Photographie de Raisinier bord de mer
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Polygonaceae

Raisinier bord de mer

Coccoloba uvifera

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Aussi appelée : Raisin de mer, Raisinier des plages.

Description botanique

Le Raisinier bord de mer se présente comme un arbuste fortement ramifié ou un petit arbre généralement haut de 2 à 8 m, mais pouvant devenir plus grand dans des conditions favorables.

Racines

Le système racinaire est :

ligneux ;
robuste ;
largement ramifié ;
bien adapté aux sols sableux.

Il contribue à la stabilisation des sols littoraux et des dunes.

Tronc et écorce

Le tronc est :

court ;
souvent tortueux ;
fortement ramifié.

L’écorce devient :

grisâtre ;
brunâtre ;
rugueuse ;
fissurée avec l’âge.

Elle est riche en substances astringentes, notamment en tanins.

Feuilles

Les feuilles sont particulièrement caractéristiques :

simples ;
alternes ;
presque rondes à largement ovales ;
épaisses ;
coriaces ;
généralement de 10 à 25 cm environ ;
à nervures souvent rougeâtres.

Les jeunes feuilles peuvent présenter des teintes :

bronze ;
rougeâtres ;
cuivrées.

Les feuilles âgées peuvent également rougir avant leur chute.

Comme chez les autres Polygonaceae, la base du pétiole est associée à une ochréa, gaine stipulaire caractéristique de la famille.

Fleurs

Les fleurs sont :

petites ;
blanchâtres ;
crème à verdâtres ;
regroupées en longues grappes.

Les plantes peuvent présenter une organisation sexuelle complexe, et la production de fruits dépend notamment de la présence de fleurs fonctionnellement fertiles et de la pollinisation.

Fruits

Les fruits sont regroupés en grappes pendantes rappelant de petites grappes de raisin.

Ils passent du :

vert

au :

rose ;
rouge ;
pourpre ;
violet foncé

à maturité.

Le fruit est charnu et renferme une graine relativement volumineuse.

La pulpe possède une saveur :

acidulée ;
légèrement sucrée ;
parfois astringente.

Répartition

Coccoloba uvifera est originaire des régions littorales tropicales et subtropicales des Amériques et des Caraïbes.

On le rencontre notamment :

Floride ;
Bahamas ;
Antilles ;
Cuba ;
Hispaniola ;
Porto Rico ;
Jamaïque ;
nombreuses îles des Caraïbes ;
Mexique ;
Amérique centrale ;
littoraux tropicaux d’Amérique du Sud.

Il a également été introduit comme plante :

ornementale ;
fruitière ;
brise-vent ;
stabilisatrice des sols

dans d’autres régions tropicales.

Habitat

Le Raisinier bord de mer est remarquablement adapté aux environnements côtiers.

Il pousse notamment sur :

plages ;
dunes ;
arrière-plages ;
sols sableux ;
littoraux rocheux ;
zones côtières sèches ;
lisières de mangroves.

Il tolère particulièrement bien :

embruns salins ;
vent ;
soleil intense ;
sécheresse ;
sols pauvres ;
sable ;
chaleur tropicale.

Il supporte la salinité mais n’est pas pour autant une plante aquatique.

Rôle écologique

Son système racinaire et son port dense contribuent à :

fixer le sable ;
réduire l’érosion ;
stabiliser les dunes ;
fournir un abri à la faune ;
offrir des ressources alimentaires à certains animaux.

Il constitue ainsi une espèce importante des écosystèmes littoraux où il est naturellement présent.

Principes actifs

L’extrait méthanolique des graines a donné des flavonoïdes, des saponines, des polyphénols et des tanins.

L’écorce de la tige, des branches et des racines est riche en tanins.

Les feuilles présentaient des phénols des tanins, et des flavonoïdes

Usages traditionnels

Les usages médicinaux concernent surtout les parties riches en tanins.

Diarrhée

L’écorce et parfois les feuilles ont traditionnellement été utilisées comme astringents lors de :

diarrhée ;
selles liquides ;
troubles intestinaux.
Dysenterie

Des décoctions d’écorce ou de racines apparaissent dans certaines traditions populaires contre la dysenterie.

Cet usage est historique et ne remplace pas une prise en charge moderne, notamment en présence de sang dans les selles, de fièvre ou de déshydratation.

Troubles digestifs

Des préparations astringentes ont été utilisées lors de :

douleurs abdominales ;
troubles gastriques ;
inconfort intestinal.
Gorge et bouche

Les préparations riches en tanins ont également servi traditionnellement comme :

gargarismes ;
bains de bouche

pour certaines irritations de :

gorge ;
bouche ;
gencives.
Plaies

Les feuilles ou décoctions d’écorce ont été appliquées extérieurement sur :

petites plaies ;
écorchures ;
irritations cutanées.
Petits saignements

L’effet astringent explique également certains usages populaires sur de petits saignements superficiels.

Inflammations cutanées

Les feuilles sont parfois utilisées sur :

gonflements ;
inflammations ;
irritations cutanées.

Usages culinaires

Les fruits mûrs de Coccoloba uvifera sont comestibles.

Fruits frais

Les fruits peuvent être consommés directement lorsqu’ils sont bien mûrs.

La pulpe est :

acidulée ;
légèrement sucrée ;
aromatique ;
parfois astringente.

