Photographie de Marjolaine
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Lamiaceae

Marjolaine

Origanum majorana

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Aussi appelée : origan des jardins

Description botanique

Il ne faut pas la confondre avec Origanum vulgare, l’origan commun, qui appartient au même genre mais possède une composition aromatique et des usages quelque peu différents.

Description

La Marjolaine est une plante herbacée aromatique annuelle ou vivace de courte durée, parfois sous-arbrissonnante sous climat doux.

Elle mesure habituellement 20 à 60 cm, mais peut approcher 80 cm dans de bonnes conditions. Kew la décrit comme une herbe vivace ou un sous-arbrisseau pouvant atteindre environ 0,8 m.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
ramifiées ;
quadrangulaires ;
légèrement pubescentes ;
parfois rougeâtres avec l’âge.
Feuilles

Les feuilles sont :

opposées ;
ovales à presque arrondies ;
entières ;
légèrement veloutées ;
gris-vert à vert tendre ;
fortement aromatiques lorsqu’on les froisse.

Kew décrit des feuilles pétiolées, ovales à arrondies, pouvant mesurer jusqu’à environ 3,5 cm.

Fleurs

Les petites fleurs sont réunies dans des inflorescences compactes et arrondies.

Elles sont généralement :

blanches ;
rosées ;
parfois légèrement violacées.

La plante dégage une odeur douce, chaude, balsamique et épicée.

Répartition

l’aire naturelle actuellement reconnue de Origanum majorana est relativement restreinte :

sud de la Turquie ;
Chypre.

Elle a ensuite été introduite et cultivée dans de très nombreuses régions, notamment :

bassin méditerranéen ;
Europe centrale ;
Afrique du Nord ;
Inde ;
Amérique du Sud.

Elle est aujourd’hui cultivée mondialement comme plante :

condimentaire ;
médicinale ;
aromatique ;
mellifère.

Habitat

Dans son milieu d’origine, la Marjolaine préfère les régions chaudes, sèches et ensoleillées.

Elle apprécie :

sols légers ;
sols calcaires ;
sols bien drainés ;
exposition en plein soleil ;
climat méditerranéen ou tempéré chaud.

Elle supporte assez bien la sécheresse une fois installée, mais beaucoup moins :

l’eau stagnante ;
les sols lourds ;
les fortes gelées.

Principes actifs

Les parties aériennes ont révélé la présence d'huile volatile, de flavonoïdes, de tanins, de stérols et de triterpènes.

Utilisations Culinaire:

C'est un condiment, populaire pour aromatiser les légumineuses le chou, l'aubergine, la citrouille et la courgette.

Les feuilles, les fleurs et les tiges utilisées comme essences pour les vinaigrettes, les liqueurs, les sauces et le vinaigre.

Utilisé pour aromatiser les salades et les plats de viande, et pour les plats de poisson.

Dans l'Egypte ancienne , utilisé pour désinfecter et conserver les aliments.

Médecine Rurale:

Utilisé pour soulager les spasmes musculaires, soulager les insomnies, les nausées et les maux de tête.

Utilisé en application externe pour les entorses et contusions, également utilisé comme emménagogue.

Un extrait de feuilles est utilisé pour déloger les mucosités, appliqué localement pour soulager les rhumes et la congestion nasale.

L'huile est utilisée comme gouttes contre les maux de dents.

Utilisé dans les bains de bouche pour l'hygiène bucco-dentaire.

Appliqué en externe dans des sacs comme fomentation chaude pour les gonflements douloureux et les rhumatismes.

En Jordanie , le thé non sucré est utilisé en bain de bouche ou en gargarisme.

Un cataplasme de feuilles est utilisé pour les douleurs rhumatismales et les entorses.

L'huile est utilisée pour son soulagement apaisant des douleurs musculaires et des maladies articulaires.

Usages traditionnels

La Marjolaine possède une longue histoire médicinale en Méditerranée, au Moyen-Orient et dans les médecines populaires européennes.

Elle a traditionnellement été utilisée contre :

digestion difficile ;
ballonnements ;
flatulences ;
spasmes digestifs ;
rhume ;
toux ;
troubles respiratoires ;
maux de tête ;
douleurs musculaires et rhumatismales ;
nervosité ;
troubles du sommeil.

Une revue ethnopharmacologique recense également des usages traditionnels dans des troubles :

gastro-intestinaux ;
respiratoires ;
cardiaques ;
rhumatologiques ;
neurologiques ;
nasopharyngés.
Usage digestif

C’est aujourd’hui l’usage traditionnel le mieux reconnu officiellement en Europe.

L’EMA considère que les préparations de Marjolaine peuvent être utilisées, sur la base de l’usage traditionnel, pour soulager les symptômes d’indigestion légère, notamment :

ballonnements ;
flatulences.
Usage cutané

L’EMA reconnaît également l’usage traditionnel externe des préparations de Marjolaine pour soulager une irritation cutanée autour des narines.

Usages culinaires

La Marjolaine est une herbe aromatique alimentaire majeure.

Les feuilles fraîches ou séchées parfument notamment :

soupes ;
sauces ;
légumes ;
pommes de terre ;
légumineuses ;
viandes ;
volailles ;
farces ;
charcuteries ;
marinades ;
fromages.

Son parfum est généralement plus doux et floral que celui de l’origan commun.

Elle entre aussi dans certains mélanges d’herbes méditerranéens.

Conseil culinaire

L’arôme est assez volatil. Il est souvent préférable d’ajouter la Marjolaine en fin de cuisson afin de préserver son parfum.

