Photographie de Morelle Noire
Toutes les plantes
Solanaceae

Morelle Noire

Solanum nigrum

3 photos
Aussi appelée : Black nightshade

Description botanique

Attention aux confusions

Le groupe des « morelles noires » est taxonomiquement complexe. Plusieurs espèces proches peuvent être confondues avec S. nigrum, notamment :

Solanum americanum ;
Solanum villosum ;
Solanum scabrum ;
Solanum retroflexum.

Cette distinction est importante car la composition en glycoalcaloïdes et l’usage alimentaire peuvent varier selon l’espèce.

2Description botanique

La Morelle noire est une plante herbacée annuelle ou parfois vivace de courte durée, généralement dressée ou étalée.

Elle mesure souvent :

25 à 70 cm, mais certains sujets peuvent atteindre environ 1 à 1,5 m.

Tiges

Les tiges sont :

ramifiées ;
vertes, parfois teintées de violet ;
plus ou moins anguleuses ;
glabres ou légèrement pubescentes ;
dépourvues d’épines.
Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
simples ;
ovales ;
longues généralement de 4 à 10 cm ;
à marge entière, ondulée ou grossièrement dentée ;
portées par un pétiole.

Flora of China décrit des feuilles d’environ 4–10 × 3–7 cm.

Fleurs

Les fleurs sont petites et réunies en grappes ou pseudo-ombelles.

Elles présentent :

5 pétales blancs ;
une corolle en étoile ;
des anthères jaunes proéminentes.
Fruits

Le fruit est une baie globuleuse.

Elle passe :

du vert → au violet sombre → au noir à maturité.

Les baies matures mesurent généralement environ 8 à 10 mm dans certaines populations décrites en Asie.

Graines

Les graines sont :

nombreuses ;
aplaties ;
jaunâtres ;
d’environ 2 mm.

Répartition

L’aire naturelle est très vaste et comprend notamment :

Europe occidentale et méridionale ;
Afrique du Nord ;
Afrique tropicale du Nord-Est ;
Macaronésie ;
Moyen-Orient ;
Inde ;
Himalaya ;
Chine ;
Corée ;
Japon ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Vietnam.

L’espèce est également indigène en Suisse

Elle a été introduite dans de nombreuses autres régions, notamment :

Amérique du Nord ;
Australie ;
Nouvelle-Zélande ;
Indonésie ;
Malaisie ;
Philippines.

Habitat

La Morelle noire pousse principalement dans les milieux perturbés et riches en nutriments.

On la rencontre fréquemment dans :

jardins ;
champs cultivés ;
terrains vagues ;
décombres ;
bords de chemins ;
friches ;
cultures maraîchères ;
sols humides et riches.

Elle peut devenir une adventice des cultures.

Selon les régions, elle pousse depuis les plaines jusqu’à plusieurs milliers de mètres d’altitude ; entre environ 600 et 3 000 m.

Principes actifs

Le fruit non mûr contient la toxine solanine.

Le criblage phytochimique a produit des alcaloïdes, des saponines, des tanins, des flavonoïdes et des protéines.

Outre la solanine, la plante a également produit un alcaloïde tropéine à action mydriatique.

Utilisations Culinaire:

Les fruits de certaines variétés sont comestibles, excellents pour les tartes et les confitures.

Les baies noires mûres sont décrites comme sucrées-salées, avec des notes de réglisse et de melon.

Les feuilles bouillies sont consommées comme légume ; souvent, comme ingrédient de préparations de soupe.

Les baies sont comestibles lorsqu'elles sont complètement mûres.

Les Fruits non mûrs signalés comme étant toxiques.

Médecine Rurale:

Aux Philippines, les fruits ont été utilisés pour le diabète.

Le cataplasme de feuilles est sédatif et possède des propriétés cicatrisantes.

Sous forme d'alcool, utilisé pour soulager les douleurs névralgiques.

Une décoction de plante est utilisée comme fomentation pour les yeux irrités et diverses maladies de la peau.

