Photographie de Manguier
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Manguier

Mangifera indica

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Aussi appelée : Manguier commun

Description botanique

Mangifera indica est un grand arbre fruitier tropical persistant, pouvant vivre plusieurs décennies, voire beaucoup plus lorsqu’il est cultivé dans de bonnes conditions.

Il atteint couramment 10 à 20 m, mais certains sujets âgés dépassent largement cette hauteur.

Tronc et couronne

Le tronc est robuste, à écorce gris-brun, plus ou moins fissurée avec l’âge.

La couronne devient :

large ;
arrondie ;
dense ;
très ramifiée.

Feuilles

Les feuilles sont :

simples ;
alternes ;
coriaces ;
oblongues à lancéolées ;
généralement longues de 10 à 30 cm.

Les jeunes feuilles sont souvent :

rougeâtres ;
cuivrées ;
bronze ;
puis progressivement vert foncé.
Fleurs

Les fleurs sont petites et regroupées en grandes panicules terminales.

Elles sont généralement :

blanchâtres ;
crème ;
verdâtres à jaunâtres ;
parfois légèrement rosées.
Fruit

La mangue est une drupe charnue extrêmement variable selon les cultivars :

ronde ;
ovoïde ;
oblongue ;
petite ou très volumineuse ;
verte, jaune, orange ou rouge.

La pulpe mûre est jaune à orange, sucrée et aromatique.

Elle entoure un noyau ligneux contenant la graine.

Répartition

La répartition actuelle du manguier est presque pantropicale

Son aire naturelle s’étend principalement de :

l’Assam ;
l’Himalaya oriental ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
jusqu’au sud du Yunnan en Chine.

Il a ensuite été introduit et cultivé dans une grande partie :

de l’Inde ;
du Sri Lanka ;
du Bangladesh ;
de l’Asie du Sud-Est ;
des Philippines ;
de l’Afrique tropicale ;
des Caraïbes ;
d’Amérique centrale et du Sud ;
d’Australie ;
des îles du Pacifique.

Habitat

Le manguier pousse naturellement et en culture dans les régions :

tropicales ;
subtropicales chaudes ;
à saison sèche plus ou moins marquée.

Il préfère :

climat chaud ;
exposition ensoleillée ;
sol profond ;
bon drainage ;
saison relativement sèche favorisant la floraison.

Il tolère différents types de sols mais supporte mal :

l’engorgement permanent ;
les gelées ;
les sols continuellement froids.

Principes actifs

Le criblage phytochimique des feuilles a révélé la présence de saponines, de stéroïdes, de tanins, de flavonoïdes, de sucres réducteurs, de glycosides cardiaques et d'anthraquinone.

La graine contient une huile fixe, de l'oléostéarine, de l'amidon, de l'acide gallique et du tanin.

Les fruits contiennent des acides citrique, tartrique et mallique.

L'exsudat de l'écorce donne une résine, de la gomme, de la cendre et du tanin.

Bonne source de fer (déficient en calcium) ; excellente source de vitamines A, B et C.

Utilisations Culinaire:

Le fruit fait une délicieuse glace, tranché et servi avec de la crème et du sucre, le goût ressemble légèrement à celui des pêches.

Les mangues sont mises en conserve avec du sirop, séchées et confites, confiturées.

Les mangues non mûres sont marinées dans de la saumure.

Les jeunes feuilles fraîches sont utilisées dans les plats indigènes, aussi, préparé comme thé.

Médecine Rurale:

Aux Philippines, la décoction de racine est considérée comme diurétique.

Au Cambodge, utilisé dans les lotions chaudes contre les rhumatismes et les leucorrhées.

En Inde et au Cambodge, une solution de la gomme de l'écorce est avalée pour la dysenterie.
La résine est utilisée pour la stomatite aphteuse.

Une infusion, est utilisé dans les ménorragies, les leucorrhées, les saignements hémorroïdaires et les hémorragies pulmonaires, le catarrhe nasal.

La résine de gomme de l'écorce et du fruit est utilisée comme sudorifique ; aussi comme antisyphilitique.

L'écorce de racine est un aromatique amer, est utilisée contre la diarrhée et la leucorrhée.

Une décoction de feuilles avec un peu de miel est utilisée pour la perte de voix et la toux.

La résine d'écorce, mélangée à de l'huile de coco, est utilisée contre la gale et autres maladies parasitaires de la peau.

Le Jus de feuilles utilisé pour la dysenterie.

Une tisane de feuilles avec un peu de miel est utilisée pour l'enrouement et l'aphonie, ( 4 verres par jour.)

Les Feuilles séchées en poudre, 1 cuillère à soupe dans une tasse d'eau tiède, 4 fois par jour, utilisées pour le diabète.

