Photographie de Pervenche de Madagascar
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Apocynaceae

Pervenche de Madagascar

Catharanthus roseus

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Aussi appelée : Pervenche rose, Catharanthe rose

Description botanique

Catharanthus roseus est une plante herbacée ou un sous-arbrisseau persistant sous climat tropical, généralement haut de 30 à 100 cm.

Racines

Le système racinaire est :

ramifié ;
relativement développé ;
composé d’une racine principale et de nombreuses racines secondaires.

Les racines contiennent également différents alcaloïdes et ne doivent pas être considérées comme une partie alimentaire.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
ramifiées ;
vertes lorsqu’elles sont jeunes ;
devenant légèrement ligneuses à la base avec l’âge.

Comme beaucoup d’Apocynaceae, la plante produit un latex blanchâtre lorsqu’elle est blessée.

Feuilles

Les feuilles sont :

opposées ;
simples ;
entières ;
ovales à elliptiques ;
vert foncé ;
brillantes ;
généralement longues de 2,5 à 9 cm.

La nervure médiane est souvent nettement blanchâtre.

Fleurs

Les fleurs sont très caractéristiques.

Elles possèdent :

une corolle tubulaire ;
5 lobes pétaloïdes ;
une symétrie régulière ;
une coloration rose, mauve, blanche ou rougeâtre selon les cultivars.

Le centre de la fleur est souvent plus foncé.

Fruits

Les fruits sont constitués généralement d’une paire de follicules étroits et allongés.

Ils contiennent plusieurs petites graines.

Répartition

Catharanthus roseus est originaire de Madagascar.

En raison de son intérêt ornemental et médicinal, elle a été introduite dans de très nombreuses régions tropicales et subtropicales.

Elle est aujourd’hui cultivée ou naturalisée dans :

Afrique tropicale ;
Inde ;
Sri Lanka ;
Asie du Sud-Est ;
Philippines ;
Chine méridionale ;
Amérique centrale ;
Caraïbes ;
Amérique du Sud ;
régions tropicales du Pacifique.

Elle est également cultivée comme plante annuelle ornementale dans les régions tempérées.

Habitat

La Pervenche de Madagascar apprécie :

chaleur ;
forte luminosité ;
soleil ;
sols bien drainés ;
climats tropicaux ou subtropicaux.

Elle peut pousser dans :

jardins ;
terrains ouverts ;
friches ;
bords de routes ;
zones côtières ;
sols sableux ;
terrains perturbés.

Une fois installée, elle présente une bonne résistance à la sécheresse.

Elle tolère relativement mal :

gel ;
froid prolongé ;
sols constamment détrempés.

Principes actifs

Alcaloïdes indoliques (notamment la vinblastine et la vincristine)
Saponines, Flavonoïdes, Tanins, Acides phénoliques.

Médecine Rurale.

Les alcaloïdes vinblastine et vincristine sont utilisés dans la chimiothérapie pour traiter divers types de cancer, notamment la leucémie, le lymphome de Hodgkin, et les cancers du sein et des poumons.

Utilisée pour abaisser les niveaux de sucre dans le sang, la plante est bénéfique pour la gestion du diabète.

Antihypertensif, aide à réduire la pression artérielle.

Efficace contre divers types de bactéries et de champignons.

Protège les cellules contre les dommages oxydatifs.

A Madagascar, utilisée depuis des siècles par les guérisseurs traditionnels pour traiter le diabète, les infections microbiennes, les plaies et les troubles digestifs.

En Inde, employée dans la médecine ayurvédique pour traiter le diabète, les troubles menstruels et les problèmes cutanés.

En Afrique et en Amérique du Sud, utilisée pour ses propriétés antimicrobiennes et antifongiques, ainsi que pour traiter le diabète et l'hypertension.

Usages traditionnels

La plante possède une histoire ethnomédicinale complexe dans différentes régions tropicales.

Diabète

Les feuilles ont été traditionnellement utilisées dans plusieurs régions contre :

diabète ;
glycémie élevée.

Cet usage historique a contribué à l’intérêt scientifique porté à la plante.

Hypertension

Des préparations traditionnelles ont également été employées contre l’hypertension artérielle.

Les effets hypotenseurs de certains alcaloïdes ont été étudiés expérimentalement.

Plaies

Les feuilles écrasées ont connu des applications traditionnelles sur :

plaies ;
petites lésions cutanées ;
irritations.
Troubles digestifs

Différentes traditions rapportent son emploi contre :

diarrhée ;
dysenterie ;
douleurs abdominales ;
troubles digestifs.
Fièvre

La plante a également été utilisée traditionnellement dans certaines régions contre la fièvre.

Troubles menstruels

Des usages traditionnels gynécologiques sont rapportés dans certaines pharmacopées populaires.

Cancer

Il est essentiel de présenter cet usage avec précision.

La plante a acquis une importance exceptionnelle en oncologie grâce à la découverte de certains de ses alcaloïdes.

Usages culinaires

Catharanthus roseus n’est pas une plante alimentaire.

Posologie

Feuilles — dose traditionnelle contre la glycémie élevée

Une enquête ethnomédicinale menée à Maurice fournit une préparation particulièrement précise :

7 feuilles
dans 2 tasses d’eau chaude, en infusion
boire 1 tasse
3 fois par semaine.

