Photographie de Mélèze d'Europe
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Pinaceae

Mélèze d'Europe

Larix decidua

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Aussi appelée : Mélèze commun

Description botanique

Le Mélèze d’Europe est un grand conifère caduc, particularité remarquable car, contrairement à la majorité des Pinaceae, il perd ses aiguilles en automne.

Il peut atteindre environ 25 à 45 m de hauteur, exceptionnellement davantage chez de vieux sujets.

Tronc et écorce

Le tronc est droit et puissant.

L’écorce devient avec l’âge :

gris-brun à brun rougeâtre ;
épaisse ;
profondément fissurée ;
écailleuse.
Aiguilles

Les aiguilles sont :

souples ;
fines ;
vert clair au printemps ;
généralement réunies en bouquets sur les rameaux courts ;
jaunes à jaune doré en automne avant de tomber.

Les jeunes rameaux longs portent également des aiguilles isolées.

Fleurs et cônes

Le Mélèze est monoïque : fleurs mâles et femelles sont portées sur le même arbre.

Les jeunes cônes femelles sont souvent :

rose rougeâtre ;
pourpres ;
parfois verts.

Les cônes matures deviennent :

bruns ;
ovoïdes ;
ligneux ;
persistants plusieurs années sur les branches.

Répartition

L’aire naturelle du Mélèze d’Europe correspond principalement aux grandes chaînes montagneuses d’Europe centrale.

Alpes ;
Sudètes ;
Carpates.

L’espèce est indigène notamment en :

Autriche ;
France ;
Allemagne ;
Italie ;
Pologne ;
Roumanie ;
Suisse ;
Ukraine ;
régions voisines des Balkans et d’Europe centrale.

Elle a ensuite été largement plantée et naturalisée dans d’autres régions d’Europe ainsi qu’en Amérique du Nord.

Habitat

Le Mélèze d’Europe est essentiellement un arbre de montagne.

Il pousse naturellement dans :

forêts subalpines ;
versants montagneux ;
vallées alpines ;
éboulis stabilisés ;
clairières ;
forêts mixtes de conifères.

Il préfère :

une forte luminosité ;
un climat frais ;
des hivers froids ;
des sols bien drainés.

C’est une essence très héliophile, qui supporte mal un ombrage important.

Principes actifs

Résine (térébenthine), Huiles essentielles, Flavonoïdes, Tanins, Polysaccharides
Acides organiques.

Usages traditionnels

Le Mélèze d’Europe possède une longue histoire dans la médecine populaire alpine et européenne.

Les principales parties traditionnellement employées sont :

écorce ;
aiguilles ;
jeunes pousses ;
résine ;
térébenthine de mélèze.
Affections respiratoires

L’écorce et surtout la résine ont été traditionnellement utilisées comme :

expectorantes ;
balsamiques ;
antiseptiques.

La térébenthine de Venise a notamment été employée historiquement dans les bronchites chroniques et certaines affections respiratoires.

Plaies

L’écorce pulvérisée et la résine ont été appliquées traditionnellement sur :

plaies ;
plaies suppurantes ;
ulcérations ;
certaines dermatoses.

L’utilisation de la résine dans la cicatrisation constitue aujourd’hui l’un des domaines les plus étudiés pour l’espèce.

Rhumatismes

Des préparations résineuses ont également été employées extérieurement comme :

révulsives ;
rubéfiantes ;
antalgiques traditionnelles,

notamment sur les articulations ou muscles douloureux.

Voies urinaires

Des usages anciens mentionnent la résine ou l’écorce comme :

diurétiques ;
antiseptiques urinaires.

Ces usages internes sont aujourd’hui beaucoup moins recommandables à cause du potentiel irritant et néphrotoxique de la térébenthine concentrée.

Usages culinaires

Jeunes pousses et cônes

Certaines pratiques culinaires contemporaines ou traditionnelles utilisent également :

jeunes aiguilles ;
jeunes pousses ;
jeunes cônes verts,

pour aromatiser :

sirops ;
infusions ;
boissons ;
préparations sucrées.

Ces usages restent cependant régionaux et secondaires

Posologie

Résine — plaies et cicatrisation

Dans le Valmalenco, la térébenthine de mélèze (larch turpentine) était traditionnellement mélangée à une matière grasse :

résine de Larix decidua
+ beurre, graisse de porc ou huile végétale
préparation d’un onguent
application locale sur les plaies.

La résine était particulièrement appréciée comme cicatrisante.