Aussi, en décoction de 10-15 feuilles de mangue fraîches utilisées dans le même but.

Les cendres de feuilles brûlées sont utilisées pour les échaudures et les brûlures.

Une Infusion de jeunes feuilles est utilisée dans l'asthme et la toux.

Une tisane de fleurs séchées en poudre, 4 fois par jour pour la diarrhée, l'urétrite.

Le Jus de peau de mangues non mûres est utilisé pour les maladies de la peau.

La graine est considérée comme astringente, vermifuge ; elle est administrée en cas de diarrhée persistante et pour les hémorragies.

Pour l'asthme, les hémorragies, la dysenterie chronique, l'hématémèse, la ménorragie, la leucorrhée et les vers ronds, on donne des graines en poudre, avec ou sans miel.

En médecine traditionnelle indienne la graines est utilisées pour les vomissements, la dysenterie, la diarrhée.

Une pâte est faite de graines, de miel et de camphre et est appliquée sur le vagin pour rendre le vagin contracté et ferme.

Ses feuilles sont connues, pour leurs propriétés antiseptiques.

On en fait du thé de feuille infusion ou décoction en ethnomédecine asiatique et africaine, pour le traitement de la fièvre, de la diarrhée, des évanouissements, des anomalies des ganglions lymphatiques et du diabète.

Autres:

Une coloration jaune est produite à partir des feuilles.

Usages traditionnels

Le manguier possède une longue histoire médicinale en :

Ayurveda ;
médecine populaire indienne ;
médecine traditionnelle d’Asie du Sud ;
Afrique ;
Amérique tropicale.

Presque toutes les parties ont été utilisées :

feuilles ;
écorce ;
fleurs ;
fruits ;
noyaux et graines ;
racines.

Une importante revue ethnopharmacologique recense des usages contre de nombreux troubles digestifs, inflammatoires, infectieux et métaboliques.

Diarrhée et dysenterie

L’écorce et parfois les graines sont traditionnellement utilisées comme astringents dans :

diarrhée ;
dysenterie ;
troubles intestinaux.
Diabète

Les feuilles sont très populaires dans plusieurs traditions pour accompagner :

hyperglycémie ;
diabète.

Cet usage a suscité de nombreuses recherches pharmacologiques, mais il ne faut pas le présenter comme un substitut à un traitement antidiabétique.

Inflammation

Les feuilles, l’écorce et certains extraits sont employés traditionnellement contre :

douleurs ;
inflammations ;
troubles rhumatismaux.
Troubles respiratoires

Certaines traditions utilisent feuilles, écorce ou fleurs pour :

toux ;
bronchites ;
irritations respiratoires.
Troubles digestifs

Diverses préparations ont été utilisées contre :

indigestion ;
diarrhée ;
dysenterie ;
troubles gastriques.
Plaies et affections cutanées

Des préparations d’écorce ou de feuilles ont été utilisées traditionnellement sur :

plaies ;
inflammations cutanées ;
certaines infections superficielles.

Usages culinaires

Le manguier est avant tout l’un des grands arbres fruitiers alimentaires mondiaux.

Mangue mûre

La pulpe se consomme :

fraîche ;
en jus ;
en smoothie ;
en purée ;
en dessert ;
en confiture ;
en sorbet ;
séchée ;
en chutney.
Mangue verte

Les fruits immatures sont utilisés :

en salades ;
pickles ;
chutneys ;
sauces ;
condiments.

Ils sont particulièrement populaires en Asie du Sud et du Sud-Est.

Philippines

La mangue verte est couramment consommée avec des condiments salés ou fermentés, tandis que les mangues mûres sont particulièrement importantes dans la cuisine et les desserts philippins.

Graine

L’amande du noyau possède aussi des usages alimentaires locaux après transformation dans certaines régions, mais elle n’est pas consommée couramment comme la pulpe.

Posologie

Feuilles ou écorce — diarrhée : dose traditionnelle précise

Une source ethnopharmacologique camerounaise donne une préparation particulièrement exploitable :

30 g de feuilles ou d’écorce dans 1 litre d’eau, en décoction ou macération, administrée par voie orale traditionnellement contre la diarrhée.

C’est donc une véritable quantité ethnomédicinale

Feuilles + fleurs — asthme et angine

Toujours au Cameroun, une préparation quantitative est rapportée :

10 g de feuilles + 5 g de fleurs, en infusion dans environ 1 litre d’eau pendant 10 minutes, puis filtrer.

Posologie traditionnelle : 3 tasses par jour. Cette préparation est rapportée contre l’asthme et l’angine.

Ces indications restent ethnomédicinales ; une crise d’asthme ne doit pas être traitée uniquement avec cette infusion.

