Photographie de Ramie
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Urticaceae

Ramie

Boehmeria nivea

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Aussi appelée : Ramie blanche, Ortie de Chine, Herbe de Chine.

Description botanique

Bien que membres de la famille des orties, les plantes de ce genre n'ont pas de poils urticants.

Description botanique

La Ramie est une plante vivace vigoureuse atteignant généralement 1 à 2,5 m de hauteur, parfois davantage dans les régions tropicales favorables.

Racines et rhizomes

Le système souterrain est :

vivace ;
robuste ;
fortement ramifié ;
rhizomateux.

Les racines sont :

brunâtres extérieurement ;
blanchâtres à jaunâtres intérieurement ;
relativement épaisses chez les plantes âgées.

Elles permettent à la plante de repousser rapidement après la coupe.

La racine de Ramie constitue également une matière médicinale traditionnelle importante en Asie.

Tiges

Les tiges sont :

dressées ;
cylindriques ;
vertes à légèrement rougeâtres ;
parfois pubescentes ;
légèrement ligneuses à la base avec l’âge.

L’écorce des tiges contient les longues fibres textiles caractéristiques.

Feuilles

Les feuilles sont :

simples ;
alternes ;
pétiolées ;
largement ovales à cordiformes ;
pointues ;
fortement dentées.

La face supérieure est :

verte ;
relativement rugueuse.

La face inférieure est caractéristique :

blanchâtre à argentée ;
densément pubescente.

Cette coloration explique l’épithète nivea, évoquant une apparence « neigeuse ».

Fleurs

Les fleurs sont :

petites ;
verdâtres ;
peu voyantes ;
regroupées en inflorescences axillaires.

Les fleurs mâles et femelles peuvent être portées sur la même plante selon les populations.

Fruits

Les fruits sont de très petits akènes, contenant chacun une graine.

Répartition

Boehmeria nivea est originaire d’Asie orientale et d’Asie tropicale/subtropicale, mais sa très ancienne culture rend difficile la détermination précise de son aire originelle.

Elle est particulièrement associée à :

Chine ;
Taïwan ;
Japon ;
Corée ;
Vietnam ;
Laos ;
Cambodge ;
Thaïlande ;
Myanmar ;
Inde ;
Indonésie ;
Philippines.

Elle a également été introduite dans de nombreuses régions :

tropicales ;
subtropicales ;
tempérées chaudes.

La Chine demeure historiquement l’un des grands centres de culture et de transformation de la Ramie.

Habitat

La Ramie apprécie les climats :

chauds ;
humides ;
tropicaux à subtropicaux.

Elle pousse particulièrement bien sur des sols :

fertiles ;
profonds ;
riches en matière organique ;
frais ;
correctement drainés.

On la rencontre dans :

cultures ;
jardins ;
bords de champs ;
terrains perturbés ;
lisières ;
vallées humides ;
berges ;
friches.

Elle supporte des coupes répétées grâce à son puissant système rhizomateux.

Principes actifs

Les feuilles contiennent de l'acide chlorogène, des flavonoïdes , l'épicatéchine, le gallate d'épicatéchine et la rutine.
Etude sur les constituants chimiques des feuilles produites: kiwiionoside, eugényl bêta-rutinoside, uracile, bêta-sitostérol glucoside, acide 3-hydroxy-4-méthoxy-benzoïque, cholestérol, alpha-amyrine et nonacosanol.
L'étude des racines a donné trois composés, à savoir. bêta-sitostérol, daucostérol et acide 19-alpha-hydroxyursolique.

Usages traditionnels

La Ramie possède une histoire médicinale particulièrement importante en médecine traditionnelle chinoise.

Saignements

La racine est traditionnellement utilisée pour accompagner différents saignements, notamment :

saignements utérins ;
saignements associés à la grossesse dans les usages historiques ;
sang dans les selles ou urines selon les traditions ;
autres manifestations hémorragiques.

Ces situations peuvent avoir des causes graves et nécessitent un diagnostic médical.

Grossesse

La racine possède une tradition chinoise particulière pour ce qui est décrit comme « calmer le fœtus » lors de certaines situations obstétricales.

Cette tradition ne doit surtout pas être transformée en recommandation d’automédication pendant la grossesse.

Troubles urinaires

La plante est traditionnellement employée lors de :

mictions difficiles ;
inconfort urinaire ;
présence traditionnelle de sang dans les urines ;
certaines inflammations urinaires.
Fièvre et sensation de chaleur

La racine est traditionnellement considérée comme une plante destinée à « clarifier la chaleur » dans le cadre conceptuel de la médecine chinoise.

