Photographie de Millepertuis Japonais
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Asteraceae

Millepertuis Japonais

Eupatorium japonicum

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Aussi appelée : Eupatoire japonaise

Description botanique

Attention au nom français : malgré l’appellation « Millepertuis japonais », cette plante n’est pas un véritable millepertuis (Hypericum). Elle appartient aux Asteraceae et non aux Hypericaceae.

Description

Celtis philippensis était un arbre ; ici, Eupatorium japonicum est au contraire une grande plante herbacée vivace, généralement dressée.

Elle atteint environ :

1 à 2 mètres de hauteur.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
robustes ;
cylindriques ;
généralement ramifiées dans leur partie supérieure ;
vertes ou parfois teintées de rouge violacé.
Feuilles

Les feuilles sont généralement :

opposées ;
longues d'environ 8 à 13 cm ;
lancéolées à oblongues ;
fortement dentées ;
souvent divisées en trois lobes profonds, surtout au milieu de la tige.

Cette forme trilobée constitue l'un de ses caractères reconnaissables.

Fleurs

Les petites fleurs sont regroupées en capitules, eux-mêmes réunis en corymbes denses.

Leur couleur varie :

blanc rosé ;
rose pâle ;
lilas ;
rose violacé.

La floraison se produit principalement entre juin et novembre, selon la région.

Fruits

Le fruit est un petit akène brun foncé à noirâtre, muni d'un pappus favorisant sa dispersion.

Répartition

son aire naturelle stricte correspond principalement au :

Japon central ;
Japon méridional.

L'espèce est notamment présente à :

Honshu ;
Shikoku ;
Kyushu.

Elle est également cultivée, naturalisée ou historiquement présente dans différentes régions de :

Chine ;
Corée ;
Vietnam ;
Laos ;
Thaïlande ;
Népal ;
Inde ;
Tibet ;
Mandchourie.

Habitat

Le Millepertuis japonais apprécie les milieux frais à humides, mais généralement bien exposés.

On le rencontre notamment dans :

prairies humides ;
berges des rivières ;
plaines alluviales ;
lisières forestières ;
forêts ouvertes ;
fourrés ;
pentes herbeuses ;
zones temporairement humides.

Il peut être observé approximativement entre 100 et 3 000 m d'altitude selon les régions.

Au Japon, certaines populations poussent particulièrement dans les prairies humides des plaines d'inondation

Principes actifs

Donne de l'huile essentielle de thymol. Contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques classe de composés hépatotoxiques et tumorigènes qui ont été détectés dans les plantes médicinales et les compléments alimentaires.

Usages traditionnels

Eupatorium japonicum possède une longue histoire d'utilisation en médecine traditionnelle :

chinoise ;
japonaise ;
coréenne ;
vietnamienne.

Kew Medicinal Plant Names Services recense l'espèce dans de nombreuses sources médicinales asiatiques.

Troubles digestifs

Les feuilles sont traditionnellement employées pour :

nausées ;
vomissements ;
digestion difficile ;
sensation de lourdeur gastrique ;
manque d'appétit ;
diarrhée.
Pei Lan en médecine chinoise

Sous le nom Pei Lan, la partie aérienne séchée est utilisée comme drogue végétale traditionnelle.

Elle est notamment associée aux troubles caractérisés traditionnellement par :

sensation de lourdeur digestive ;
mauvaise haleine ;
bouche pâteuse ;
manque d'appétit ;
distension épigastrique ;
nausées.

La pharmacopée de Taïwan et des standards de matière médicale de Hong Kong recensent la partie aérienne/herbe séchée.

Usage externe

Les préparations traditionnelles sont également employées pour :

démangeaisons cutanées ;
bains médicinaux ;
douleurs rhumatismales.

Une étude ethnobotanique chinoise récente rapporte notamment une décoction appliquée extérieurement contre les rhumatismes.

Usages culinaires

Contrairement à certaines plantes aromatiques courantes, Eupatorium japonicum ne doit pas être considéré comme une plante alimentaire banale.

Il possède cependant une odeur aromatique caractéristique après séchage, liée notamment aux dérivés coumariniques.

