.

Sa présence historique en Grande-Bretagne et en Irlande est étroitement liée à son ancienne culture comme légume potager.

Habitat

Le Maceron affectionne particulièrement :

littoraux ;
talus ;
haies ;
bords de chemins ;
terrains rudéraux ;
vieux jardins ;
ruines ;
sols riches en nutriments ;
zones légèrement ombragées ou ensoleillées.

Il supporte particulièrement bien les climats :

méditerranéens ;
océaniques doux ;
tempérés.

Il est souvent abondant près des anciennes habitations, monastères ou sites historiques où il a vraisemblablement été autrefois cultivé.

Principes actifs

Huiles essentielles, Flavonoïdes, Vitamine C, Fibres.

Usages traditionnels

Le Maceron possède une longue histoire à la fois alimentaire et médicinale, remontant à l’Antiquité gréco-romaine.

Diurétique

Les graines et la racine ont historiquement été utilisées pour stimuler les urines et accompagner :

mictions difficiles ;
certains troubles urinaires ;
rétention hydrique légère.

Des textes anciens attribués à la tradition de Dioscoride mentionnent cet effet diurétique.

Digestif et carminatif

Les fruits ont été utilisés traditionnellement comme :

stomachiques ;
digestifs ;
carminatifs.

Ils étaient notamment employés contre :

ballonnements ;
gaz intestinaux ;
digestion lente ;
inconfort gastrique.
Stimulant de l'appétit

Le jus ou les préparations de racine étaient historiquement considérés comme stimulants de l'appétit.

Laxatif léger

La racine et les tiges ont également acquis une réputation de laxatif ou purgatif doux dans les usages européens anciens.

Antiscorbutique

La plante fraîche fut traditionnellement consommée pour prévenir ou accompagner le scorbut, notamment parmi certaines populations maritimes britanniques.

Cet usage est cohérent avec la présence de vitamine C, mais appartient principalement à l'histoire de l'alimentation et de la médecine traditionnelle.

Rhumes

Une revue scientifique de 2024 mentionne également des usages traditionnels contre les rhumes.

Hémorragies

Des utilisations historiques contre certaines hémorragies sont également rapportées, mais elles sont beaucoup moins documentées et ne doivent pas être transformées en indication thérapeutique moderne.

Usages culinaires

Le Maceron est avant tout une ancienne plante potagère comestible.

Il fut largement cultivé en Europe avant d'être progressivement remplacé par le céleri, Apium graveolens.

Jeunes pousses

Les jeunes pousses peuvent être :

cuites ;
blanchies ;
servies comme légume ;
incorporées aux soupes.
Tiges

Les jeunes tiges peuvent être préparées comme des asperges :

bouillies ;
vapeur ;
sautées.

Une publication scientifique consacrée au Maceron confirme cet usage historique des tiges tendres comme légume.

Feuilles

Les jeunes feuilles peuvent être utilisées :

comme herbe aromatique ;
dans les soupes ;
dans les sauces ;
cuites comme légume.

Leur goût rappelle le céleri ou le persil, mais il est généralement plus fort et plus amer. Kew confirme l'ancien usage de la plante comme « pot-herb ».

Boutons floraux

Les boutons floraux peuvent être :

cuits à la vapeur ;
frits ;
ajoutés aux salades lorsqu'ils sont très jeunes.

Ils ont parfois été comparés à de petits brocolis aromatiques.

Racines

Les jeunes racines ont historiquement été consommées :

crues ;
bouillies ;
cuites comme panais.

Fruits

Les fruits mûrs séchés sont très aromatiques et peuvent servir de condiment.

Ils ont été employés pour parfumer :

viandes ;
soupes ;
sauces ;
salades.

Ils peuvent également servir de substitut au poivre.

