Photographie de Mangrove Laiteuse
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Euphorbiaceae

Mangrove Laiteuse

Excoecaria agallocha

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Aussi appelée : Milky mangrove

Description botanique

Excoecaria agallocha est un arbuste ou petit arbre de mangrove, pouvant atteindre environ 10 à 15 m de hauteur.

Tronc et rameaux

L’écorce est grisâtre à brunâtre. Lorsqu’elle est blessée, elle libère un latex blanc laiteux et toxique, caractéristique de nombreuses Euphorbiaceae.

Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
simples ;
elliptiques à ovales ;
généralement longues de quelques centimètres ;
à sommet souvent acuminé.

Elles peuvent prendre des teintes rougeâtres avant leur chute.

Racines

La plante vit dans des sols très humides et anoxiques. Contrairement à plusieurs mangroves classiques, elle ne forme pas toujours de grands pneumatophores dressés ; certains systèmes racinaires sont plutôt décrits comme formant des structures coudées ou en arceaux.

Fleurs

L’espèce porte de petites fleurs verdâtres à jaunâtres, peu voyantes, disposées en inflorescences.

Fruits

Le fruit est une petite capsule généralement trilobée, typique de nombreuses Euphorbiaceae.

Répartition

très vaste zone allant de l’Asie tropicale au Pacifique occidental.

Elle est notamment indigène en :

Inde ;
Bangladesh ;
Sri Lanka ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Vietnam ;
Malaisie ;
Indonésie ;
Bornéo ;
Sumatra ;
Java ;
Sulawesi ;
Philippines ;
Taiwan ;
sud-est de la Chine ;
Nouvelle-Guinée ;
nord de l’Australie ;
Nouvelle-Calédonie ;
Fidji ;
Samoa ;
Tonga ;
Vanuatu ;
îles Salomon et plusieurs autres archipels du Pacifique.

Habitat

Cette espèce est caractéristique des mangroves tropicales humides.

On la rencontre principalement :

dans les mangroves ;
en arrière-mangrove ;
dans les estuaires ;
sur les berges vaseuses ;
dans les marais saumâtres ;
dans les zones périodiquement submergées par les marées.

Elle tolère :

forte humidité ;
salinité ;
sols pauvres en oxygène ;
immersion périodique ;
fortes températures tropicales.

Elle joue également un rôle écologique important dans la stabilisation des zones côtières.

Principes actifs

Le criblage préliminaire de divers extraits (racines, tige et feuille) a donné des alcaloïdes, des glycosides, des flavonoïdes, des glucides, de l'anthraquinone, des tanins, du phénol, des terpénoïdes, des huiles fixes et des graisses.

Médecine Rurale:

Le latex est utilisé comme caustique pour éliminer les ulcères obstinés.
Le latex est frotté autour de la pointe du pénis et laissé pendant trois jours. Bien que cela provoque une irritation, on pense que sa fait agrandir le pénis ?
Le jus est émétique et purgatif. De très petites quantités sont prises par voie orale avec du jus de noix de coco pour traiter la pneumonie ou l'asthme. Il peut également être utilisé pour éliminer le corps comme antidote empoisonné
La résine est utilisée comme anthelminthique, pour son effet purgatif.
L'huile extraite par distillation du bois ou du latex est appliquée aux maladies cutanées.
Mâcher un petit morceau d'écorce provoquera des vomissements et une purge instantanés.
La racine est utilisée comme abortif.
Appliquée en externe, la racine est pilée avec du gingembre et utilisée pour réduire les gonflements des mains et des pieds.

Certaines parties du bois sont utilisées pour faire de l'encens.

Usages traditionnels

Excoecaria agallocha possède une histoire médicinale riche, mais paradoxale : la même plante qui est utilisée traditionnellement comme remède est également connue comme plante toxique.

Une revue ethnopharmacologique récente publiée en 2026 recense des usages traditionnels contre l’épilepsie, les ulcères, les douleurs dentaires, les plaies, la lèpre, la paralysie, les dermatites et diverses autres affections.

Rhumatismes

L’huile obtenue à partir de l’écorce ou du bois a été utilisée traditionnellement contre :

rhumatismes ;
douleurs articulaires ;
paralysie.
Affections cutanées

Diverses préparations traditionnelles sont rapportées pour :

dermatites ;
démangeaisons ;
infections cutanées ;
plaies ;
lèpre, historiquement.
Douleurs dentaires

Les racines et parfois le latex ont été utilisés traditionnellement contre les maux de dents.

Épilepsie

Les feuilles ont été utilisées dans certaines traditions, notamment en Birmanie/Myanmar, contre l’épilepsie.

Gonflements

Au Sri Lanka, les racines pilées avec du gingembre ont été employées contre les gonflements des mains et des pieds.

Ulcères

La plante possède aussi une réputation traditionnelle contre certains ulcères, mais les preuves modernes restent limitées.

Usage purgatif et émétique

Dans certaines traditions des îles Salomon, le latex mélangé à du lait de coco servait comme puissant purgatif et émétique.

