Photographie de Pomme hippopotame
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Lecythidaceae

Pomme hippopotame

Barringtonia racemosa

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Aussi appelée : Barringtonia à grappes.

Description botanique

Port : arbre ou grand arbuste généralement haut de 5 à 20 m, parfois davantage.

Tronc : souvent assez court et ramifié, avec une écorce grisâtre à brunâtre, devenant rugueuse avec l'âge.

Feuilles

Les feuilles sont :

simples ;
alternes ;
relativement grandes ;
obovales à elliptiques ;
coriaces ;
regroupées vers l'extrémité des rameaux.

Elles peuvent atteindre plusieurs dizaines de centimètres chez certains individus.

Fleurs

La floraison est l'un des caractères les plus spectaculaires de l'espèce.

Les fleurs sont disposées sur de longues grappes pendantes, parfois longues de plusieurs dizaines de centimètres.

Elles possèdent de très nombreuses étamines :

blanches ;
rosées ;
rougeâtres à leur extrémité.

Les fleurs s'ouvrent souvent en soirée ou pendant la nuit et peuvent tomber dès le lendemain.

La pollinisation est notamment assurée par des animaux nocturnes selon les régions.

Fruits

Les fruits sont :

ovoïdes à ellipsoïdes ;
verts puis brunâtres ;
fibreux ;
relativement volumineux.

Ils contiennent généralement une grosse graine.

Leur structure leur permet de flotter, facilitant leur dispersion par l'eau.

Répartition

Barringtonia racemosa possède une vaste répartition tropicale dans l'Ancien Monde.

Elle est rencontrée notamment en :

Afrique orientale ;
Madagascar ;
îles de l'océan Indien ;
Inde ;
Sri Lanka ;
Bangladesh ;
Myanmar ;
Thaïlande ;
Malaisie ;
Indonésie ;
Philippines ;
Papouasie-Nouvelle-Guinée ;
différentes îles du Pacifique.

Elle est particulièrement liée aux milieux humides tropicaux.

Habitat

La Pomme hippopotame pousse principalement dans :

forêts marécageuses ;
berges de rivières ;
estuaires ;
mangroves ;
arrière-mangroves ;
zones périodiquement inondées ;
marais tropicaux.

Elle tolère des sols :

humides ;
vaseux ;
périodiquement submergés ;
légèrement saumâtres.

Elle se développe particulièrement bien dans les régions chaudes et humides à forte disponibilité en eau.

Principes actifs

L’étude d’un extrait chloroforme de fruits a permis d’isoler deux nouveaux métabolites ainsi que l’isoracémosol A et l’acide bétulinique comme métabolites connus.

Utilisations Culinaire.

En Malaisie, les jeunes pousses et les feuilles sont consommées crues comme légume.

Les graines pilées donnent une teneur en amidon, qui est transformée en gâteaux.

Médecine Rurale.

Les différentes parties de Barringtonia racemosa ont des utilisations traditionnelles dans la médecine populaire de diverses régions. Les extraits de certaines parties de la plante sont utilisés pour traiter une variété de maux, y compris les infections de la peau, les douleurs articulaires et les problèmes gastro-intestinaux.

Une décoction d’écorce est utilisée en externe comme antirhumatismal.

Un cataplasmes de feuilles est utilisés pour les démangeaisons cutanées, la varicelle, seuls ou avec de l’écorce ou de la racine.

Le fruit est utilisé pour l’asthme, la toux et la diarrhée.

Les graines sont utilisées dans les coliques et l’ophtalmie.

L’écorce et les feuilles sont utilisées pour les morsures de rats et de serpents, sur les furoncles et les ulcères gastriques.

Le ruit pulvérisé est utilisé comme tabac à priser pour l’hémicranie.

Les graines, données avec du lait, sont utilisées pour les coliques, également utilisé pour la parturition.

Les fruits en poudre sont utilisés comme tabac à priser pour dégager les narines.

Au Kerala, en Inde, les graines sont traditionnellement utilisées pour traiter les maladies de type cancéreux.

En Malaisie, utilisé comme anti-inflammatoire et anticancéreux.

Les feuilles sont utilisées pour traiter l’hypertension artérielle.

En Afrique du Sud, les Zoulous utilisaient le fruit pour traiter le paludisme.

Autres.

L’écorce est utilisée comme poison de poisson. Les graines sont utilisées pour enivrer les poissons.

Usages traditionnels

Différentes parties de Barringtonia racemosa ont une longue histoire ethnomédicinale.

Douleurs et inflammations

Les feuilles et l'écorce sont traditionnellement utilisées pour accompagner :

douleurs ;
gonflements ;
inflammations ;
douleurs rhumatismales.

Les preuves modernes restent principalement précliniques.

Plaies et affections cutanées

Les feuilles, l'écorce ou certaines préparations locales sont appliquées traditionnellement sur :

petites plaies ;
irritations ;
inflammations cutanées ;
démangeaisons ;
certaines lésions superficielles.
Diarrhée et troubles digestifs

L'écorce, riche en substances astringentes, possède des usages traditionnels contre :

diarrhée ;
dysenterie ;
douleurs abdominales ;
autres troubles intestinaux.
Fièvre

Certaines médecines traditionnelles utilisent feuilles ou écorce lors d'états fébriles.

