Photographie de Manteau de Joseph
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Lamiaceae

Manteau de Joseph

Plectranthus scutellarioides

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Aussi appelée : Coléus

Description botanique

Le Manteau de Joseph est une plante herbacée vivace ou un sous-arbrisseau tropical, généralement cultivé comme plante ornementale pour son feuillage spectaculaire.

Il mesure couramment environ 30 cm à 1 m, mais certaines formes peuvent devenir plus grandes.

Tiges

Les tiges sont généralement :

quadrangulaires, caractère typique des Lamiaceae ;
charnues à légèrement ligneuses avec l’âge ;
ramifiées ;
parfois rougeâtres ou pourpres.
Feuilles

Les feuilles sont :

opposées ;
simples ;
ovales à largement ovales ;
dentées ou crénelées ;
souvent légèrement velues.

Leur couleur est extrêmement variable :

vert ;
jaune ;
crème ;
rose ;
rouge ;
pourpre ;
brun ;
presque noir.

Les motifs peuvent être marginés, marbrés ou zonés.

Fleurs

Les petites fleurs sont disposées sur des épis terminaux.

Elles sont généralement :

bleu pâle ;
lilas ;
violettes à blanchâtres.

La valeur ornementale de la plante repose surtout sur ses feuilles, et les inflorescences sont souvent supprimées en culture pour favoriser le développement du feuillage.

Poils glandulaires

Des travaux récents ont montré la présence de trichomes glandulaires et non glandulaires, capables d’accumuler notamment composés phénoliques, terpènes, substances lipophiles et alcaloïdes.

Répartition

Coleus scutellarioides est indigène d’une vaste région allant de l’Indochine aux îles Nansei et jusqu’au nord de l’Australie.

Son aire indigène comprend notamment :

Cambodge ;
Laos ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Vietnam ;
sud-est de la Chine ;
Taiwan ;
Malaisie ;
Bornéo ;
Java ;
Sumatra ;
Sulawesi ;
Moluques ;
Philippines ;
Nouvelle-Guinée ;
îles Salomon ;
Vanuatu ;
nord et ouest de l’Australie.

Il a ensuite été largement introduit dans les régions tropicales du monde comme plante ornementale

Habitat

Elle se rencontre ou se naturalise notamment dans :

forêts tropicales claires ;
lisières ;
berges ;
zones humides ;
friches ;
jardins ;
alentours des habitations.

Elle apprécie généralement :

chaleur ;
humidité atmosphérique ;
lumière vive mais souvent filtrée ;
sol riche en matière organique ;
drainage correct.

Les cultivars horticoles peuvent être beaucoup plus exigeants que les populations sauvages.

Principes actifs

Huiles volatiles. Les feuilles rapportent un matériau psychoactif.
A partir des feuilles, l'étude a isolé un mélange de stérols et de triterpènes, de campestérol, d'α-amyrine et de ß-amyrine. Donne des substances de type salvinorine de structures chimiques indéterminées.
Le criblage a donné des flavonoïdes, des stérols et des composés triterpénoïdes.
Les feuilles ont donné des alcaloïdes, de la saponine, des flavonoïdes, des tanins, des huiles volatiles et de la quercétine.

Usages traditionnels

Cette plante n’est pas seulement ornementale. Elle possède plusieurs usages médicinaux traditionnels, particulièrement en Indonésie et en Asie du Sud-Est, où elle est connue sous des noms comme miana ou jawer kotok.

Des travaux ethnobotaniques rapportent notamment son emploi traditionnel pour :

toux ;
fièvre ;
diarrhée ;
infections cutanées ;
troubles respiratoires ;
certaines infections.
Toux et troubles respiratoires

Les feuilles sont traditionnellement préparées sous diverses formes contre :

toux ;
rhume ;
gêne respiratoire ;
inflammations des voies respiratoires.

Ces usages restent essentiellement ethnomédicinaux.

Fièvre

Les feuilles sont utilisées dans certaines communautés contre les états fébriles.

Diarrhée

L’usage traditionnel contre la diarrhée est également rapporté, vraisemblablement en lien avec la présence de tanins et d’autres composés phénoliques.

Affections cutanées

Les feuilles écrasées ou préparées localement ont été utilisées pour certaines :

lésions cutanées ;
inflammations ;
infections superficielles.
Douleurs

Certaines traditions indonésiennes rapportent également un emploi contre des douleurs, notamment douleurs lombaires.

La sève des feuilles des espèces sauvages violet-noir est utilisée dans le tatouage.