Cette pratique est dangereuse et ne doit pas être reproduite.

Usage abortif

Le latex a également été utilisé historiquement comme abortif ou utérotonique.

Cela constitue une contre-indication très importante à l’usage interne pendant la grossesse.

Usages culinaires

Excoecaria agallocha n’est pas une plante alimentaire.

En raison notamment de son latex fortement irritant et toxique

Posologie

Feuilles — décoction traditionnelle

PROSEA rapporte une utilisation traditionnelle très claire :

feuilles → décoction → administration orale contre l'épilepsie.

La même décoction est également utilisée extérieurement sur les ulcères.

En revanche, la source ne fournit ni poids de feuilles, ni volume de décoction, ni fréquence quotidienne.

L'épilepsie étant une affection nécessitant un traitement médical, il s'agit bien entendu d'un usage ethnomédicinal historique, pas d'une alternative aux antiépileptiques.

Écorce — purgatif et émétique

L'écorce possède une action traditionnelle beaucoup plus énergique. Aux Philippines, PROSEA rapporte que :

un petit morceau d'écorce mâché provoque rapidement vomissements et purgation.

La source précise d'ailleurs que cette méthode était considérée comme trop drastique pour traiter simplement la constipation.

Il s'agit donc d'une véritable information de dose traditionnelle — « un petit morceau » — mais sans dimensions ou poids permettant une conversion en grammes.

Racines — gonflements et rhumatismes

Les racines pilées avec du gingembre sont traditionnellement préparées en embrocation afin de réduire certains gonflements des mains et des pieds.

Jus — asthme et pneumonie

Une donnée ethnomédicinale intéressante provient de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Dans la Province centrale :

de très petites quantités de jus sont prises par voie orale avec du jus de noix de coco, traditionnellement contre la pneumonie ou l'asthme.

La formulation « très petites quantités » est importante : la source ne donne pas de volume en millilitres

Le même jus pouvait traditionnellement être employé comme purgatif ou vomitif, notamment dans certaines pratiques contre les empoisonnements.

Bois — eczéma, gale et lésions cutanées

Le bois résineux et aromatique peut fournir une huile traditionnellement appliquée sur la peau contre :

eczéma ;
gale ;
lésions ou plaies cutanées.

PROSEA confirme cet usage médicinal externe de l'huile issue du bois résineux.

Usage externe traditionnel : huile de bois → application locale en petite quantité.

Latex — cas particulier

Le latex a lui aussi été utilisé traditionnellement sur certains ulcères persistants, comme caustique. Mais c'est précisément la partie avec laquelle il faut être le plus prudent.

Le latex de E. agallocha est fortement irritant et caustique. Un contact avec les yeux peut provoquer une inflammation sévère et une cécité temporaire, origine du nom anglais blind-your-eye mangrove.

Précautions

Le jus laiteux est caustique et toxique; provoquant une cécité temporaire de l'œil et des cloques sur la peau.
La racine est abortif, fortement déconseillée aux femmes enceintes.

Contre-indications

Latex extrêmement irritant

Le latex peut provoquer :

rougeur intense ;
brûlures ;
cloques ;
dermatite ;
douleurs sévères.

Une publication clinique rapporte une grave atteinte cutanée et oculaire après exposition au latex.

Contact avec les yeux

Le latex peut provoquer :

douleur intense ;
larmoiement ;
inflammation ;
lésions cornéennes ;
diminution temporaire importante de la vision.

C’est la raison du nom anglais Blind-your-eye mangrove.

En cas de contact oculaire : rinçage immédiat et abondant à l’eau pendant au moins plusieurs minutes et évaluation médicale urgente.

Peau

Le latex peut provoquer des cloques et brûlures chimiques.

Lors de la manipulation :

porter des gants ;
éviter de se toucher le visage ;
utiliser une protection oculaire si l’on coupe branches ou écorce ;
laver immédiatement la peau contaminée.
Grossesse

Contre-indication forte pour les préparations médicinales internes.

Le latex a historiquement été employé comme abortif et utérotonique.

Allaitement

Éviter les préparations médicinales.

Enfants

Éviter tout usage médicinal interne.

Plaies

Le latex ne doit jamais être appliqué sur une plaie ouverte malgré certains usages historiques.

Interactions

Antidiabétiques

Une activité antidiabétique a été rapportée expérimentalement pour certains extraits.

Prudence théorique avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres plantes hypoglycémiantes.
Sédatifs et anticonvulsivants

La revue de 2026 signale des activités expérimentales sédatives et anticonvulsivantes.

Une interaction pharmacodynamique avec :

benzodiazépines ;
somnifères ;
anticonvulsivants ;
plantes très sédatives

reste donc théoriquement possible.

Plantes irritantes

Éviter de combiner en usage externe le latex ou des extraits concentrés avec d’autres substances fortement irritantes.

Conclusion

Ces interactions restent essentiellement théoriques, car il manque des études cliniques humaines spécifiques.

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