Photographie de Poivre d'eau
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Polygonaceae

Poivre d'eau

Persicaria hydropiper

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Aussi appelée : Renouée poivre d’eau, Persicaire âcre, Curage

Description botanique

Port : plante herbacée annuelle, dressée ou ascendante, généralement haute de 20 à 80 cm, parfois davantage.

Racines : système racinaire relativement superficiel et ramifié. Les parties basses de la tige peuvent s’enraciner au niveau des nœuds lorsqu’elles sont en contact avec un sol humide.

Tiges : cylindriques, articulées par des nœuds bien visibles, souvent rougeâtres, surtout avec l’âge ou sous forte lumière.

Feuilles : alternes, étroites, lancéolées à elliptiques-lancéolées, généralement longues de plusieurs centimètres. Elles possèdent une saveur fortement âcre et brûlante lorsqu’elles sont fraîches.

Comme chez les Polygonaceae, les nœuds portent une ochréa, gaine membraneuse formée par les stipules soudées.

Fleurs : très petites, généralement :

verdâtres ;
blanchâtres ;
rosées.

Elles sont regroupées en épis fins, lâches et souvent légèrement retombants.

Fruits : petits akènes secs, brun foncé à presque noirs à maturité.

Répartition

Persicaria hydropiper possède une vaste distribution dans les régions tempérées de l’Ancien Monde et a été introduite dans d’autres régions.

Elle est présente notamment en :

Europe ;
Afrique du Nord dans certaines zones ;
Caucase ;
Russie ;
Asie occidentale ;
Asie centrale ;
Chine ;
Japon ;
Corée ;
Asie du Sud et du Sud-Est.

Elle s’est également naturalisée dans diverses régions du monde.

Habitat

Comme son nom l’indique, le Poivre d’eau affectionne les milieux humides.

On le rencontre principalement dans :

fossés ;
berges ;
bords d’étangs ;
marais ;
prairies humides ;
rizières ;
terrains temporairement inondés ;
sols boueux ;
bords de cours d’eau.

Il apprécie les sols riches restant frais ou humides.

La plante peut supporter une inondation temporaire, mais ce n’est pas une véritable plante aquatique submergée.

Principes actifs

La graine contient de l'acide polygonique et du tanin.
Les feuilles contiennent une huile essentielle, de l'acide malique et de la phytostérine.
Le porte-greffe donne une huile essentielle, l'oxyméthyl-anthraquinone.
Le criblage de l'extrait d'éthanol a donné des alcaloïdes, des flavonoïdes, des saponines, des tanins, des terpénoïdes et des stéroïdes.

Utilisations Culinaire:

Les Feuilles et les tiges -peuvent être mangées crues ou cuites. Elles ont une forte saveur poivrée;
Les Graine peuvent être également mangées crues ou cuite;. La graine est utilisée comme condiment comme succédané de poivre.
Les graines germées ou les jeunes plants peuvent être utilisés comme garniture ou ajoutés aux salades.

Médecine Rurales:

La plante a une longue histoire d'utilisation, à la fois dans l'herboristerie orientale et occidentale. Elle n'est pas utilisé très souvent et est davantage considéré comme un remède domestique particulièrement apprécié pour ses propriétés astringentes, ce qui le rend utile dans le traitement des saignements, Utilisé dans tous les cas d'hémorragie intestinale (pulmonaire, gastrique, hémorroïdaire, utérine) également utilisé comme sédatif.

La plante entière, seule ou mélangée à d'autres herbes, est décoctée et utilisée dans le traitement d'un large éventail de maladies, notamment la diarrhée, la dyspepsie, les démangeaisons cutanées, les saignements menstruels excessifs et les hémorroïdes.
Un cataplasme de la plante est utilisé pour traiter les zones enflées et enflammées.
les feuilles sont utilisées pour traiter les douleurs rhumatismales, la goutte, les maladies de la peau (gale, teigne), les abcès, les piqûres d'insectes. Le Jus de feuilles utilisé pour les maux de tête, les maux de dents, l'élargissement du foie, les ulcères gastriques, la dysenterie, la dysménorrhée et la perte d'appétit.

Les femmes ont utilisé les racines pour contrôler la fertilité, la poudre de racine séchée est utilisée pour l'interruption de grossesse; une utilisation continue pendant plus d'un an aurait provoqué une stérilité permanente.

Au Vietnam, les tiges et les feuilles sont utilisées pour les morsures de serpents.

Autres:

Donne un colorant jaune utilisé comme colorant textile traditionnel.
Les plantes séchées sont utilisées comme insectifuge et pour protéger les vêtements.
L'extrait de feuilles est pulvérisé contre les ravageurs des cultures.

Usages traditionnels

Saignements

Le Poivre d’eau possède une longue réputation de plante hémostatique traditionnelle.

Il a notamment été employé pour accompagner :

petits saignements ;
saignements menstruels abondants ;
saignements hémorroïdaires ;
certains saignements utérins dans les pharmacopées traditionnelles.

Un saignement important, inhabituel ou persistant nécessite évidemment d’en déterminer la cause.

Hémorroïdes

La plante possède un usage historique particulièrement marqué dans les préparations destinées aux hémorroïdes, notamment lorsqu’elles sont accompagnées de petits saignements.

Menstruations abondantes

Des préparations de parties aériennes ont historiquement été utilisées contre les règles excessivement abondantes.

Il ne faut pas en déduire qu’elle traite la cause d’une ménorragie.

Diarrhée

Les tanins et autres composés astringents expliquent certains usages traditionnels dans les diarrhées légères.

Digestion

Sa saveur âcre lui a également valu certains usages comme stimulant digestif traditionnel.

