Photographie de Monarque Rouge
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Monarque Rouge

Ammannia baccifera

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Aussi appelée : Ammannie vésicante

Description botanique

Ammannia baccifera est une petite plante herbacée annuelle, parfois considérée comme hélophyte, adaptée aux sols périodiquement gorgés d’eau.

Elle peut atteindre environ 80 cm de hauteur, même si de nombreux individus restent beaucoup plus petits.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ou ascendantes ;
ramifiées ;
généralement glabres ;
souvent rougeâtres ;
quadrangulaires et parfois légèrement ailées.
Feuilles

Les feuilles sont généralement :

opposées ;
lancéolées à oblancéolées ;
étroites ;
longues d’environ 7 à 120 mm selon les formes ;
à base progressivement rétrécie ;
à sommet aigu ou légèrement obtus.
Fleurs

Les fleurs sont très petites et regroupées en cymes axillaires généralement pluriflores.

Le calice peut être :

vert ;
rougeâtre.

Les pétales sont souvent absents ou extrêmement réduits.

La fleur possède généralement 4 étamines.

Fruits

Le fruit est une petite capsule globuleuse rougeâtre, mesurant environ 1 à 2,5 mm de diamètre.

Graines

Les graines sont :

très petites ;
brunâtres ;
d’environ 0,4 mm.

Répartition

L’espèce possède une aire naturelle exceptionnellement vaste.

Elle est indigène dans une grande partie :

de l’Afrique tropicale ;
de l’Afrique australe ;
du Moyen-Orient ;
de l’Inde ;
du Bangladesh ;
du Sri Lanka ;
du Népal ;
du Pakistan ;
de la Chine ;
de l’Asie du Sud-Est ;
des Philippines ;
de l’Indonésie ;
de la Nouvelle-Guinée ;
de l’Australie.

Elle a également été introduite dans plusieurs îles des Caraïbes, au Japon et dans quelques régions méditerranéennes.

Habitat

Le Monarque Rouge affectionne principalement les milieux humides ou temporairement inondés.

On le rencontre notamment dans :

rizières ;
marais ;
fossés ;
berges ;
sols limoneux humides ;
bords de mares ;
zones de suintement ;
prairies temporairement inondées ;
terrains boueux.

Il peut devenir une adventice des rizières.

Principes actifs

La plante produit de la résine, du glucose.
Le dépistage phytochimique a donné des tanins, des saponines, des flavonoïdes, des stéroïdes et des alcaloïdes.

Usages traditionnels

Ammannia baccifera possède une longue histoire dans les médecines traditionnelles d’Inde, du Pakistan, d’Asie du Sud-Est et des Philippines.

Rhumatismes et douleurs

L’un des usages les plus particuliers consiste à appliquer les feuilles fraîches écrasées sur la peau afin de produire volontairement une irritation ou une cloque.

Aux Philippines, la plante a été utilisée à la manière des cantharides, comme emplâtre vésicant. En Inde et au Pakistan, les feuilles fraîches écrasées étaient appliquées dans les douleurs rhumatismales et certains états fébriles.

Digestion

Des traditions ayurvédiques décrivent les feuilles comme :

stomachiques ;
apéritives ;
laxatives.

Elles ont notamment été employées lors de troubles digestifs.

Difficultés urinaires

La plante est également citée traditionnellement dans la strangurie, c’est-à-dire les mictions difficiles ou douloureuses.

Fièvre

Des études ethnobotaniques rapportent l’emploi traditionnel des feuilles contre la fièvre.

Inflammations

Au Rajasthan, la plante a été employée en médecine populaire contre :

inflammations ;
douleurs ;
parfois « tumeurs » dans le vocabulaire ethnomédicinal traditionnel.

Usages culinaires

Ammannia baccifera n’est pas une plante alimentaire courante.

Sa réputation de plante vésicante et irritante, notamment avec les feuilles fraîches, la distingue nettement des espèces culinaires ordinaires

Posologie

Décoction de la plante entière — fièvre

Une enquête ethnobotanique du Rajasthan rapporte une préparation:

plante entière
préparée en décoction
prise 2 fois par jour
traditionnellement contre la fièvre.

Plante fraîche ou sèche — décoction

La base des plantes médicinales de l'Université de Chittagong indique que A. baccifera est administrée fraîche ou séchée sous forme de décoction. Les feuilles sont traditionnellement considérées comme apéritives, stomachiques et laxatives, et sont également employées dans la strangurie (miction difficile ou douloureuse).

Fièvre — jus avec gingembre

La tradition indienne rapporte également :

jus de la plante
mélangé avec du jus/extrait de gingembre
administré traditionnellement contre la fièvre.

Rhumatismes — feuilles fraîches

C'est probablement l'utilisation traditionnelle la plus caractéristique de A. baccifera. En Inde et au Pakistan :

feuilles fraîches écrasées
appliquées localement sur la peau
traditionnellement contre les douleurs rhumatismales et parfois la fièvre.

Mais il existe une particularité importante : les feuilles sont rubéfiantes et vésicantes. Elles étaient volontairement utilisées pour provoquer une rougeur, voire des cloques, à la manière des anciens emplâtres de cantharide.

Ce n'est donc pas un cataplasme doux à laisser plusieurs heures sur la peau.

Démangeaisons — feuilles et inflorescences

Dans la région de Shekhawati au Rajasthan :

feuilles + inflorescences → réduites en pâte → application locale contre les démangeaisons.

Usage traditionnel contre les morsures de serpent

Une revue ethnomédicinale indienne rapporte une préparation historique :

plante entière réduite en poudre
mélangée à du lait de vache chaud
administrée par voie orale.

Il s'agit uniquement d'un usage ethnobotanique historique : une morsure de serpent nécessite une prise en charge urgente

Précautions

Aucun Connu à ce jour

Contre-indications

Action vésicante

Les feuilles fraîches peuvent provoquer une forte irritation cutanée et produire des cloques. Elles ont justement été utilisées traditionnellement pour cet effet.

Une base universitaire de plantes médicinales du Bangladesh rapporte également que le suc peut entraîner ulcérations et vésicules.

Il faut donc éviter le contact avec :

yeux ;
muqueuses ;
peau lésée ;
grandes surfaces corporelles ;
peau très sensible.
Grossesse

Usage médicinal interne déconseillé, faute de données suffisantes.

Allaitement

Même prudence.

Enfants

Éviter les extraits internes et surtout toute application destinée à produire des cloques.

Peaux sensibles

L’usage externe irritant est particulièrement déconseillé en cas de :

eczéma ;
dermatite ;
psoriasis actif ;
brûlure ;
plaie ouverte.
Usage prolongé

À éviter faute de données de sécurité humaines suffisantes.

Interactions

Anti-inflammatoires et antalgiques

Comme des effets anti-inflammatoires et antalgiques ont été observés expérimentalement, une interaction additive avec des médicaments comme les AINS ou d’autres antalgiques est théoriquement envisageable, sans être démontrée chez l’être humain.

Traitements hépatiques ou médicaments hépatotoxiques

Une activité hépatoprotectrice a été observée chez le rat, mais cela ne signifie pas que la plante protège des effets indésirables d’un médicament sur le foie.

Laxatifs

Puisque les feuilles sont traditionnellement décrites comme laxatives, mieux vaut éviter l’association non encadrée avec :

séné ;
bourdaine ;
cascara ;
laxatifs médicamenteux.

Cette précaution est principalement fondée sur l’usage traditionnel.

Plantes fortement irritantes

Éviter de cumuler en usage externe avec d’autres préparations très rubéfiantes ou vésicantes.

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