Au Japon et en Chine, cette odeur a participé à son utilisation traditionnelle comme :

plante aromatique ;
herbe odorante ;
plante médicinale séchée.

La plante fraîche peut être relativement peu odorante, tandis que le séchage entraîne la transformation de précurseurs coumariniques et l'apparition d'un parfum plus marqué.

Posologie

Décoction — posologie traditionnelle chinoise

Pour le Pei Lan, la posologie traditionnelle publiée est :

plante sèche : 5–10 g par jour
plante fraîche : 10–20 g par jour
préparation : décoction dans l'eau.

Cette préparation est traditionnellement employée principalement pour les troubles digestifs associés à l'« humidité » en médecine chinoise : manque d'appétit, nausées, vomissements, sensation de lourdeur gastrique, mauvaise digestion et mauvaise haleine. L'Université de Kumamoto confirme l'emploi des tiges et feuilles comme drogue médicinale Pei Lan pour ces troubles digestifs.

Poudre

Une référence de matière médicale chinoise donne également :

poudre de plante sèche : 1–3 g par jour.

Cette quantité est une posologie traditionnelle

Nausées, vomissements et indigestion

L'usage digestif est particulièrement bien documenté. Une étude toxicologique rappelle que E. japonicum est traditionnellement utilisé contre vomissements, indigestion, nausées et diarrhée, en citant la Pharmacopée chinoise de 2005.

Rhumatismes — usage externe

Une enquête ethnomédicinale publiée en 2026 chez les communautés Guoshan Yao du Guangdong rapporte :

plante entière
préparée en décoction
décoction appliquée extérieurement
traditionnellement contre les rhumatismes.

Démangeaisons — bain médicinal

La base de plantes médicinales de l'Université de Kumamoto rapporte l'utilisation de E. japonicum comme bain médicinal contre les démangeaisons cutanées.

parties aériennes en décoction → ajoutées à l'eau du bain

Précautions

En excès, la plante provoque une irritation de l'estomac. Utiliser avec précaution;

La plante contient de l'huile essentielle de thymol. À fortes doses, cela peut entraîner divers problèmes de santé tels que maux de tête, acouphènes, vertiges, inhibition de la respiration et de la circulation.

Contre-indications

Cette section est particulièrement importante pour Eupatorium japonicum.

Alcaloïdes pyrrolizidiniques

Des alcaloïdes pyrrolizidiniques ont été identifiés ou rapportés dans cette espèce, notamment :

indicine ;
amabiline ;
viridiflorine ;
echinatine ;
rinderine.

Ces substances peuvent être métabolisées par le foie en dérivés réactifs.

Risque hépatique

Une étude comparative ancienne a retrouvé des concentrations d'alcaloïdes pyrrolizidiniques relativement faibles chez plusieurs Eupatorium, dont E. japonicum, comparativement à des plantes notoirement hépatotoxiques. Cela ne signifie toutefois pas absence de risque, particulièrement en cas d'exposition prolongée.

Grossesse

À éviter en usage médicinal interne.

Allaitement

Déconseillé par prudence.

Enfants

Éviter l'administration médicinale interne sans supervision spécialisée.

Maladies du foie

Éviter chez les personnes présentant :

hépatite ;
cirrhose ;
insuffisance hépatique ;
élévation inexpliquée des transaminases ;
antécédent de toxicité hépatique.
Utilisation prolongée

Éviter les cures internes longues ou répétées.

Interactions

Médicaments hépatotoxiques

Une prudence particulière est recommandée avec des médicaments ayant eux-mêmes un potentiel hépatotoxique.

L'enjeu serait principalement une addition du risque hépatique.

Alcool

Une consommation importante ou chronique d'alcool peut fragiliser le foie.

Par prudence, elle ne doit pas être associée à une utilisation médicinale interne prolongée de cette plante.

Autres plantes contenant des alcaloïdes pyrrolizidiniques

Éviter d'associer des préparations concentrées avec d'autres plantes contenant des PA, notamment certaines espèces de :

Senecio ;
Crotalaria ;
Heliotropium ;
Symphytum ;
Petasites ;
Eupatorium.
Médicaments métabolisés par le foie

Une interaction métabolique est théoriquement possible, mais les données disponibles ne permettent pas de dresser une liste clinique fiable.

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