Photographie de Pois Papillon
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Fabaceae

Pois Papillon

Clitoria Ternatea

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Aussi appelée : Pois bleu, Clitorie de Ternate, Pois de Ternate, Liane bleue.

Description botanique

Port : plante herbacée vivace sous climat tropical, souvent cultivée comme annuelle dans les régions plus froides. C'est une liane grimpante ou volubile pouvant atteindre environ 2 à 5 m, parfois davantage avec un support.

Racines : système racinaire développé, avec nodules fixateurs d'azote caractéristiques des Fabaceae. Les racines sont également utilisées dans certaines traditions médicinales.

Tiges : fines, souples, vertes, ramifiées et volubiles. Elles s'enroulent autour des supports disponibles.

Feuilles : alternes, composées imparipennées, généralement formées de 5 à 7 folioles ovales à elliptiques, à marge entière.

Fleurs : grandes fleurs papilionacées, généralement solitaires ou par petits groupes. La forme caractéristique de la corolle est à l'origine du nom du genre Clitoria. Elles sont le plus souvent bleu cobalt à bleu-violet, avec une zone centrale blanche ou jaunâtre.

Fruits : gousses plates et allongées, devenant brunâtres à maturité.

Graines : plusieurs graines par gousse, généralement brunâtres à presque noires lorsqu'elles sont mûres.

Répartition

L'origine exacte de l'espèce est difficile à établir en raison de sa très ancienne diffusion tropicale.

Elle est aujourd'hui largement présente ou cultivée en :

Asie du Sud et du Sud-Est ;
Inde et Sri Lanka ;
Thaïlande, Vietnam, Malaisie et Indonésie ;
Philippines ;
Afrique tropicale ;
Australie tropicale ;
Caraïbes ;
Amérique centrale et Amérique du Sud.

Elle s'est naturalisée dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales.

Habitat

Le Pois Papillon apprécie :

climat tropical à subtropical ;
chaleur ;
soleil à mi-ombre ;
sols bien drainés ;
humidité modérée.

On le rencontre dans les :

jardins ;
haies ;
friches ;
prairies ;
lisières ;
plantations ;
bords de routes.

Grâce à sa symbiose avec des bactéries fixatrices d'azote, la plante peut également contribuer à l'amélioration de certains sols.

Principes actifs

Des études ont isolé des triterpénoïdes, des glycosides de flavonol, des anthocyanes et des stéroïdes.
L'écorce de racine contient de l'amidon, des tanins et des résines.
Les graines contiennent une huile fixe, une résine acide amère, de l'acide tannique, du glucose.
Le criblage phytochimique d'extrait éthanolique de feuilles a donné des alcaloïdes, des flavonoïdes, des acides aminés libres, des glycosides, des phénols, des protéines, des sucres réducteurs, des stéroïdes et des tanins.

Usages traditionnels

Clitoria ternatea occupe une place importante dans plusieurs médecines traditionnelles asiatiques.

Mémoire et fonctions cognitives : en Ayurveda, la plante est traditionnellement considérée comme un Medhya Rasayana, c'est-à-dire une plante associée au soutien de l'intellect, de la mémoire et des fonctions mentales. Les preuves modernes restent surtout précliniques.

Stress et anxiété : usage traditionnel comme plante calmante et tonique nerveuse. Des activités anxiolytiques ont été observées dans des modèles animaux, mais les données cliniques humaines restent limitées.

Sommeil : parfois employée traditionnellement dans les états d'agitation ou de tension nerveuse. Elle ne constitue pas un hypnotique cliniquement établi.

Épilepsie / convulsions : certains systèmes médicinaux traditionnels mentionnent la plante dans ce contexte, et des effets anticonvulsivants ont été étudiés chez l'animal. Cela ne constitue pas un traitement de l'épilepsie.

Inflammations et douleurs : feuilles, fleurs ou racines ont été utilisées traditionnellement contre différents états inflammatoires et douloureux.

Fièvre : usage traditionnel dans certaines régions.

Troubles digestifs : différentes parties ont été employées pour certains troubles digestifs. Les racines ont également une réputation historique de purgatif à doses importantes, ce qui impose davantage de prudence.

Affections cutanées : feuilles et fleurs sont utilisées dans certaines traditions en application externe.

Usages culinaires

Cette espèce possède un intérêt culinaire particulièrement important grâce à ses fleurs.

Infusion bleue : les fleurs fraîches ou séchées sont utilisées pour préparer une boisson naturellement bleue.

Changement de couleur : les anthocyanes des fleurs sont sensibles au pH. L'ajout de citron ou d'un autre ingrédient acide transforme généralement la couleur :

bleu → violet → rose violacé, selon l'acidité.

Cette propriété est due principalement aux pigments appelés ternatines.

Les fleurs sont également utilisées comme colorant naturel dans :

riz ;
pâtisseries ;
desserts ;
boissons ;
gelées ;
cocktails sans alcool ;
préparations traditionnelles asiatiques.

En Thaïlande, la boisson de fleurs est notamment connue sous le nom de Nam Dok Anchan.

En Malaisie et dans d'autres régions d'Asie du Sud-Est, les fleurs servent traditionnellement à colorer le riz en bleu.

Posologie

Poudre — posologie ayurvédique

Deux collèges universitaires ayurvédiques indiens donnent pour Clitoria ternatea :

poudre (Churna) : 1 à 3 g par prise/jour selon la préparation traditionnelle.

La racine est notamment la partie mise en avant dans la matière médicale ayurvédique.