Douleurs et inflammations

Des usages traditionnels externes et internes existent contre certaines douleurs et inflammations.

Usages culinaires

Le Poivre d’eau possède un véritable usage condimentaire.

Feuilles fraîches

Les jeunes feuilles peuvent être utilisées en petite quantité pour apporter une saveur :

piquante ;
poivrée ;
légèrement brûlante.
Japon

Au Japon, la plante est connue sous le nom de tade et possède des usages culinaires traditionnels.

Les jeunes feuilles peuvent entrer dans certaines sauces et condiments.

Une préparation connue sous le nom de tade-zu associe traditionnellement le caractère piquant du Poivre d’eau à une base vinaigrée.

Condiment

Les feuilles fraîches finement hachées peuvent historiquement servir d’alternative locale au poivre.

La cuisson et surtout le séchage peuvent diminuer fortement le caractère piquant.

Prudence

Il s’agit d’un condiment utilisé en petites quantités, et non d’un légume destiné à être consommé en grandes portions.

Posologie

Parties aériennes — infusion hémostatique

Une revue consacrée aux plantes de la Pharmacopée russe indique pour Persicaria hydropiper :

20 g de parties aériennes
dans 200 mL d'eau
prendre environ 65 mL
3 à 4 fois/jour.

La plante y est répertoriée comme hémostatique.

Autre préparation pharmaceutique russe

Une autre revue détaillée des plantes médicinales russes rapporte une préparation légèrement différente :

10 g de parties aériennes
dans 100 mL d'eau
prendre ⅓ de verre
3 à 4 fois/jour.

Les deux formulations sont en réalité de concentration similaire : 10 g/100 mL = 20 g/200 mL.

Extrait hydroalcoolique

La même documentation russe rapporte également un extrait à l'éthanol à 70 % :

30–40 gouttes par prise
3 à 4 fois/jour.

Cette dose concerne toutefois l'extrait pharmaceutique russe correspondant, et ne doit pas être automatiquement appliquée à une teinture artisanale 1:5 ou 1:10 dont la concentration serait différente.

Hémorragies et menstruations abondantes

En médecine populaire russe, le poivre d'eau possède une longue tradition comme hémostatique, notamment lors de saignements utérins, de menstruations abondantes ou douloureuses et d'hémorroïdes.

Il faut cependant présenter ces indications comme usages traditionnels. Une hémorragie importante, inexpliquée ou persistante nécessite évidemment d'en rechercher la cause plutôt que de compter uniquement sur une plante hémostatique.

Posologie historique française

Une documentation phytothérapeutique française ancienne donne également :

30 g de plante fleurie en infusion
laisser infuser environ 20 minutes
3 tasses/jour.

Une autre préparation historique utilisait 2 pincées de plante coupée par tasse d'eau bouillante, infusées 10 minutes, puis prises par cuillerées au cours de la journée.

Cette dernière est beaucoup moins précise puisque la « pincée » n'est pas une unité standardisée.

🇨🇳 Usage traditionnel chinois — 60 g

Une revue scientifique de la tradition chinoise rapporte un ancien texte de matière médicale dans lequel :

60 g de Polygonum hydropiper
sont bouillis dans l'eau
préparation consommée dans la journée.

Cette préparation était historiquement utilisée contre certaines douleurs et indurations abdominales.

C'est une dose traditionnelle historique élevée, et non une posologie moderne à substituer à celle de la pharmacopée russe.

Usage externe

Les feuilles fraîches écrasées ont été traditionnellement appliquées sur différentes affections cutanées. Les anciens textes chinois décrivent également une décoction de la plante utilisée en bain ou lavage externe, notamment pour les gonflements.

Précautions

Bien qu'aucune mention spécifique n'ait été faite pour cette espèce, il a été rapporté que certaines plantes de ce genre peuvent provoquer une photosensibilité chez les personnes sensibles.
Cette plante est abortive fortement déconseillée aux femmes enceintes

Contre-indications

Irritation digestive

Les composés responsables du goût brûlant peuvent devenir irritants en quantité importante.

Une consommation excessive peut provoquer :

irritation buccale ;
brûlures digestives ;
nausées ;
douleurs abdominales.
Peau

Le suc ou la plante fraîche peut être irritant chez certaines personnes.

Grossesse

L’usage médicinal concentré est déconseillé pendant la grossesse, notamment en raison des anciens usages gynécologiques de la plante et de l’insuffisance des données de sécurité modernes.

L’usage condimentaire occasionnel doit être distingué d’un extrait médicinal concentré.

Allaitement

Les données sont insuffisantes pour recommander les extraits concentrés.

Enfants

Éviter l’automédication avec des extraits concentrés.

Troubles digestifs inflammatoires

Prudence avec les préparations très concentrées en cas de :

gastrite ;
ulcère gastroduodénal ;
irritation digestive importante.

Interactions

Anticoagulants et antiagrégants

En raison de la réputation hémostatique traditionnelle et de données expérimentales concernant certains constituants, une prudence est raisonnable avec :

warfarine et autres anticoagulants ;
antiagrégants plaquettaires.

Il ne faut cependant pas présenter une interaction précise comme cliniquement démontrée en l’absence de données suffisantes.

Plantes hémostatiques

Une association empirique d’extraits concentrés avec plusieurs plantes traditionnellement hémostatiques — par exemple bourse-à-pasteur, achillée millefeuille ou renouée des oiseaux — peut rendre les effets plus difficiles à évaluer.

Plantes irritantes

Éviter l’accumulation de préparations concentrées fortement irritantes pour l’appareil digestif.

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