Les jeunes pousses sont considérées comme rafraîchissantes, correctrices et toniques (augmentant la virilité chez l'homme) et bénéfiques aux troubles menstruels chez la femme.

Un cataplasme de racines, de tiges et de feuilles est utilisé pour les plaies, et les furoncles.

En médecine traditionnelle chinoise , utilisée depuis longtemps pour ses effets antitumoraux et anticancéreux.

Les racines ont été utilisées pour la peste bubonique.

Une décoction de tige, feuilles, racines est utilisée pour les plaies et plaies cancéreuses.

Le Jus de feuilles utilisé pour les problèmes rénaux et la gonorrhée.

Une Infusion de feuilles est utilisée en lavement pour les troubles abdominaux chez l'enfant.

Une pâte de baies vertes est utilisée pour la teigne.

Les Feuilles séchées infusées dans de l'eau bouillante sont utilisée comme sudorifique.

Une Décoction de jus de la plante est utilisée pour nettoyer les ulcères fétides.

Une décoction de plante est utilisée pour l'irrigation vaginale.

Les feuilles chauffées sont utilisées pour les douleurs et gonflements testiculaires.

Un cataplasme de feuilles est placé dans les berceaux des nourrissons pour provoquer le sommeil.

Le fruit a été utilisé pour l'érysipèle.

Il est utilisé dans le traitement des fièvres, de la diarrhée, des maladies oculaires et de la rage.

Les Chinois utilisent les feuilles pour soulager les douleurs associées à l'inflammation des reins et de la vessie et à la gonorrhée virulente.

La plante est utilisée en application native sur les pustules charbonneuses.

Mélangé avec du miel, parfois utilisé pour la tuberculose pulmonaire.

En Afrique du Sud , le jus est utilisée pour nettoyer et cicatriser les ulcères fétides.

La plante est utilisée pour les maux de tête.

La plante est utilisée en interne comme diurétique et comme émétique.

Un Cataplasme de feuilles est utilisé sur les articulations rhumatismales et goutteuses.

Un extrait fluide de feuilles et de tiges est utilisé pour l'hydropisie, les maladies cardiaques, les maladies de la peau, les hémorroïdes, la gonorrhée, les gonflements inflammatoires et l'hypertrophie chronique du foie et de la rate.

Un Sirop est utilisé comme boisson rafraîchissante pour les fièvres, et pour favoriser la transpiration.

Les Feuilles chauffées sont appliquées sur les testicules douloureux et gonflés.

En Rhodésie, la plante utilisée contre le paludisme, la fièvre des eaux noires et les dysenteries.

Au Mexique , une décoction de plantes est utilisée en usage externe comme agent réfrigérant, comme vulnéraire sous forme de fomentations, et pour les irritations vaginales.

Le Fruit est utilisé comme remède domestique contre l'érysipèle.

Dans la médecine ZuHindu , les fruits sont utilisés comme tonique, diurétique et dans le traitement des maladies cardiaques et de l'anasarque.

Au Bengale , les baies sont utilisées contre la fièvre, la diarrhée, les maladies des yeux, l'hydrophobie.

Les Feuilles meurtries sont utilisées en usage externe pour soulager la douleur et l'inflammation.

Les Arabes sont connus pour les appliquer sur les brûlures et les ulcères.

Le Jus utilisé pour la teigne, la goutte et le mal d'oreille ; et mélangé avec du vinaigre, utilisé comme gargarisme et bain de bouche.

En 'Inde , les feuilles et les baies sont utilisées dans le traitement des ulcères gastriques, des gastrites et d'autres problèmes gastriques.

Une décoction de baies et de fleurs est utilisées pour la toux.

En Ayurveda , utilisé pour le traitement des ulcères gastriques.

En médecine traditionnelle chinoise, utilisé pour ses effets diurétiques et antipyrétiques.