Posologie

Infusion — posologie traditionnelle

Pour la plante sèche, une préparation raisonnable issue de l'usage phytothérapeutique traditionnel est :

1 à 2 g de parties aériennes séchées
pour environ 150–250 ml d'eau bouillante
infuser 5 à 10 minutes, puis filtrer
2 à 3 tasses par jour.

Cela correspond approximativement à 2–6 g de plante sèche par jour, selon le nombre et la concentration des tasses.

Cette infusion est traditionnellement utilisée pour les digestions difficiles, ballonnements, gaz et spasmes digestifs légers, ainsi que comme boisson aromatique relaxante.

Digestion et ballonnements

Pour une utilisation après les repas :

1–2 g de marjolaine sèche dans 150–200 ml d'eau, infusion 5–10 minutes.

Prendre 1 tasse après le repas, jusqu'à 2–3 fois par jour si nécessaire.

La présence d'huile essentielle, de terpènes et de composés phénoliques contribue à l'activité aromatique et antispasmodique traditionnellement attribuée à la plante.

Nervosité et relaxation

La Marjolaine possède également une réputation traditionnelle de plante calmante et légèrement sédative.

Une préparation simple est :

1–2 g de parties aériennes
200 ml d'eau chaude
infusion 10 minutes
1 tasse le soir.

Cette utilisation reste traditionnelle ; la Marjolaine n'est pas un traitement clinique de l'insomnie ou d'un trouble anxieux.

Rhume et toux

L'infusion aromatique est traditionnellement consommée lors des rhumes, toux légères et irritations respiratoires :

1–2 g par tasse, 2–3 fois/jour, pendant quelques jours.

Elle peut également être employée comme gargarisme tiède pour la bouche et la gorge.

Usage externe — compresses

Préparer une infusion un peu plus concentrée :

5 g de plante sèche dans 250 ml d'eau chaude
laisser infuser environ 10 minutes
filtrer et laisser tiédir.

Imbiber une compresse et appliquer localement sur une petite zone cutanée 1–3 fois/jour.

Cette concentration relève d'un usage traditionnel pratique, et non d'une monographie clinique standardisée.

Bain aromatique

Pour un bain traditionnel relaxant :

20–50 g de parties aériennes séchées peuvent être infusées dans environ 1 litre d'eau chaude pendant 10–15 minutes, puis l'infusion filtrée est ajoutée à l'eau du bain.

Cette préparation est utilisée pour son caractère aromatique, relaxant et réchauffant.

Teinture

Pour une teinture traditionnelle 1:5, préparée avec la plante sèche dans un alcool approprié, les ouvrages phytothérapeutiques donnent des doses variables selon le produit.

À titre pratique pour une teinture 1:5, on rencontre généralement :

2–4 ml par prise
2–3 fois/jour.

Cette dose doit cependant être adaptée à la concentration réelle du produit. Elle ne doit pas être confondue avec l'huile essentielle.

Poudre

La plante sèche réduite en poudre peut être utilisée traditionnellement à raison d'environ :

1–2 g par prise
1 à 3 fois/jour.

L'infusion reste toutefois une forme plus classique et mieux adaptée à la Marjolaine.

Huile essentielle de Marjolaine

L'huile essentielle de Origanum majorana est beaucoup plus concentrée que l'infusion. Elle contient principalement, selon le chémotype et l'origine, des monoterpènes et alcools terpéniques tels que terpinène-4-ol, sabinène hydrate, γ-terpinène et α-terpinène.

Pour l'usage cutané, elle doit être diluée dans une huile végétale. Une dilution douce de 1–2 % correspond approximativement à 1–2 gouttes d'huile essentielle pour 5 ml d'huile végétale,

Précautions

Aucun Connu

Contre-indications

Usage alimentaire

Aux quantités culinaires habituelles, la Marjolaine est généralement bien tolérée.

Usage médicinal

L’EMA indique qu’au moment de son évaluation, aucun effet indésirable particulier n’avait été rapporté pour les préparations traditionnelles

Allergie

Comme les autres Lamiaceae, elle peut provoquer chez certaines personnes :

irritation cutanée ;
réaction allergique ;
dermatite de contact.
Grossesse et allaitement

L’usage alimentaire normal ne pose pas de problème particulier connu.

Pour les extraits concentrés, teintures ou huiles essentielles, la prudence est recommandée pendant la grossesse et l’allaitement en l’absence de données cliniques suffisantes.

Huile essentielle

L’huile essentielle de Marjolaine est beaucoup plus concentrée que la plante.

Elle ne doit pas être assimilée à une tisane ou à un usage culinaire.

Éviter notamment :

ingestion non encadrée ;
application pure sur la peau ;
usage chez les jeunes enfants sans avis compétent.

Interactions

Les interactions cliniques réellement démontrées chez l’être humain sont peu nombreuses.

Anticoagulants et antiagrégants

Une revue pharmacologique rapporte une activité antiagrégante plaquettaire expérimentale de la Marjolaine.

Une prudence théorique est donc raisonnable avec :

warfarine ;
apixaban ;
rivaroxaban ;
clopidogrel ;
aspirine à dose antiagrégante.

Cette interaction reste surtout préclinique.

Plantes influençant la coagulation

Prudence théorique avec de fortes doses de :

ginkgo ;
ail concentré ;
gingembre concentré ;
curcuma concentré.
Antidiabétiques

Certaines recherches expérimentales suggèrent des effets métaboliques, mais les données sont insuffisantes pour parler d’une interaction clinique établie.

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