La proportion de pulpe est relativement faible en raison de la grosse graine.

Gelée de raisin de mer

La gelée constitue l’une des préparations traditionnelles les plus connues.

Les fruits sont particulièrement adaptés à :

gelées ;
confitures ;
marmelades.
Jus

Les fruits peuvent être pressés pour préparer :

jus ;
boissons fruitées ;
sirops.
Compotes et sauces

Ils peuvent également entrer dans certaines :

compotes ;
sauces ;
préparations sucrées.
Fermentation

Des préparations fermentées traditionnelles à base de fruits peuvent également exister localement.

Fruits verts

Les fruits non mûrs sont nettement plus :

acides ;
tanniques ;
astringents.

Les fruits bien mûrs sont donc généralement préférables pour l'alimentation.

Posologie

Décoction d’écorce — diarrhée et dysenterie

C'est l'usage médicinal le mieux documenté. Une enquête ethnobotanique réalisée auprès de 200 personnes dans le sud-est de Cuba montre que l'usage médicinal dominant de C. uvifera est antidiarrhéique, que l'écorce est la partie la plus utilisée et que la décoction orale constitue le mode de préparation principal.

La tradition cubaine décrit également :

écorce : décoction dans l'eau
administration : orale
traditionnellement contre la diarrhée et la dysenterie, notamment la diarrhée sanglante.

Racine + écorce — décoction astringente

Les anciennes sources cubaines décrivent ensemble la racine et l'écorce :

racine et/ou écorce en décoction
voie orale
usage traditionnel : diarrhée et dysenterie.

Ces parties étaient réputées fortement astringentes et servaient autrefois à produire un extrait tannique appelé « Jamaica kino ».

Guyane — décoction d’écorce pour les troubles intestinaux

Le Smithsonian, dans Medicinal Plants of the Guianas, confirme pour C. uvifera :

écorce de tige préparée en décoction
administration orale
troubles intestinaux, notamment diarrhée/dysenterie.

Martinique — décoction d’écorce contre la diarrhée

Une enquête ethnobotanique publiée dans le Journal of Ethnopharmacology sur les pratiques médicinales martiniquaises rapporte spécifiquement :

partie utilisée : écorce
préparation : décoction
administration : orale
indication populaire : diarrhée.

Décoction de feuilles — enrouement et asthme

Les traditions cubaines utilisent également les feuilles en décoction, notamment pour :

enrouement • asthme • certains troubles cardiovasculaires et rénaux.

La décoction est également employée localement pour laver certaines lésions cutanées.

feuilles : décoction
quantité plante/eau : non précisée dans la source
fréquence : non standardisée.

Feuilles — plaies et affections cutanées

Les feuilles sont traditionnellement :

préparées en décoction pour laver les plaies, boutons et ulcérations, ou
écrasées et appliquées extérieurement.

Une enquête martiniquaise rapporte notamment l'application externe de feuilles écrasées contre certaines douleurs thoraciques.

Pour l'usage externe, quantité suffisante de feuilles pour préparer le lavage ou couvrir localement la zone concernée

Précautions

et précautions d’usage

L’écorce et les feuilles sont riches en tanins, ce qui peut être irritant pour les personnes sensibles en cas de consommation excessive.

Les fruits ne doivent pas être consommés en excès, car ils peuvent provoquer des troubles digestifs légers.

Contre-indications

Le fruit mûr utilisé comme aliment doit être distingué des préparations médicinales concentrées d’écorce, racines ou feuilles.

Tanins

Les parties végétatives, particulièrement l’écorce, peuvent être riches en tanins.

Une consommation excessive de préparations très tanniques peut entraîner :

nausées ;
irritation gastrique ;
constipation ;
inconfort digestif.
Constipation

Les préparations astringentes concentrées sont peu appropriées chez une personne déjà constipée.

Carence en fer

Les tanins peuvent diminuer l’absorption intestinale du fer non héminique lorsqu’ils sont consommés simultanément en quantité importante.

Grossesse et allaitement

Les fruits consommés comme aliments doivent être distingués des décoctions médicinales concentrées.

Les données de sécurité sont insuffisantes pour recommander l’usage interne prolongé de préparations concentrées d’écorce ou de racines pendant la grossesse ou l’allaitement.

Enfants

Aucune posologie pédiatrique phytothérapeutique moderne n’est standardisée.

Diarrhée sévère

Une diarrhée accompagnée de :

sang ;
forte fièvre ;
déshydratation ;
douleurs importantes ;
symptômes persistants

nécessite une évaluation médicale plutôt qu'un simple traitement astringent.

Interactions

Médicaments administrés par voie orale

Les préparations fortement tanniques peuvent théoriquement modifier l’absorption de certains médicaments.

Par prudence, une décoction médicinale très astringente peut être prise à distance des médicaments importants.

Fer

Les tanins peuvent réduire l’absorption du fer non héminique.

Il est donc préférable d’espacer une préparation très tannique d’un :

supplément de fer ;
repas spécifiquement destiné à corriger une carence martiale.
Autres plantes fortement astringentes

Une association avec de grandes quantités de :

écorce de Chêne ;
Tormentille ;
feuilles de Ronce ;
Hamamélis par voie interne ;
thé très concentré

peut renforcer :

l’astringence ;
la constipation ;
l’irritation digestive.

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