Photographie de Prêle
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Equisetaceae

Prêle

Equisetum arvense

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Aussi appelée : Prêle commune, Queue-de-cheval, Queue-de-rat, Herbe à récurer.

Description botanique

Attention à l'identification : la Prêle des champs ne doit pas être confondue avec la Prêle des marais (Equisetum palustre), considérée comme toxique et susceptible de contaminer les récoltes.

Description botanique

La plante présente une particularité remarquable : elle produit deux types de tiges très différents au cours de l'année.

Rhizome

Le rhizome est :

souterrain ;
brun-noir ;
long ;
ramifié ;
profondément implanté.

Il porte de nombreux bourgeons et parfois de petits tubercules.

Ce réseau souterrain explique pourquoi la prêle peut être difficile à éliminer lorsqu'elle colonise un terrain.

Tiges fertiles

Elles apparaissent généralement au début du printemps, avant les tiges vertes.

Elles sont :

brunâtres à beige clair ;
non chlorophylliennes ;
non ramifiées ou très peu ramifiées ;
hautes généralement de 10 à 25 cm.

Elles portent à leur extrémité un strobile contenant les sporanges.

Après la libération des spores, elles dépérissent.

Tiges stériles

Les tiges stériles apparaissent ensuite.

Elles sont :

vertes ;
dressées ;
creuses ;
articulées ;
cannelées ;
généralement hautes de 20 à 50 cm, parfois davantage.

Elles portent des rameaux disposés en verticilles réguliers, donnant à la plante son aspect caractéristique de petite queue-de-cheval.

Feuilles

Les véritables feuilles sont extrêmement réduites.

Elles sont soudées en petites gaines dentées autour des nœuds de la tige.

Fleurs

La prêle ne produit aucune fleur.

Fruits et graines

Elle ne produit ni fruit ni graine.

Spores

La reproduction sexuée s'effectue par des spores produites dans les sporanges du strobile fertile.

Répartition

Equisetum arvense possède une très vaste répartition dans l'hémisphère Nord.

Elle est présente notamment en :

Europe ;
Asie ;
Amérique du Nord ;
régions tempérées et froides de l'Eurasie.

Elle est extrêmement répandue en Europe et peut localement devenir une plante adventice difficile à contrôler.

Habitat

La Prêle des champs apprécie généralement les terrains :

frais à humides ;
argileux ;
limoneux ;
sableux humides ;
perturbés.

On la rencontre fréquemment dans :

champs ;
prairies ;
fossés ;
talus ;
bords de chemins ;
berges ;
jardins ;
terrains vagues.

Elle supporte différents types de sols grâce à son système rhizomateux profondément implanté.

Principes actifs

sont des minéraux comme le potassium, le calcium, le manganèse et le silicium. La prêle contient plus de silicium que l’achillée millefeuille, le bambou ou l’ortie.

On note aussi la présence de flavonoïdes, d’alcaloïdes, de vitamine C et de saponines.

Propriétés thérapeutiques:

la prêle est diurétique, cicatrisante, anticoagulante, et surtout reminéralisante grâce à sa forte teneur en silice.

On la recommande pour toutes les étapes de la vie qui nécessitent une résistance accrue, par exemple pendant la grossesse, l’allaitement, l’âge avancé...

Elle permet d’aider l’organisme en cas de fragilité et, grâce à la silice, elle aide à garder la souplesse des artères.

On l’utilise comme anti-inflammatoire pour les crises de goutte, mais aussi pour les hémorroïdes, les infections. la cystite, hypertension, la tuberculose, l' arthrose, diabète.

En bain de siège, elle permet de décongestionner le petit bassin.

Usages traditionnels

La partie médicinale classique est constituée des tiges stériles vertes séchées.

Troubles urinaires légers

C'est l'un des usages traditionnels majeurs.

La prêle est employée comme diurétique léger, afin d'augmenter le volume urinaire et de favoriser le rinçage des voies urinaires.

Elle est traditionnellement utilisée en accompagnement lors de petits troubles urinaires, à condition qu'une augmentation de l'apport hydrique soit appropriée.

Rétention hydrique légère

Son effet diurétique explique son emploi populaire contre certains gonflements légers associés à une rétention d'eau.

Elle ne constitue cependant pas un traitement des œdèmes liés à une maladie cardiaque ou rénale.