Portion culinaire

Il n'existe pas de portion réglementaire particulière. Pour les jeunes pousses et tiges, une quantité d'environ 50 à 100 g cuits par personne correspond simplement à une portion alimentaire pratique, et non à une posologie médicinale

Posologie

Feuilles — infusion

Un usage ethnobotanique moderne est documenté dans le Rif marocain :

feuilles ;
préparées en infusion ;
administrées traditionnellement comme remède végétal.

L'enquête confirme clairement la feuille et l'infusion comme mode de préparation, mais ne donne pas le poids des feuilles par tasse ni le volume quotidien.

Racine — décoction traditionnelle

En Turquie, les enquêtes ethnobotaniques documentent :

racine de Smyrnium olusatrum ;
préparée en décoction ;
utilisée dans la médecine populaire, notamment dans un contexte gynécologique lié à l'avortement.

La source ne fournit pas de quantité. Cet usage doit surtout être conservé comme donnée ethnomédicinale historique et implique d'éviter les préparations médicinales concentrées de racine pendant la grossesse.

Suc de racine

Historiquement, le suc de racine était considéré comme :

diurétique ;
légèrement laxatif ;
stimulant de l'appétit ;
aromatique.

Les fruits étaient utilisés comme stomachiques et antiasthmatiques, tandis que les feuilles avaient une réputation d'antiscorbutiques.

Aucune quantité moderne standardisée de suc de racine n'est établie.

Fruits/graines — digestion

Les fruits aromatiques ont une longue tradition d'emploi comme stomachiques, c'est-à-dire destinés à favoriser la digestion.

C'est cohérent avec la réputation générale du maceron comme plante digestive et cholagogue dans la phytothérapie populaire méditerranéenne.

Contre-indications

Le Maceron est une plante alimentaire historique, mais plusieurs précautions sont importantes.

Risque majeur : confusion botanique

C'est la précaution la plus importante.

Smyrnium olusatrum appartient aux Apiaceae, famille qui comprend aussi plusieurs espèces extrêmement toxiques, notamment :

Conium maculatum — grande ciguë ;
Cicuta virosa — ciguë aquatique ;
Oenanthe crocata — œnanthe safranée.

La récolte sauvage ne doit donc être effectuée que lorsque l'identification est absolument certaine.

Allergie aux Apiaceae

Prudence chez les personnes allergiques à :

céleri ;
carotte ;
persil ;
fenouil ;
coriandre ;
autres Apiaceae.
Huiles essentielles

La composition des huiles essentielles varie fortement selon :

partie de la plante ;
maturité ;
origine géographique.

Elles peuvent contenir d'importantes quantités de monoterpènes et de furanosesquiterpènes.

L'huile essentielle ne doit pas être assimilée à la consommation alimentaire de la plante et ne devrait pas être prise par voie orale en automédication.

Grossesse

Les textes médicinaux anciens attribuaient aux graines une action sur les menstruations.

Par prudence, les préparations médicinales concentrées de graines ou racines sont donc déconseillées pendant la grossesse, même si les données modernes sont insuffisantes pour quantifier ce risque.

Allaitement et enfants

Éviter les extraits concentrés faute de données suffisantes.

L'utilisation culinaire normale d'une plante correctement identifiée relève d'une situation différente.

Interactions

Les précautions suivantes sont principalement théoriques.

Diurétiques

En raison de son ancien usage diurétique, prudence avec :

furosémide ;
thiazidiques ;
autres médicaments diurétiques.

Une addition des effets est théoriquement possible avec des préparations médicinales concentrées.

Autres plantes diurétiques

Même prudence avec de fortes associations de :

pissenlit ;
orthosiphon ;
piloselle ;
prêle ;
verge d'or.
Médicaments digestifs ou laxatifs

Les anciens usages laxatifs ne sont pas suffisamment quantifiés pour établir une interaction réelle, mais une forte préparation pourrait théoriquement accentuer les effets digestifs d'autres laxatifs.

Anticoagulants

Il n'existe pas de preuve clinique suffisante permettant d'affirmer une interaction avec les anticoagulants. L'ancien usage contre les hémorragies ne suffit pas pour déduire une interaction pharmacologique.

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