Usages culinaires

Dans certaines traditions locales, des feuilles de formes particulières de coléus ont été utilisées comme :

herbe alimentaire ;
aromate ;
ingrédient traditionnel.

Cependant, pour les nombreux cultivars décoratifs modernes aux feuilles vivement colorées, l’identification et l’historique alimentaire peuvent être incertains.

Posologie

Décoction de feuilles — donnée quantitative philippine

Une enquête ethnopharmacologique particulièrement détaillée menée auprès des Manobo d'Agusan del Sur, aux Philippines, fournit une véritable posologie traditionnelle pour le Mayana pula :

Feuilles préparées en décoction
1 à 3 verres par jour
administrés une fois par jour pendant 3 à 5 jours, ou selon les besoins.

Cette décoction est traditionnellement employée pour plusieurs troubles, notamment anémie, toux, asthme, dyspepsie, ulcères, flatulences, ainsi que certaines affections respiratoires.

Usage respiratoire traditionnel

Chez les Manobo, la même décoction de feuilles est rapportée pour la toux et, traditionnellement, pour des affections telles que l'asthme, la pneumonie, l'emphysème et la tuberculose pulmonaire.

Troubles digestifs

La décoction de feuilles est également consommée traditionnellement contre :

ulcère – dyspepsie – douleurs dues aux gaz – flatulences.

La posologie rapportée reste :

1–3 verres de décoction, une fois par jour pendant 3–5 jours ou selon les besoins.

Plaies, contusions et entorses — dose externe précise

La même étude fournit une excellente posologie externe :

5 à 7 feuilles fraîches
écrasées pour former un cataplasme
appliquées sur la zone concernée
2 fois par jour ou selon les besoins.

Cet usage est traditionnellement destiné aux coupures, plaies, ecchymoses, contusions et entorses.

Douleurs, traumatismes et fractures — Polynésie

Une étude ethnobotanique récente menée dans les îles de la Société en Polynésie française rapporte plusieurs préparations des feuilles :

feuilles écrasées puis placées dans de l'eau froide et appliquées localement ;
feuilles bouillies dans l'eau, utilisées en bain ;
feuilles écrasées, pressées dans un tissu puis mélangées au monoï avant application.

1 pleine poignée de feuilles
préparation appliquée localement 1 fois par jour.

Ces préparations sont notamment associées traditionnellement aux traumatismes et fractures. Elles constituent évidemment un soin traditionnel complémentaire et ne remplacent pas l'immobilisation et la prise en charge d'une fracture.

Conjonctivite — usage historique à ne pas reproduire directement

Chez les Manobo, une décoction de feuilles était également appliquée sous forme de gouttes contre la conjonctivite, 1 à 2 fois par jour ou selon les besoins.

Usage médicinal indonésien

En Indonésie, la plante est couramment appelée miana ou iler et possède une longue tradition médicinale, particulièrement pour les troubles inflammatoires et métaboliques. Une caractérisation scientifique publiée en 2025 confirme cet usage traditionnel et souligne l'intérêt particulier des variétés à feuilles pourpres.

Précautions

Cette plante peut-être abortive, elle est susceptible de provoquer un avortement. Fortement déconseillée aux femmes enceintes.

Contre-indications

Usage alimentaire et ornemental

La plante est très largement cultivée, mais cet historique horticole ne démontre pas automatiquement la sécurité d’un extrait médicinal concentré.

Allergies et peau sensible

Comme avec de nombreuses Lamiaceae riches en composés aromatiques, une irritation ou sensibilisation cutanée est possible chez les personnes sensibles.

Grossesse et allaitement

En l’absence de données suffisantes :

éviter les extraits médicinaux concentrés pendant la grossesse et l’allaitement.

Enfants

Éviter les préparations concentrées sans supervision compétente.

Extraits expérimentaux

Une étude réalisée sur des fibroblastes gingivaux humains n’a pas observé de cytotoxicité aux concentrations testées, mais ce résultat ne permet pas de conclure à la sécurité d’un usage oral prolongé chez l’être humain

Interactions

La plante est traditionnellement décrite dans certaines régions comme antidiabétique, et des recherches précliniques existent autour de cet usage. Une prudence théorique s’impose donc avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
plantes fortement hypoglycémiantes.
Antibiotiques

Certaines espèces apparentées du groupe historique Plectranthus ont montré des interactions expérimentales avec des antibiotiques, mais il serait incorrect d’extrapoler automatiquement ces effets à C. scutellarioides.

Conclusion

Interactions cliniques spécifiques : non établies.

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