Petites plaies superficielles

En usage externe, la prêle est traditionnellement utilisée pour favoriser la prise en charge de :

petites plaies ;
écorchures ;
irritations superficielles.
Tissus conjonctifs

Sa richesse en silice a conduit à son utilisation traditionnelle pour :

peau ;
cheveux ;
ongles ;
tissus conjonctifs.

La popularité de ces usages est supérieure au niveau de preuve clinique disponible.

Os et articulations

La prêle est fréquemment intégrée aux préparations traditionnelles destinées à la reminéralisation et au soutien osseux.

Usages culinaires

Equisetum arvense n'est pas un aliment courant.

Les jeunes tiges fertiles ont historiquement été consommées dans certaines régions après préparation appropriée, notamment au Japon et dans quelques traditions locales.

Cependant, l'utilisation alimentaire demande une identification botanique irréprochable, notamment pour exclure Equisetum palustre.

Les tiges riches en silice ont également été utilisées autrefois pour récurer et polir :

casseroles ;
objets métalliques ;
bois ;
étain.

Cette utilisation est à l'origine du nom populaire « herbe à récurer ».

Posologie

La plante fraîche en jus: 2 à 3 cuillères à soupe par jour.

En infusion ou en décoction: 10 à 20 gr, de plante séchée par litre d'eau.

En poudre: 1 à 2 gr par jour.

La teinture mère: 20 à 50 gouttes dans un verre d'eau 2 fois par jour.

Contre-Indications:

la prêle n’est pas toxique, mais il faut prendre garde à ne pas la confondre avec Equisetum palustre, la prêle des marais qui peut engendrer des troubles neurologiques graves.

On déconseille la prêle en cas de problèmes au niveau des reins, il faut d’ailleurs boire beaucoup d’eau lorsqu’on la prend en traitement.

Certains la déconseillent pour les femmes enceintes, car ses tiges contiennent un peu de nicotine.

Contre-indications

Confusion avec Equisetum palustre

C'est une précaution fondamentale.

Equisetum palustre, la Prêle des marais, contient des alcaloïdes et est considérée comme indésirable/toxique, notamment chez le bétail.

Une récolte sauvage destinée à un usage médicinal nécessite donc une identification certaine.

Maladies cardiaques ou rénales

Une utilisation destinée à augmenter fortement la diurèse n'est pas appropriée lorsque la réduction ou le contrôle des apports hydriques est nécessaire.

Prudence notamment en cas :

d'insuffisance cardiaque ;
d'insuffisance rénale ;
d'œdèmes d'origine cardiaque ou rénale.
Troubles urinaires

Une consultation est nécessaire en présence de :

fièvre ;
sang dans les urines ;
douleur lombaire importante ;
rétention urinaire ;
symptômes urinaires persistants.
Grossesse et allaitement

Les données de sécurité sont insuffisantes pour recommander un usage médicinal prolongé ou fortement concentré.

Thiamine — vitamine B1

La question d'une activité thiaminase est régulièrement évoquée pour les prêles.

La teneur et la pertinence pour les préparations humaines varient selon l'espèce et le traitement. Par prudence, éviter les consommations importantes et prolongées de plante brute ou insuffisamment contrôlée.

Une vigilance particulière est justifiée chez les personnes présentant déjà un risque de déficit en vitamine B1.

Alcoolisme chronique / malnutrition

Une prudence supplémentaire est raisonnable en raison du risque préexistant de carence en thiamine.

Interactions

Diurétiques

L'association avec des médicaments diurétiques peut théoriquement renforcer :

diurèse ;
déshydratation ;
perturbations électrolytiques.

Prudence notamment avec les diurétiques de l'anse et thiazidiques.

Lithium

Les modifications de l'élimination hydrique et sodée peuvent influencer la concentration du lithium. L'association d'une plante diurétique avec un traitement par lithium nécessite donc une prudence particulière.

Médicaments affectant le potassium

Les modifications hydro-électrolytiques constituent surtout une préoccupation en cas d'usage important ou prolongé associé à :

certains diurétiques ;
laxatifs stimulants ;
médicaments modifiant la kaliémie.
Autres plantes diurétiques

L'association de fortes quantités de prêle avec plusieurs plantes diurétiques peut augmenter la diurèse, par exemple :

orthosiphon ;
pissenlit ;
piloselle ;
verge d'or ;
bouleau.
Plantes laxatives stimulantes

Un usage excessif simultané de diurétiques et de laxatifs stimulants pourrait favoriser des pertes hydro-électrolytiques.

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