Cette fourchette de 1–3 g constitue donc une meilleure référence traditionnelle que les doses beaucoup plus élevées parfois proposées sur des sites commerciaux.

Racine fraîche + ghee — mémoire et fonctions cognitives

Un document publié par la division AYUSH indienne donne une préparation traditionnelle particulièrement précise :

pâte de racine fraîche : 1–3 g
mélangée avec du ghee
2 fois/jour.

Cette préparation est traditionnellement utilisée comme Medhya, c'est-à-dire comme tonique des fonctions intellectuelles et de la mémoire.

Les propriétés nootropiques et neuropharmacologiques de la plante ont fait l'objet de nombreuses recherches expérimentales

Poudre de fleurs — ménorragies, usage traditionnel

Le même document AYUSH indique :

fleurs séchées réduites en poudre : 1 g
avec du miel
3 fois/jour.

Cette préparation est traditionnellement utilisée dans les saignements utérins importants/ménorragies.

Il s'agit d'un usage ayurvédique traditionnel

Racine — gonflement filarien

Autre dose traditionnelle donnée par cette source :

pâte de racine : 5 g
par voie orale
2 fois/jour.

Elle est traditionnellement employée contre le gonflement associé à la filariose.

Cette utilisation historique ne remplace évidemment pas le traitement antiparasitaire de la filariose.

Fleurs — extrait aqueux étudié chez l'humain

Un essai clinique randomisé chez 15 hommes en bonne santé a utilisé une boisson contenant :

1 g d'extrait aqueux de fleurs dans 400 mL d'eau, ou
2 g d'extrait dans 400 mL d'eau,
en prise unique.

Les chercheurs ont observé une augmentation de la capacité antioxydante plasmatique et, lorsque l'extrait était pris avec 50 g de saccharose, une diminution de certaines réponses glycémiques et insulinémiques postprandiales.

Attention : il s'agissait d'un extrait aqueux obtenu industriellement puis séché, et non simplement de 1–2 g de fleurs séchées mises dans une tasse.

1–2 g d'extrait avec un repas riche en graisses

Un autre essai clinique chez 16 hommes en surpoids ou obèses a étudié :

extrait aqueux de fleurs : 1 g ou 2 g
administré avec un repas riche en graisses
prise unique.

La dose de 2 g a notamment diminué certains paramètres de la réponse lipidique postprandiale et augmenté certains marqueurs de capacité antioxydante.

Là encore, il s'agit d'une dose expérimentale d'un extrait déterminé et non d'une posologie thérapeutique quotidienne universelle.

5–10 g/jour — étude clinique récente

Une étude clinique publiée en 2026 chez des personnes atteintes de diabète de type 2 et présentant une détresse liée au diabète a étudié des préparations de Clitoria ternatea à :

5 g/jour, ou
10 g/jour,
pendant 12 semaines.

Racines + fleurs — tradition cubaine

Une revue ethnopharmacologique rapporte à Cuba une préparation traditionnelle :

une poignée de racines nettoyées et macérées dans une bouteille d'eau ;
1 verre le soir.

Cette préparation était traditionnellement employée comme emménagogue et pour favoriser les contractions utérines.

Une autre préparation associait :

1 poignée de fleurs + 1 poignée de racines dans une bouteille de vin ;
1 tasse/jour, traditionnellement contre certains troubles hépatiques, intestinaux et l'ancienne « chlorose ».

Ces données historiques sont particulièrement importantes pour comprendre pourquoi l'usage médicinal concentré de la racine mérite de la prudence pendant la grossesse.

Infusion traditionnelle de fleurs

Les fleurs bleues sont largement consommées comme tisane et colorant alimentaire en Asie du Sud-Est. Les sources secondaires proposent fréquemment environ 2–4 g de pétales séchés par tasse, infusés 5–10 minutes.

Précautions

Aucun Connu à ce jour

Contre-indications

Les fleurs utilisées comme aliment ou infusion sont généralement considérées comme relativement bien tolérées.

Troubles digestifs : des quantités importantes ou des extraits concentrés peuvent occasionner chez certaines personnes :

nausées ;
inconfort abdominal ;
diarrhée.

Racines : davantage de prudence est nécessaire, car des effets purgatifs sont historiquement rapportés.

Grossesse : l'usage alimentaire occasionnel des fleurs doit être distingué des préparations médicinales concentrées. En l'absence de données suffisantes, les extraits médicinaux concentrés, particulièrement de racines, sont à éviter pendant la grossesse.

Allaitement : données insuffisantes pour recommander les extraits concentrés.

Enfants : éviter l'utilisation médicinale concentrée sans avis professionnel.

Allergie : une réaction allergique reste possible, notamment chez les personnes sensibles aux Fabaceae, même si elle n'est pas fréquente.

Interactions

Antidiabétiques : des effets hypoglycémiants et une modulation de la réponse glycémique ont été observés expérimentalement et dans quelques petites études alimentaires. Une prudence est donc raisonnable avec les extraits concentrés chez les personnes utilisant de l'insuline ou des médicaments antidiabétiques.

Même prudence en cas d'association concentrée avec des plantes à activité hypoglycémiante telles que :

Momordica charantia ;
Gymnema sylvestre ;
Cinnamomum spp. ;
fenugrec ;
Syzygium cumini.

Sédatifs : l'activité anxiolytique/calmante étant principalement préclinique, une interaction avec les médicaments sédatifs n'est pas cliniquement démontrée. Par prudence, éviter les associations excessives d'extraits concentrés avec plusieurs plantes fortement sédatives.

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