Photographie de Pyrèthre
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Asteraceae

Pyrèthre

Anacyclus pyrethrum

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Aussi appelée : Pyrèthre d’Afrique, Pyrèthre marocain, Pyrèthre salivaire, Anacycle pyrèthre.

Description botanique

Attention à la confusion : ce « Pyrèthre » n’est pas le pyrèthre insecticide Tanacetum cinerariifolium, dont les capitules fournissent les pyréthrines. Anacyclus pyrethrum est surtout une plante médicinale à racine piquante et ne doit pas être présenté comme une source classique de pyréthrines insecticides.

Description botanique

Anacyclus pyrethrum est une plante herbacée vivace basse, généralement haute d’environ 10 à 30 cm.

Racine

La racine constitue la principale partie médicinale.

Elle est :

pivotante ;
relativement épaisse ;
cylindrique ;
brunâtre extérieurement ;
blanchâtre à jaunâtre intérieurement ;
fortement aromatique et piquante.

Lorsqu’elle est mâchée, elle provoque rapidement :

picotements ;
sensation de chaleur ;
salivation abondante.
Tiges

Les tiges sont :

courtes ;
couchées à ascendantes ;
ramifiées ;
parfois légèrement velues.

La plante peut former une touffe relativement étalée.

Feuilles

Les feuilles sont :

alternes ;
profondément divisées ;
pennatiséquées ;
découpées en segments fins.

Elles donnent à la plante une apparence rappelant certaines camomilles.

Fleurs

Les inflorescences sont des capitules, caractéristiques des Asteraceae.

Elles comprennent :

des fleurs tubulées jaunes au centre ;
des fleurs ligulées blanches en périphérie.

Le revers des ligules peut présenter des nuances :

rosées ;
rougeâtres ;
violacées.
Fruits

Les fruits sont des akènes, généralement aplatis, portant des structures facilitant leur dissémination..

Répartition

Anacyclus pyrethrum est principalement une plante du bassin méditerranéen occidental.

Elle est particulièrement associée à :

Maroc ;
Algérie ;
certaines régions d’Afrique du Nord ;
Espagne et régions méditerranéennes voisines.

Le Maroc constitue historiquement l’une des régions les plus importantes pour la récolte et le commerce de sa racine médicinale.

La plante est également cultivée ponctuellement en dehors de son aire naturelle.

Habitat

Le Pyrèthre affectionne les milieux :

secs ;
ensoleillés ;
ouverts ;
pierreux ou sablonneux.

On peut le rencontrer dans :

pâturages secs ;
terrains rocailleux ;
friches ;
pentes ;
zones montagneuses méditerranéennes ;
terrains ouverts relativement pauvres.

Il est adapté à :

une forte luminosité ;
des périodes de sécheresse ;
des sols bien drainés.

Principes actifs

Pyréthrines Alkylamides Inuline, mucilages, résines, huiles essentielles.

Usages traditionnels

La racine est de loin la partie la plus importante en médecine traditionnelle.

Douleurs dentaires

La racine a historiquement été mâchée ou appliquée localement lors de :

mal de dents ;
douleurs dentaires ;
inconfort gingival.

L’effet piquant provoque une salivation intense et une sensation locale marquée.

Salivation insuffisante / sécheresse buccale

Son puissant effet sialagogue explique son utilisation traditionnelle pour stimuler la production de salive.

Troubles de la bouche

La racine a également été employée pour :

inconfort buccal ;
certaines irritations gingivales ;
stimulation des muqueuses.
Troubles digestifs

Elle possède une réputation traditionnelle de :

stimulant digestif ;
stomachique ;
carminatif.

Elle a été utilisée lors de :

digestion lente ;
manque d’appétit ;
ballonnements.
Fatigue et faiblesse

Dans les médecines nord-africaines, ayurvédiques et Unani, la racine possède une réputation de tonique et stimulant général.

Troubles sexuels masculins

La plante est traditionnellement utilisée comme :

aphrodisiaque ;
tonique sexuel masculin ;
soutien de la libido.

Cette réputation est importante dans les médecines ayurvédique et Unani, mais les preuves humaines restent insuffisantes.

Fertilité masculine

Des recherches précliniques ont étudié la plante concernant :

spermatogenèse ;
paramètres spermatiques ;
testostérone ;
comportement sexuel.

Ces données animales ne suffisent pas à établir un traitement de l’infertilité masculine.

Douleurs et rhumatismes

La racine est traditionnellement employée contre :

douleurs articulaires ;
douleurs musculaires ;
rhumatismes ;
certaines douleurs nerveuses.
Paralysie et troubles neurologiques

Les médecines anciennes mentionnent également son emploi dans certaines formes de :

paralysie ;
faiblesse nerveuse ;
troubles neurologiques.

Ces indications sont historiques et traditionnelles,

Usages culinaires

Anacyclus pyrethrum n’est pas une plante alimentaire courante.

Posologie

Poudre de racine — 1 à 3 g

Les données de médecine Unani donnent une fourchette quantitative intéressante :

poudre de racine : 1–3 g par prise/jour selon l'usage traditionnel
dose courante rapportée : 2–3 g
maximum traditionnel rapporté : environ 3,5 g.