Jeunes feuilles — toux et bronchite

Une autre tradition africaine utilise :

1 poignée de jeunes feuilles dans 1 litre d’eau, en infusion pendant 20 minutes, puis filtrée et consommée au cours de la journée contre la toux et la bronchite.

Jeunes feuilles — autre décoction traditionnelle

Une préparation proche utilise :

1 poignée de jeunes feuilles fraîches ou sèches + 1 litre d’eau, en décoction pendant 20 minutes, puis filtration ; la préparation est consommée au cours d’une journée.

Écorce ou jeunes feuilles — dysenterie amibienne

Une autre recette traditionnelle indique :

1 poignée d’écorce de tige ou de jeunes feuilles dans 1 litre d’eau, en décoction pendant 20 minutes, filtrée puis consommée au cours de la journée. Elle est notamment rapportée dans le traitement traditionnel de la dysenterie amibienne.

Aujourd’hui, une dysenterie avec sang, fièvre ou déshydratation nécessite bien sûr un diagnostic médical.

Noyaux — coliques menstruelles

À La Réunion, une préparation ethnobotanique très précise est documentée :

2 noyaux de mangue dans ½ litre d’eau, préparés en décoction.

2 à 3 prises par jour, traditionnellement contre les coliques menstruelles.

Noyaux grillés — autre préparation

Une tradition africaine utilise les noyaux grillés puis pilés en poudre, la poudre étant ensuite préparée en décoction dans :

500 ml d’eau,
répartis en 2 prises dans la journée.

Écorce — bain de bouche

Une préparation externe particulièrement précise est également documentée :

1 poignée d’écorce + 500 ml d’eau → décoction pendant 20 minutes → filtrer → utiliser en bain de bouche.

Extrait standardisé de feuilles — études humaines

Les feuilles ont également fait l’objet d’essais cliniques avec un extrait standardisé riche en mangiférine. Plusieurs études chez des adultes en bonne santé ont administré une dose unique de :

300 mg d’extrait de feuilles, standardisé à ≥60 % de mangiférine.

Extrait soluble de feuilles

Des travaux plus récents ont également testé des doses uniques de :

100 mg ou 150 mg d’un extrait soluble de feuilles standardisé à 60 % de mangiférine.

Fruit

La pulpe de mangue mûre est évidemment un aliment. Elle ne relève pas des doses médicinales utilisées pour les feuilles ou l’écorce.

Précautions

Les urushiols (L’urushiol est le nom d'un groupe de substances biochimiques étroitement apparentées, classées parmi  es phytotoxines car pouvant être extrêmement allergènes quand elles sont mises en contact avec la peau humaine présents dans la peau du fruit peuvent provoquer une dermatite de contact chez les personnes sensibilisées.

Contre-indications

Allergie de contact

C’est la principale précaution particulière au manguier.

La sève, la peau du fruit, les feuilles et les rameaux peuvent provoquer une dermatite allergique de contact chez certaines personnes. Des cas humains sont bien documentés.

Les substances sensibilisantes sont surtout des dérivés alkylrésorcinoliques et apparentés, particulièrement concentrés autour de la peau et de la sève.

Relation avec le sumac vénéneux

Les personnes déjà sensibilisées au :

poison ivy ;
poison oak ;
autres Toxicodendron

peuvent présenter une réaction croisée au contact du manguier ou de la peau de la mangue.

Pulpe

La pulpe pelée est généralement beaucoup mieux tolérée que la peau, mais une véritable allergie alimentaire reste possible.

Manipulation de l’arbre

Lors de la taille ou de la récolte :

éviter le contact avec la sève ;
utiliser des gants si l’on est sensible ;
éviter de toucher le visage et les yeux.
Grossesse et allaitement

La mangue consommée comme aliment est différente des extraits médicinaux concentrés.

Par manque de données suffisantes sur les préparations thérapeutiques de feuilles ou d’écorce, éviter les cures concentrées pendant grossesse et allaitement sans avis professionnel.

Interactions

Antidiabétiques

Des propriétés hypoglycémiantes ont été rapportées expérimentalement pour des extraits de feuilles et pour certains constituants.

Une association d’extraits concentrés avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres plantes fortement hypoglycémiantes

pourrait donc théoriquement augmenter l’effet sur la glycémie.

Préparations très riches en tanins

L’écorce et certaines parties peuvent être riches en tanins.

À forte concentration, ceux-ci peuvent théoriquement diminuer l’absorption de :

fer ;
certains minéraux ;
certains médicaments pris simultanément.
Interactions confirmées

Il n’existe pas actuellement de liste solide d’interactions médicamenteuses cliniquement confirmées comparable à celle du millepertuis ou du pamplemousse.

Les précautions précédentes sont donc principalement théoriques

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