Les Jeunes pousses, sont consommées après ébullition, comme correctives, rafraîchissantes, toniques pour les hommes (améliore la virilité) et les femmes (améliore les règles).

Les femmes Bote frottent les graines de fruits frais sur leurs joues pour enlever les taches de rousseur et améliorer le teint.

Usages traditionnels

Solanum nigrum possède une très longue histoire d’utilisation en :

Ayurveda ;
médecine traditionnelle chinoise ;
médecine populaire africaine ;
médecines d’Asie du Sud ;
médecine populaire méditerranéenne.

Une revue récente recense des usages traditionnels très variés, notamment contre les inflammations, affections cutanées, douleurs, fièvres et différents troubles digestifs ou urinaires.

Inflammations et douleurs

La plante a traditionnellement été utilisée contre :

inflammations ;
douleurs ;
fièvres ;
gonflements.

Ces usages ont ensuite été étudiés expérimentalement pour leurs effets anti-inflammatoires et antalgiques.

Affections cutanées

Les feuilles ou la plante entière ont été utilisées traditionnellement contre :

eczéma ;
dermatites ;
furoncles ;
abcès ;
plaies ;
certaines infections cutanées.

Des applications locales de feuilles pilées sont notamment documentées en Afrique.

Bouche et gorge

Des usages traditionnels concernent :

maux de gorge ;
douleurs dentaires ;
lésions buccales.

Une préparation de jus de feuilles mélangé à du miel est notamment rapportée dans certaines traditions indiennes pour les lésions douloureuses de la bouche.

Troubles digestifs

La plante a également été utilisée traditionnellement pour :

douleurs gastriques ;
ulcères ;
dysenterie ;
diarrhée ;
troubles digestifs.

Troubles urinaires

Des usages traditionnels sont rapportés pour :

urétrite ;
troubles urinaires ;
certaines inflammations rénales.

Ces indications restent principalement ethnomédicinales.

Usages culinaires

C’est ici qu’il faut être particulièrement précis.

La Morelle noire est effectivement consommée comme plante alimentaire dans plusieurs régions d’Afrique et d’Asie, malgré sa réputation de plante toxique.

Feuilles

Les feuilles sont consommées traditionnellement :

cuites ;
bouillies ;
parfois après pré-cuisson ;
associées à d’autres légumes.

Des études ethnobotaniques rapportent clairement la consommation des feuilles cuites en Afrique et en Asie.

Prudence

L’usage alimentaire dépend :

de l’identification correcte ;
de la variété ;
du stade de maturité ;
des pratiques culinaires locales.

Fruits mûrs

Les baies parfaitement mûres, noires, sont consommées traditionnellement dans certaines régions.

Des enquêtes ethnobotaniques rapportent leur consommation crue lorsqu’elles sont pleinement mûres.

Fruits verts

À éviter.

Les baies immatures présentent les concentrations les plus élevées en alcaloïdes stéroïdiques. Une revue phytochimique rapporte jusqu’à 4,2 % d’alcaloïdes stéroïdiques dans les fruits immatures, cette teneur diminuant avec la maturation.

Posologie

Jus de feuilles — posologie ayurvédique

Une source d'enseignement ayurvédique indienne consacrée spécifiquement à Kakamachi (Solanum nigrum) fournit une posologie quantitative :

Jus frais de feuilles : 10–15 mL par prise.

La plante est traditionnellement employée en Ayurveda notamment dans les troubles respiratoires, cutanés et digestifs. Cette dose concerne bien le jus de feuilles, et non une teinture ou un extrait concentré.

Poudre

La même référence donne :

poudre : 2–4 g par prise.

🍵 Décoction

La posologie ayurvédique publiée est :

décoction : 50–100 mL par prise.

Usage traditionnel contre les troubles hépatiques

Une enquête ethnomédicinale réalisée auprès de praticiens traditionnels de Multan, au Pakistan, rapporte une donnée quantitative intéressante :

feuilles : infusion
1 cuillère à café de l'infusion
utilisée traditionnellement pendant 3 mois.

