Photographie de Petite fleur d'eau
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Commelinaceae

Petite fleur d'eau

Commelina diffusa

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Aussi appelée : Comméline diffuse, Comméline rampante

Description botanique

Commelina diffusa forme généralement des tapis végétaux bas et étendus.

Racines

Le système racinaire est :

fibreux ;
relativement superficiel ;
fortement ramifié.

Les tiges rampantes peuvent produire des racines adventives au niveau des nœuds lorsqu’elles touchent un sol humide.

Cette propriété facilite fortement sa propagation.

Tiges

Les tiges sont :

charnues ;
succulentes ;
rampantes à ascendantes ;
fortement ramifiées ;
généralement vertes ;
fragiles ;
capables de s’enraciner aux nœuds.

Elles peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres, voire davantage lorsqu’elles progressent dans la végétation.

Feuilles

Les feuilles sont :

simples ;
alternes ;
ovales à lancéolées ;
vertes ;
relativement souples ;
généralement longues de quelques centimètres.

La base foliaire forme une gaine entourant partiellement la tige, caractère typique des Commelinaceae.

Fleurs

Les fleurs sont petites et très caractéristiques.

Elles possèdent généralement 3 pétales, dont :

2 pétales supérieurs bleus, bien développés ;
1 pétale inférieur beaucoup plus petit, pâle ou presque translucide.

Les fleurs sont portées par une spathe verte pliée, en forme de petite enveloppe ou de bateau.

Chaque fleur est généralement de courte durée, souvent seulement une journée, ce qui explique le nom anglais dayflower.

Fruits

Le fruit est une petite capsule contenant plusieurs graines.

La reproduction peut donc être :

sexuée par graines ;
végétative par enracinement des fragments de tiges.

Répartition

Commelina diffusa possède aujourd’hui une très vaste répartition tropicale et subtropicale.

Elle est présente notamment en :

Asie du Sud ;
Asie du Sud-Est ;
Philippines ;
Indonésie ;
Malaisie ;
Chine méridionale ;
Inde ;
Sri Lanka ;
Afrique tropicale ;
îles du Pacifique ;
Amérique centrale ;
Caraïbes ;
Amérique du Sud ;
certaines régions chaudes d’Amérique du Nord.

Son origine biogéographique précise est compliquée par sa très ancienne dispersion dans les régions tropicales.

Elle peut devenir localement une adventice envahissante des cultures.

Habitat

La Petite fleur d’eau affectionne particulièrement les endroits :

humides ;
chauds ;
partiellement ombragés à ensoleillés ;
riches en matière organique.

Elle pousse fréquemment dans :

fossés ;
bords de ruisseaux ;
terrains humides ;
rizières ;
plantations ;
jardins ;
champs cultivés ;
bords de chemins ;
friches ;
pelouses tropicales.

Malgré son nom de « fleur d’eau », ce n’est pas une plante aquatique stricte : elle pousse principalement sur des sols terrestres suffisamment humides.

Elle peut cependant coloniser les bordures de milieux aquatiques et les terrains périodiquement inondés.

Principes actifs

Un extrait méthanolique a montré une plus grande quantité de stéroïdes, d'alcaloïdes, de composés phénoliques, de tanins, de saponines, d'acides aminés et de phytostérols.

Usages traditionnels

Les usages médicinaux varient considérablement selon les pays et les traditions locales.

Plaies

Les feuilles ou la plante fraîche écrasée sont traditionnellement appliquées sur certaines :

petites plaies ;
coupures ;
lésions superficielles.
Inflammations cutanées

La plante fraîche possède des usages populaires externes contre :

irritations ;
inflammations ;
gonflements.
Brûlures légères

Des préparations fraîches ont été utilisées localement pour apaiser certaines brûlures superficielles.

Fièvre

La plante possède également un usage traditionnel dans certains pays tropicaux contre les états fébriles.

Douleurs

Des préparations traditionnelles sont rapportées contre différentes douleurs et manifestations inflammatoires.

Troubles urinaires

La plante est parfois employée traditionnellement comme diurétique, notamment pour favoriser l’élimination urinaire.

Troubles digestifs

Des usages ethnomédicinaux concernent également :

troubles gastriques ;
douleurs abdominales ;
troubles intestinaux.
Infections

La plante a été utilisée traditionnellement dans certaines affections considérées comme infectieuses.

Usages culinaires

Commelina diffusa possède des usages alimentaires locaux, mais ceux-ci sont beaucoup moins universels que pour un légume cultivé.

Jeunes feuilles

Dans certaines régions, les jeunes feuilles et pousses tendres sont consommées comme légume-feuille.

Elles peuvent être :

cuites ;
bouillies ;
ajoutées à des soupes ;
incorporées à des plats de légumes.
Jeunes tiges

Les parties tendres peuvent également être consommées dans certaines traditions alimentaires locales.