Douleurs, fractures et traumatismes

La même résine mélangée à de la graisse était traditionnellement appliquée sur les douleurs musculaires et articulaires. Dans certaines vallées alpines, résine et graisse de porc servaient même à fabriquer une sorte de « plâtre naturel » traditionnel autour des fractures.

Cet usage est ethnobotanique : une fracture nécessite évidemment immobilisation et évaluation médicale.

Échardes — tradition alpine

Dans le Valposchiavo, en Suisse, l'onguent de résine de mélèze était appelé « largù ». Il était particulièrement réputé pour faciliter l'extraction des échardes et fragments de bois ; l'étude ethnobotanique rapporte même qu'il était autrefois vendu en pharmacie locale sous ce nom vernaculaire.

Usage traditionnel : petite quantité d'onguent résineux directement sur la zone concernée.

Résine fraîche — application directe

Une autre enquête ethnobotanique alpine publiée récemment rapporte l'utilisation de la résine fraîche immédiatement après sa récolte, appliquée directement pour ses usages traditionnels anti-inflammatoires et cicatrisants.

Pommade à la térébenthine de mélèze — donnée clinique

Une formulation médicinale contenant du mélèze a été étudiée cliniquement pour les abcès cutanés. La pommade contenait :

5,4 % de térébenthine de mélèze
7,2 % d'huile de térébenthine
1,2 % d'huile d'eucalyptus.

Bourgeons — gemmothérapie

On trouve aujourd'hui des macérats glycérinés de bourgeons de Larix decidua. Un produit commercial européen fournit par exemple la posologie suivante pour son macérat mère :

adulte : 5–15 gouttes/jour, pures ou diluées dans un verre d'eau, en une prise ou réparties en 2–3 prises.

Écorce et aiguilles

L'écorce et les aiguilles apparaissent également dans la phytothérapie populaire du mélèze. Cependant, je n'ai pas trouvé de monographie EMA ou ESCOP établissant pour Larix decidua une posologie orale officielle du type

Précautions

et contre-indications.

Les personnes sensibles aux résines et aux huiles essentielles doivent éviter l'utilisation.

La résine ne doit pas être ingérée en grande quantité, car elle peut provoquer des irritations gastro-intestinales.

Peut interagir avec certains médicaments diurétiques et anti-inflammatoires.

Contre-indications

Résine et térébenthine

C’est la principale source de risque.

La térébenthine du Mélèze peut être :

irritante pour la peau ;
irritante pour les muqueuses ;
irritante pour les voies urinaires ;
potentiellement néphrotoxique à dose importante.

Une étude pharmacognosique rappelle que des quantités excessives peuvent entraîner une atteinte rénale par voie interne et des phlyctènes ou gonflements cutanés par voie externe.

Allergies cutanées

Les résines de conifères contiennent des diterpènes susceptibles de provoquer :

dermatite de contact ;
rougeur ;
prurit ;
eczéma.

Les personnes allergiques à la colophane ou aux résines de Pinaceae doivent être particulièrement prudentes.

Grossesse et allaitement

Par prudence :

éviter les résines, térébenthines et extraits concentrés pendant la grossesse et l’allaitement.

L’usage alimentaire occasionnel de jeunes pousses ne correspond pas à une exposition médicinale concentrée.

Maladie rénale

Les préparations résineuses concentrées sont à éviter chez les personnes souffrant :

d’insuffisance rénale ;
de néphrite ;
d’atteinte urinaire inflammatoire.
Plaies

Ne pas appliquer de térébenthine brute sur :

plaie profonde ;
brûlure importante ;
plaie infectée sévère ;
muqueuse.

Interactions

Médicaments néphrotoxiques

Par prudence, éviter une utilisation interne concentrée de résine ou térébenthine avec des médicaments susceptibles de léser les reins.

Cette précaution est liée au potentiel irritant rénal historiquement rapporté pour la térébenthine.

Diurétiques

Les usages historiques décrivent l’écorce comme diurétique.

Une association avec :

diurétiques pharmaceutiques ;
plantes fortement diurétiques

pourrait théoriquement modifier l’équilibre hydrique ou électrolytique, mais cette interaction n’est pas cliniquement démontrée.

Plantes résineuses

La combinaison de plusieurs résines fortement irritantes ou riches en acides résiniques peut augmenter le risque :

d’irritation digestive ;
d’irritation cutanée ;
de réaction allergique.
Conclusion

Aucune interaction médicamenteuse majeure n’est solidement établie chez l’humain, mais la prudence concerne surtout les formes concentrées résineuses.

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