La même enquête rapporte pour les fruits séchés : 5–7 g dans les pratiques concernant les troubles hépatiques.

Ces indications sont ethnomédicinales et ne constituent pas un traitement clinique validé de la cirrhose ou d'une autre maladie hépatique.

🍃 Feuilles — préparation contre la fièvre

Une autre tradition donne une préparation très concrète :

1 poignée de feuilles
faire bouillir dans 1 litre d'eau
préparation traditionnellement utilisée contre la fièvre.

Feuilles — usage externe

Les usages externes sont nombreux : les feuilles fraîches écrasées, leur jus ou les feuilles cuites sont traditionnellement appliqués sur les plaies, brûlures, douleurs, affections cutanées et certaines inflammations.

On retrouve notamment :

feuilles fraîches écrasées → cataplasme local ;
jus frais → application locale ;
feuilles écrasées avec huile d'olive → application traditionnelle sur les brûlures.

Hémorroïdes — donnée quantitative particulière

La National Innovation Foundation of India documente une pratique traditionnelle du Kerala :

extraire le jus des feuilles fraîches ;
prendre 2–3 mL du jus ;
1 fois par jour ;
le jus est également appliqué localement.

Cette dose appartient à une pratique traditionnelle particulière et ne remplace pas la posologie ayurvédique générale de 10–15 mL de jus de feuilles.

Précautions

Généralement considérée comme sûre et cultivée comme culture vivrière dans certains endroits.

Cependant, il existe des rapports de toxicité concernant les fruits et les feuilles en fonction du cultivar et de l'endroit où il est cultivé.

Le fruit vert non mûr est considéré comme toxique et contient la plus grande quantité de solanine toxique.

Les feuilles doivent être bouillies.

Contre-indications

Glycoalcaloïdes toxiques

La Morelle noire contient notamment :

solanine ;
solamargine ;
solasonine ;
dérivés de solasodine.

Ces substances sont des glycoalcaloïdes stéroïdiques pouvant devenir toxiques à dose suffisante.

Fruits verts

Les baies immatures sont la partie la plus préoccupante.

Leur concentration en alcaloïdes est nettement supérieure à celle des fruits mûrs.

À ne pas consommer comme aliment.
Symptômes possibles d’intoxication

Une intoxication par des glycoalcaloïdes peut provoquer :

nausées ;
vomissements ;
douleurs abdominales ;
diarrhée ;
céphalées ;
vertiges ;
somnolence ;
faiblesse ;
troubles neurologiques ;
convulsions dans les cas graves ;
troubles respiratoires ou cardiovasculaires sévères.

Grossesse

Usage médicinal interne déconseillé sans encadrement médical, en particulier sous forme d’extrait concentré.

Allaitement

Même prudence.

Enfants

Les baies peuvent être particulièrement attirantes pour les enfants.

Éviter absolument la consommation des fruits verts ou de plante mal identifiée.

Animaux

La plante peut également provoquer des intoxications chez plusieurs espèces animales.

Identification

Ne pas confondre la Morelle noire avec d’autres Solanaceae toxiques.

Interactions

Médicaments hypoglycémiants

La revue pharmacologique récente rapporte une activité hypoglycémiante expérimentale.

Une prudence théorique est donc justifiée avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres traitements abaissant la glycémie.
Médicaments hépatotoxiques

Même si certaines études expérimentales suggèrent une activité hépatoprotectrice, cela ne signifie pas que la plante protège contre un médicament toxique pour le foie.

Éviter les associations d’extraits concentrés non contrôlés.

Plantes riches en alcaloïdes

Prudence avec d’autres plantes contenant des alcaloïdes puissants ou potentiellement toxiques.

Traitements anticancéreux

Les composés tels que solamargine et solasonine sont étudiés pour leur cytotoxicité, mais il ne faut pas associer des extraits de Morelle noire à une chimiothérapie sans avis spécialisé.

Photographies

Galerie

3 images