Cuisson

Pour une plante sauvage récoltée comme aliment, il est préférable de privilégier une identification botanique certaine et une préparation conforme à la tradition alimentaire locale.

Attention au lieu de récolte

Cette espèce pousse fréquemment :

dans les fossés ;
dans les cultures ;
en bordure de route ;
dans les terrains perturbés.

Il faut donc éviter les plantes provenant de zones susceptibles d’être contaminées par :

pesticides ;
herbicides ;
eaux polluées ;
métaux lourds ;
déjections animales.

Posologie

Rhizome — décoction traditionnelle

Une enquête ethnobotanique africaine documente précisément la fréquence d’administration :

rhizome/bulbe → décoction
voie orale
2 fois par jour.

Cette préparation était notamment employée traditionnellement chez l’enfant comme purgatif et dans certains soins traditionnels entourant le cordon ombilical.

Plante entière — décoction orale

Une enquête récente auprès des communautés Zhuang de Jingxi, en Chine, rapporte :

plante entière → bouillie dans l’eau
décoction prise par voie orale, traditionnellement notamment contre la gonorrhée et dans des pratiques associées aux traumatismes osseux.

Feuilles — plaies, abcès et furoncles

L'utilisation externe est beaucoup mieux documentée que la posologie orale. En Malaisie péninsulaire :

feuilles fraîches → écrasées
application directe en cataplasme sur les plaies et lésions cutanées.

les feuilles sont largement employées de cette manière sur les plaies et lésions suppurantes.

Une revue récente confirme l'emploi des feuilles écrasées en application locale contre les abcès, plaies, articulations douloureuses, inflammations, brûlures et piqûres d'insectes.

Mucilage des tiges — plaies

Les tiges de C. diffusa sont riches en mucilage.

tiges fraîches → écraser/exprimer le mucilage
appliquer localement sur la plaie.

Menstruations irrégulières

En Indonésie :

feuilles + tiges → écrasées
préparation traditionnellement utilisée contre les menstruations irrégulières.

Brûlures et affections cutanées

À La Réunion, l'ethnopharmacologie rapporte l'utilisation de C. diffusa sous forme de :

décoction → bain, traditionnellement contre certaines affections cutanées et brûlures.

Inflammation — pâte de feuilles

Une enquête ethnobotanique au Pakistan rapporte une préparation très simple :

feuilles fraîches → écrasées en pâte
application externe sur la région inflammatoire.

Cette utilisation est cohérente avec l'emploi mucilagineux et émollient traditionnel des Commelina.

Constipation — usage traditionnel particulier

À La Réunion, C. diffusa et C. benghalensis sont traditionnellement regroupées sous le nom d'« herbe de l'eau ». Une décoction tiède additionnée d'huile d'olive était historiquement utilisée en lavement contre la constipation du nourrisson.

Précautions

Aucun Connu à ce jour

Contre-indications

Identification

La première précaution concerne l’identification botanique correcte.

Plusieurs espèces de Commelina se ressemblent fortement.

Grossesse

En raison du manque de données toxicologiques suffisantes, éviter les extraits médicinaux concentrés pendant la grossesse.

Allaitement

Même prudence pendant l’allaitement.

Enfants

Aucune posologie pédiatrique moderne standardisée n’est établie.

Usage prolongé

L’absence de signal toxicologique majeur dans certains usages traditionnels ne constitue pas une preuve de sécurité pour une consommation médicinale concentrée et prolongée.

Récolte sauvage

Ne pas utiliser une plante récoltée dans :

zones traitées aux herbicides ;
cultures récemment pulvérisées ;
fossés pollués ;
eaux contaminées ;
bords de routes fortement circulées.

Interactions

Antidiabétiques

Certaines recherches sur Commelina et des extraits végétaux apparentés ont exploré des effets sur le métabolisme glucidique.

Par prudence, avec un extrait concentré, surveiller une éventuelle addition d’effet avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres antidiabétiques.

Cette interaction reste théorique/préclinique.

Plantes hypoglycémiantes

Même prudence théorique avec des extraits concentrés de :

Momordica charantia ;
Gymnema sylvestre ;
Trigonella foenum-graecum ;
Cinnamomum spp.
Diurétiques

En raison de son usage diurétique traditionnel, une prudence est raisonnable avec :

médicaments diurétiques ;
associations de plusieurs plantes fortement diurétiques.
Plantes diurétiques

Prudence avec des préparations concentrées associant notamment :

Equisetum arvense ;
Taraxacum officinale ;
Urtica dioica ;
Orthosiphon aristatus.

Il ne s’agit pas d’interactions cliniquement établies mais d’un risque théorique d’addition des effets.

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