Photographie de Pistachier de l'Atlas
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Anacardiaceae

Pistachier de l'Atlas

Pistacia atlantica

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Aussi appelée : Pistachier de l’Atlantique, Pistachier sauvage

Description botanique

Pistacia atlantica est un arbre caducifolié ou parfois semi-persistant selon le climat, pouvant généralement atteindre 5 à 15 m, parfois davantage.

Il peut vivre très longtemps dans les régions arides.

Racines

Le système racinaire est :

puissant ;
profond ;
fortement ramifié.

Cette architecture lui permet d’exploiter l’eau présente dans les couches profondes du sol et explique en partie son excellente résistance à la sécheresse.

Tronc

Le tronc est :

robuste ;
souvent tortueux ;
fortement ramifié chez les vieux individus.
Écorce

L’écorce devient :

grisâtre ;
brunâtre ;
fissurée ;
rugueuse avec l’âge.

Lorsque l’arbre est blessé, il peut exsuder une oléorésine aromatique.

Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
composées ;
imparipennées ou parfois paripennées selon les formes ;
constituées de plusieurs folioles.

Les folioles sont généralement :

ovales à lancéolées ;
coriaces ;
vertes ;
entières.
Fleurs

L’espèce est généralement dioïque :

fleurs mâles sur certains arbres ;
fleurs femelles sur d’autres.

Les fleurs sont :

petites ;
discrètes ;
dépourvues de pétales voyants ;
regroupées en panicules.
Fruits

Le fruit est une petite drupe.

Il devient selon sa maturité :

rougeâtre ;
puis bleuâtre à brun foncé.

Il contient une graine riche en lipides.

Galles

Les feuilles peuvent développer des galles sous l’action de certains insectes.

Ces galles sont particulièrement riches en :

tanins ;
composés phénoliques.

Elles ont également été utilisées traditionnellement.

Répartition

Pistacia atlantica possède une vaste répartition allant de l’Afrique du Nord à l’Asie occidentale.

On le rencontre notamment en :

Maroc ;
Algérie ;
Tunisie ;
Libye ;
régions méditerranéennes orientales ;
Turquie ;
Syrie ;
Liban ;
Jordanie ;
Irak ;
Iran ;
Afghanistan et régions voisines selon les traitements botaniques.

Il est particulièrement caractéristique des paysages semi-arides du Maghreb.

Habitat

Le Pistachier de l’Atlas est remarquablement adapté aux environnements difficiles.

Il pousse dans :

montagnes ;
plateaux ;
steppes ;
terrains rocailleux ;
vallées sèches ;
zones semi-désertiques ;
forêts claires.

Il supporte :

sécheresse prolongée ;
chaleur ;
sols pauvres ;
sols calcaires ;
terrains pierreux ;
amplitudes thermiques importantes.

Il préfère généralement :

exposition ensoleillée ;
drainage excellent ;
absence d’engorgement prolongé.

Sa résistance à la sécheresse en fait une espèce importante pour la restauration des écosystèmes arides.

Principes actifs

Huiles essentielles, Flavonoïdes, Saponines, Tanins.

Utalisations Culinaires.

La résine est utilisée comme additif dans certains plats méditerranéens, notamment pour parfumer les pâtisseries ou aromatiser des boissons.

Les fruits sont consommés localement, souvent utilisés pour la production d'huile ou dans des préparations traditionnelles.

Médecine Rurale.

La résine est appliquée sur les plaies pour accélérer la cicatrisation et prévenir les infections.

Utilisée pour réduire les gonflements et apaiser les inflammations cutanées.

Les feuilles en décoction sont employées pour soulager les troubles digestifs tels que les ballonnements et les douleurs gastriques.

Traditionnellement utilisée pour aider à réguler la glycémie chez les personnes atteintes de diabète.

Usages traditionnels

Troubles digestifs

La résine, les feuilles ou les fruits possèdent des usages traditionnels contre :

indigestion ;
douleurs abdominales ;
troubles gastriques ;
diarrhée.
Ulcères et troubles gastriques

La résine de différentes espèces de Pistacia possède une longue réputation dans les médecines traditionnelles pour les troubles gastriques.

Pour P. atlantica, cet usage reste principalement traditionnel et préclinique.

Diarrhée

Les parties riches en tanins, notamment les galles et certaines préparations de feuilles, sont traditionnellement utilisées comme astringents.

Affections buccales

Les préparations astringentes peuvent être employées traditionnellement contre :

inflammations des gencives ;
petites lésions buccales ;
mauvaise haleine.
Plaies

La résine et certaines préparations végétales sont traditionnellement appliquées sur :

petites plaies ;
coupures ;
lésions cutanées.
Affections cutanées

L’huile, la résine ou les feuilles sont employées dans certaines traditions pour :

irritations ;
inflammations ;
problèmes cutanés superficiels.
Douleurs

Des préparations traditionnelles sont également utilisées contre certaines douleurs et inflammations.

Troubles respiratoires

La résine aromatique possède des usages populaires dans certains troubles respiratoires et comme matière à fumigation.

Usages culinaires

Contrairement à de nombreuses plantes médicinales, Pistacia atlantica possède de véritables usages alimentaires traditionnels.

Fruits

Les fruits peuvent être consommés localement lorsqu’ils sont mûrs.

Ils peuvent également être :

séchés ;
broyés ;
incorporés à certaines préparations alimentaires.

Ils ne doivent cependant pas être confondus avec les grosses pistaches commerciales de Pistacia vera.

Huile des fruits/graines

Les fruits et graines peuvent fournir une huile riche en acides gras.