Les textes traditionnels adaptent cette quantité à l'âge, au tempérament et à l'indication. :

Petites doses — 0,5 à 1 g

Certaines sources traditionnelles distinguent une quantité plus faible :

0,5–1 g de poudre de racine, notamment dans les usages traditionnels antalgiques et anti-inflammatoires.

Les quantités plus élevées, 2,75–3,5 g, apparaissent dans les textes Unani pour des effets plus fortement stimulants ou expectorants. Elles représentent le haut de la fourchette traditionnelle

Poudre de racine + miel

Dans la vallée d'Aït Mhamed, au Maroc, l'une des préparations les plus caractéristiques consiste à :

sécher la racine
la réduire en poudre
mélanger la poudre avec du miel.

Elle est traditionnellement utilisée notamment dans les rhumatismes articulaires, douleurs lombaires et troubles digestifs.

Décoction de racine

Au Maroc, la décoction des racines est traditionnellement utilisée contre les douleurs intestinales, coliques, troubles gastriques, rhumatismes articulaires et stomatites.

Racine sèche : décoction

Infusion de racine

Les enquêtes ethnobotaniques du Maroc documentent également l'infusion des racines, notamment pour :

maux de gorge • douleurs dentaires • soins traditionnels de la peau.

Racine à mâcher — douleur dentaire

Un usage traditionnel très caractéristique consiste à mâcher un petit morceau de racine fraîche ou sèche. La racine provoque rapidement :

picotement → sensation de chaleur → salivation importante → engourdissement local.

La Pharmacopée de l'Inde historique décrivait déjà la racine comme stimulante locale, rubéfiante et sialagogue, notamment employée localement contre les douleurs dentaires et certaines affections de la bouche et de la gorge.

petit morceau de racine à mâcher brièvement
recracher après utilisation

L'effet irritant augmente avec la durée de contact.

Teinture historique de pyrèthre

La Pharmacopée de l'Inde de 1868 décrit une teinture officinale de racine préparée à partir de :

4 ounces de racine grossièrement pulvérisée
1 pint d'alcool rectifié, par macération puis percolation.

Il s'agit d'une préparation pharmaceutique historique, principalement destinée aux usages locaux bucco-dentaires

Pharmacopoeia of India — Anacyclus pyrethrum

Stomatite et bouche

PRELUDE documente spécifiquement au Maroc :

racines en décoction
utilisées contre les inflammations de la bouche et les troubles gastriques.

Pour une utilisation buccale traditionnelle, la décoction peut donc être employée comme bain de bouche/gargarisme puis recrachée, sans avaler de grandes quantités.

Usage externe — rhumatismes et dermatites

À Khénifra, au Maroc :

racines incorporées dans de l'huile d'olive sous forme de préparation externe
appliquées traditionnellement sur les zones concernées, notamment dans les rhumatismes, abcès et certaines dermatoses.

Contre-indications

Irritation buccale

La racine peut provoquer :

brûlure ;
picotements intenses ;
salivation excessive ;
irritation des muqueuses.

Une exposition importante peut devenir douloureuse.

Irritation digestive

À dose élevée ou sous forme concentrée, elle peut provoquer :

brûlures gastriques ;
nausées ;
douleurs abdominales ;
irritation digestive.
Gastrite et ulcère

Une prudence particulière est indiquée chez les personnes présentant :

gastrite ;
ulcère gastroduodénal ;
reflux gastro-œsophagien important.
Grossesse

L’usage médicinal concentré est à éviter pendant la grossesse, faute de données de sécurité suffisantes et en raison de la réputation traditionnelle de certaines préparations comme stimulantes.

Allaitement

Données insuffisantes : éviter les extraits concentrés par prudence.

Enfants

L’utilisation interne concentrée n’est pas recommandée sans encadrement spécialisé.

Allergie aux Asteraceae

Prudence chez les personnes allergiques aux plantes de la famille des Asteraceae :

camomille ;
arnica ;
achillée ;
ambroisie ;
chrysanthème.

Une allergie croisée est possible, bien qu’elle ne survienne pas systématiquement.

Interactions

Médicaments antidiabétiques

Certains travaux précliniques suggèrent des effets métaboliques possibles.

Avec des extraits concentrés, une prudence théorique est justifiée avec :

insuline ;
metformine ;
sulfamides hypoglycémiants ;
autres antidiabétiques.
Plantes hypoglycémiantes

Même prudence avec de fortes associations contenant :

Fenugrec ;
Gymnema ;
Momordique ;
Cannelle ;
autres plantes susceptibles d'abaisser la glycémie.
Plantes fortement stimulantes ou irritantes

L’association de préparations concentrées avec :

Gingembre ;
Piment ;
Poivre long ;
Poivre noir ;
autres plantes très piquantes

peut augmenter l’irritation digestive chez les personnes sensibles.

Médicaments hormonaux / fertilité

En raison des effets reproductifs observés dans certaines études animales, la prudence est justifiée avec des extraits concentrés chez les personnes recevant un traitement hormonal ou un traitement de fertilité.

Il ne s’agit toutefois pas d’une interaction clinique démontrée.

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