Cette préparation était traditionnellement employée dans le contexte du diabète de type 2.

Feuilles ou fleurs fraîches — autre pratique indienne

Une étude ethnobotanique récente du district de Darjeeling rapporte :

2 à 3 feuilles OU 2 à 3 fleurs fraîches
consommées directement
chaque matin, traditionnellement dans le contexte du diabète et de l'hypertension.

Il s'agit d'une pratique ethnomédicinale

Décoction de feuilles — autre dose traditionnelle

Une compilation ethnomédicinale du Bangladesh rapporte :

feuilles → décoction
50 mL par prise
3 fois par jour, traditionnellement pour contrôler la glycémie.

Jus frais des feuilles

La même source fournit une autre posologie quantitative :

jus frais de feuilles : 5 mL
3 fois par jour
pendant 7 jours, dans un usage traditionnel concernant les règles très abondantes (ménorragies).

Fleurs — préparation traditionnelle

Une préparation traditionnelle du Bangladesh utilise :

fleurs → décoction
5 mL par prise
2 fois par jour, traditionnellement contre l'asthme.

Une autre compilation ethnomédicinale rapporte, pour le diabète :

extrait aqueux obtenu en faisant bouillir les fleurs : 20 mL
3 fois par jour
pendant 1 mois.

Ces usages sont traditionnels

Racine — dysenterie

Une donnée ethnomédicinale quantitative indique :

racine séchée → poudre
2 g par prise
2 fois par jour
pendant 7 jours, traditionnellement contre la dysenterie.

La racine contient cependant plusieurs alcaloïdes actifs ; elle mérite donc davantage de prudence que l'utilisation occasionnelle de quelques feuilles.

Racine — décoction traditionnelle très concentrée

Une revue des recettes ethnomédicinales d'Asie du Sud rapporte également :

60 g de racines séchées → décoction
120 mL de préparation par prise
2 fois par jour.

C'est une préparation traditionnelle

Racine — gonorrhée : dose ethnomédicinale africaine

Chez les guérisseurs Bapedi du Limpopo, en Afrique du Sud, une enquête a trouvé une pratique assez homogène :

racine → bouillie pendant 20 minutes
300 mL de préparation par prise
3 fois par jour
pendant 7 jours.

Fièvre — Maurice

Une enquête portant sur les remèdes administrés aux enfants à Maurice rapporte :

feuilles → décoction
prise le soir
pendant 5 jours, traditionnellement contre la fièvre.

Précautions

et contre-indications.

Les alcaloïdes présents dans la plante peuvent être toxiques à des doses élevées.

Les effets secondaires possibles incluent des nausées, des vomissements, des diarrhées et des étourdissements.

Contre-indications

Toxicité

Toutes les parties de la plante doivent être considérées comme potentiellement toxiques lorsqu'elles sont utilisées à dose médicinale non contrôlée.

Une ingestion importante peut notamment provoquer :

nausées ;
vomissements ;
troubles digestifs ;
faiblesse ;
hypotension ;
manifestations neurologiques ;
anomalies sanguines selon l’exposition.
Moelle osseuse

Certains alcaloïdes de la plante interfèrent avec la division cellulaire.

Les dérivés pharmaceutiques peuvent notamment provoquer une toxicité hématologique, selon la molécule.

Neurotoxicité

La vincristine est notamment connue pour sa neurotoxicité lorsqu’elle est utilisée comme médicament anticancéreux.

Cela ne signifie pas qu’une infusion contient une dose thérapeutique contrôlable de vincristine : au contraire, cela illustre pourquoi l’automédication avec la plante est problématique.

Grossesse

Usage médicinal contre-indiqué par prudence.

Les alcaloïdes susceptibles d’interférer avec la division cellulaire rendent l’automédication particulièrement inappropriée pendant la grossesse.

Allaitement

Éviter l’usage médicinal.

Enfants

Ne pas utiliser la plante en automédication chez l’enfant.

Maladies hépatiques ou rénales

Les extraits concentrés doivent être évités sans surveillance médicale, particulièrement en cas d’altération importante des fonctions hépatique ou rénale.

Interactions

Médicaments anticancéreux

Ne pas associer une préparation artisanale de Catharanthus roseus à une chimiothérapie sans accord de l’équipe d’oncologie.

La plante contient de nombreux alcaloïdes susceptibles d’introduire des effets pharmacologiques imprévisibles.

Médicaments abaissant la glycémie

Prudence avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres antidiabétiques.

Un effet additif sur la glycémie est théoriquement possible.

Plantes hypoglycémiantes

Même prudence avec des extraits concentrés de :

Momordica charantia ;
Gymnema sylvestre ;
Trigonella foenum-graecum ;
Cinnamomum spp.
Antihypertenseurs

Les usages et activités hypotensives rapportés justifient une prudence avec les médicaments abaissant la pression artérielle.

Médicaments neurotoxiques

Une prudence particulière est nécessaire lorsque d’autres traitements possèdent déjà un potentiel neurotoxique.

Médicaments affectant la moelle osseuse

L’utilisation médicinale artisanale est particulièrement déconseillée avec des traitements susceptibles d'entraîner :

leucopénie ;
thrombopénie ;
myélosuppression.

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