Elle possède localement des usages :

alimentaires ;
traditionnels ;
cosmétiques.
Résine

La résine aromatique peut avoir des usages traditionnels proches de ceux d’autres résines de pistachiers :

aromatisation ;
mastication ;
préparations traditionnelles.
Condiment

Dans certaines régions, différentes parties aromatiques du pistachier sauvage peuvent entrer dans des préparations locales.

L’usage exact varie fortement selon les populations.

Posologie

Oléorésine — troubles digestifs

La résine, souvent appelée gomme de Baneh, constitue l'une des parties médicinales les mieux étudiées.

Un essai clinique chez des personnes diabétiques présentant des symptômes de gastroparésie a utilisé :

gomme/oléorésine : 2 g par prise
2 fois par jour
soit 4 g/jour
pendant 1 mois.

Dans cette étude, la résine était administrée sous forme de gomme à mâcher.

Oléorésine — diabète de type 2

Un autre essai clinique a utilisé une préparation standardisée :

capsule de 500 mg contenant 350 mg d'oléorésine de P. atlantica
1 capsule, 2 fois/jour
soit 700 mg d'oléorésine/jour
pendant 3 mois.

Extrait — reflux gastrique et Helicobacter pylori

Un essai clinique chez 100 personnes présentant une infection à H. pylori, un reflux gastrique et une toux chronique a administré :

extrait de Pistacia atlantica : 500 mg par prise
2 fois/jour
soit 1 000 mg/jour.

Gomme — foie gras métabolique

Un essai clinique récent sur P. atlantica subsp. kurdica a utilisé un sirop contenant :

500 mg de gomme par cuillère à soupe
2 cuillères à soupe après le petit-déjeuner
2 cuillères à soupe après le dîner
soit 2 000 mg de gomme/jour
pendant 2 mois.

Douleurs articulaires — oléorésine en externe

Une étude clinique particulièrement utile pour la phytothérapie externe a employé :

crème contenant 30 % d'oléorésine semi-fluide de P. atlantica subsp. kurdica
application sur le genou toutes les 8 heures
soit 3 applications/jour
pendant 1 mois.

Une diminution des symptômes de l'arthrose du genou a été rapportée par rapport au placebo.

Autre préparation : pommade à 4 %

Un autre essai randomisé chez des personnes âgées souffrant d'arthrose du genou a utilisé :

pommade contenant 4 % de gomme de Pistacia atlantica
application locale 3 fois/jour
pendant 8 semaines.

L'étude a rapporté une amélioration de la douleur, de la raideur et de la fonction articulaire par rapport au placebo.

Huile des fruits — douleurs du genou

Une étude clinique publiée en 2025 a évalué une pommade préparée à partir de l'huile des fruits de Baneh :

quantité : environ une « fingertip unit », c'est-à-dire la quantité déposée sur le bout du doigt
masser le genou
3 fois/jour
pendant 4 semaines.

La préparation a été comparée au diclofénac topique et a amélioré plusieurs paramètres symptomatiques de l'arthrose. Un seul cas de démangeaison transitoire a été rapporté dans l'étude.

Feuilles — décoction traditionnelle

En Algérie, particulièrement dans la région de Naâma, les feuilles représentent la partie la plus fréquemment citée dans une enquête ethnobotanique récente. Elles sont notamment préparées :

en décoction ;
en tisane ;
réduites en poudre ;
mélangées à du miel, du lait, des dattes ou de l'eau.

Les indications rapportées comprennent notamment les affections buccales, ulcères gastriques, infections respiratoires et problèmes cutanés.

Contre-indications

Allergie aux Anacardiaceae

La plante appartient à la même famille que :

pistachier cultivé ;
noix de cajou ;
manguier.

Une personne allergique aux pistaches ou à d’autres Anacardiaceae doit donc être particulièrement prudente.

Résine

La résine peut provoquer chez les personnes sensibles :

irritation ;
réaction cutanée ;
dermatite de contact.
Tanins

Les galles et certaines préparations d’écorce ou de feuilles peuvent être très riches en tanins.

Un usage interne excessif peut entraîner :

irritation gastrique ;
nausées ;
constipation ;
diminution de l’absorption de certains minéraux.
Fer

Les tanins peuvent réduire l’absorption du fer non héminique.

Les préparations très tanniques doivent être espacées d’une supplémentation en fer.

Grossesse et allaitement

L’usage alimentaire traditionnel des fruits doit être distingué de l’utilisation d’extraits médicinaux concentrés.

Faute de données suffisantes, les extraits concentrés sont à éviter par précaution pendant :

grossesse ;
allaitement.
Enfants

Aucune posologie médicinale pédiatrique standardisée n’est établie.

Interactions

Suppléments de fer

Les préparations riches en tanins peuvent diminuer l’absorption du fer lorsqu’elles sont prises simultanément.

Antidiabétiques

Des activités hypoglycémiantes ont été étudiées expérimentalement pour certains extraits.

Avec un extrait concentré, une interaction additive avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants

reste théoriquement possible, mais n’est pas suffisamment caractérisée cliniquement.

Même prudence avec de fortes doses d’autres plantes hypoglycémiantes telles que :

Momordica charantia ;
Gymnema sylvestre ;
Trigonella foenum-graecum ;
Cinnamomum spp.
Anticoagulants / antiagrégants

Des effets sur différents paramètres cardiovasculaires et plaquettaires peuvent être étudiés expérimentalement avec les polyphénols, mais aucune interaction clinique majeure propre à P. atlantica n’est suffisamment démontrée.

Autres plantes très tanniques

L'association de fortes doses avec :

chêne ;
tormentille ;
ratanhia ;
autres préparations très astringentes

peut accentuer :

constipation ;
irritation digestive ;
diminution de l’absorption du fer.

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