Douleurs dentaires

Des usages ethnobotaniques concernent également :

mal de dents ;
inflammation gingivale ;
troubles buccaux.
Pêche traditionnelle

Un usage ethnobotanique important concerne les graines et parfois d'autres parties riches en saponines, historiquement employées comme poison de pêche.

Cette pratique illustre surtout que les graines possèdent une activité biologique importante et ne doivent pas être assimilées à un aliment ou à un remède oral anodin.

Usages culinaires

Barringtonia racemosa n'est pas une plante alimentaire courante.

La présence de saponines et d'autres constituants actifs impose une prudence particulière.

Posologie

Noix / graine — décoction contre la toux

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, PROSEA rapporte une préparation interne :

gratter/râper la noix ;
préparer une décoction dans l'eau ;
boire la décoction.

Elle est traditionnellement employée contre la toux, la sinusite et la bronchite.

Fruit — toux et asthme

Le fruit est également traditionnellement considéré comme utile contre la toux et l'asthme. D'autres préparations du fruit ont été employées contre diarrhée, jaunisse, céphalées et certaines affections cutanées.

Fruit : préparation orale traditionnelle
Quantité : non précisée

Graine pelée — diarrhée

PROSEA fournit également une préparation traditionnelle intéressante :

graine pelée
mélangée à de la farine et de l'huile
consommée traditionnellement contre la diarrhée.

Écorce — rhumatismes

L'usage externe de l'écorce est beaucoup mieux établi :

préparer une décoction d'écorce ;
appliquer extérieurement sur les régions douloureuses, notamment dans les usages traditionnels contre les rhumatismes.

Cet usage externe est préférable à l'ingestion empirique d'une forte décoction d'écorce.

Racines — fièvre

En Afrique orientale, une décoction de racines est traditionnellement utilisée comme fébrifuge. En Indochine également, les racines ont été employées contre la fièvre et une infusion dans le contexte de la rougeole.

Racines en décoction : voie orale traditionnelle

Feuilles — hypertension et usage dépuratif

En Malaisie péninsulaire, les feuilles sont traditionnellement consommées comme légume médicinal, notamment dans le contexte de l'hypertension et comme « dépuratif ».

Les jeunes feuilles et jeunes pousses peuvent être consommées comme légume après une préparation destinée à réduire leur amertume ; PROTA mentionne notamment leur trempage dans de l'eau de chaux.

Il s'agit donc ici davantage d'un aliment médicinal traditionnel que d'une dose de phytothérapie standardisée.

Feuilles — varicelle et démangeaisons

En Malaisie et en Papouasie-Nouvelle-Guinée :

feuilles, racines ou écorce : application externe traditionnelle contre la varicelle ;
feuilles en cataplasme : application contre les démangeaisons.

Aucune quantité fixe n'est nécessaire : utiliser traditionnellement une quantité suffisante pour préparer le cataplasme ou couvrir la zone concernée

Précautions

Aucun Connu

Contre-indications

Cette section est importante pour Barringtonia racemosa.

Saponines

Certaines parties, notamment les graines, contiennent des saponines susceptibles d'exercer des effets biologiques importants.

À concentration suffisante, certaines saponines sont notamment :

irritantes ;
cytotoxiques ;
hémolytiques in vitro ;
toxiques pour certains organismes aquatiques.

L'activité hémolytique observée en laboratoire ne signifie pas automatiquement qu'une consommation donnée provoquerait une hémolyse chez l'humain, mais elle renforce la nécessité de prudence.

Graines

Les graines ne doivent pas être utilisées en automédication interne.

Grossesse et allaitement

Éviter les préparations médicinales concentrées faute de données fiables sur leur innocuité.

Enfants

Aucune dose médicinale pédiatrique sûre n'est établie.

Maladies hépatiques ou rénales

Éviter l'utilisation interne prolongée d'extraits non standardisés.

Usage externe

Un test sur une petite zone cutanée est préférable avant une application étendue. Arrêter en cas d'irritation importante.

Interactions

Les interactions médicamenteuses de Barringtonia racemosa sont très insuffisamment étudiées chez l'humain.

Antidiabétiques : certains extraits ont montré des effets sur la glycémie dans des modèles expérimentaux. Prudence avec les extraits concentrés associés à l'insuline ou aux médicaments hypoglycémiants.

Anti-inflammatoires : des activités anti-inflammatoires expérimentales existent, mais aucune interaction clinique spécifique avec les AINS n'est suffisamment établie.

Médicaments hépatiques : par prudence, éviter les extraits concentrés non caractérisés en association avec plusieurs médicaments potentiellement hépatotoxiques.

Plantes hypoglycémiantes : l'association de plusieurs extraits concentrés possédant des effets hypoglycémiants expérimentaux pourrait théoriquement augmenter le risque de glycémie trop basse.

Plantes riches en saponines : éviter l'accumulation empirique de fortes doses d'extraits riches en saponines lorsque leur composition exacte est inconnue.

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