Plaies

Les feuilles fraîches ou préparations végétales ont été utilisées sur :

petites plaies ;
coupures ;
inflammations cutanées.
Gonflements

Des applications externes sont rapportées contre :

gonflements ;
contusions ;
inflammations.
Douleurs

Des usages populaires concernent également certaines :

douleurs ;
contusions ;
inflammations locales.

Usages culinaires

La Ramie est surtout une plante textile et médicinale, mais elle possède également quelques usages alimentaires régionaux.

Jeunes feuilles

Les jeunes feuilles sont consommées dans certaines régions asiatiques après cuisson ou transformation.

Elles peuvent être incorporées à différentes préparations traditionnelles.

Pâtisseries et préparations à base de riz

Dans certaines cuisines asiatiques, les feuilles de Ramie sont utilisées pour :

colorer ;
parfumer ;
enrichir

des préparations à base de riz gluant.

Elles peuvent entrer dans certains :

gâteaux de riz ;
boulettes ;
pâtisseries traditionnelles.
Feuilles plus âgées

Elles deviennent plus :

fibreuses ;
coriaces ;
moins agréables à consommer.
Alimentation animale

Les feuilles et jeunes parties aériennes peuvent également servir de fourrage, car elles contiennent notamment protéines et minéraux.

L’usage fourrager doit néanmoins être distingué de l’utilisation des tiges matures destinées aux fibres.

Posologie

Racine séchée — 5 à 30 g/jour

Une référence chinoise consacrée aux matières médicinales naturelles donne une posologie assez large mais clairement quantitative

racine séchée : 5–30 g
préparation : décoction dans l'eau
administration : orale.

La même référence indique que la racine peut également être pilée pour en recueillir le jus frais.

Posologie vietnamienne — 12 à 20 g/jour

Une référence vietnamienne, Medicinal Plants in Viet Nam de l'Institute of Materia Medica, rapporte une fourchette plus étroite :

racine : 12–20 g/jour
sous forme de décoction, poudre ou pilules.

La racine y est traditionnellement utilisée notamment comme diurétique et dans différents troubles urinaires et gynécologiques.

Décoction pratique de racine

À partir des références précédentes, la préparation peut être présentée ainsi :

racine sèche : 12–20 g/jour
faire décocter dans l'eau
filtrer
répartir la préparation dans la journée.

Racine — saignements

Dans la médecine chinoise traditionnelle, la racine est classiquement utilisée pour « rafraîchir le sang et arrêter les saignements ». Les usages traditionnels concernent notamment différents saignements attribués à la « chaleur du sang », ainsi que certaines pertes sanguines gynécologiques.

Dose traditionnelle : 5–30 g de racine en décoction.

Cela reste une indication de médecine traditionnelle chinoise ; un saignement important ou inexpliqué nécessite d'en rechercher la cause.

Formule traditionnelle — racine fraîche 90 g

Une formule chinoise historique destinée aux saignements utérins abondants associe :

racine fraîche de Boehmeria nivea : 90 g
Artemisia argyi : 30 g
feuilles de Cinnamomum camphora : 30 g
préparation : décoction dans l'eau, puis administration orale.

Attention : les 90 g concernent la racine fraîche dans une formule composée, et ne constituent pas la dose quotidienne générale de racine sèche.

Usage traditionnel pendant la grossesse

Un aspect particulier de la ramie est son emploi historique chinois pour « stabiliser le fœtus », notamment dans les traditions concernant les saignements et l'agitation fœtale.

L'enquête ethnobotanique menée auprès des Maonan confirme également l'utilisation traditionnelle de la racine/écorce de racine et des feuilles dans le contexte de la prévention de fausse couche.

Troubles urinaires

Les traditions chinoises et vietnamiennes utilisent également la racine pour :

hématurie • mictions fréquentes • chylurie • diurèse insuffisante ou œdèmes selon les traditions.

Chez les Maonan, la plante est notamment employée en décoction pour l'hématurie et comme diurétique.

Dose traditionnelle de racine : 12–20 g/jour dans la référence vietnamienne ; la matière médicale chinoise donne 5–30 g en décoction.

Racine fraîche — usage externe

La racine fraîche peut être :

lavée
pilée jusqu'à obtenir une pâte
appliquée localement en cataplasme.

La référence vietnamienne documente cet usage externe, notamment dans les affections cutanées traditionnelles. La décoction peut également servir de lavage externe.

La matière médicale chinoise confirme :

racine fraîche pilée en cataplasme, ou décoction utilisée pour lavage/fumigation, en quantité adaptée à la surface concernée.

Feuilles — traumatismes et rhumatismes

Les feuilles possèdent également des usages traditionnels. Chez les Buyi du Yunnan, tiges et feuilles sont écrasées en cataplasme ou macérées dans l'alcool pour les rhumatismes.

Chez les Maonan, feuilles et écorce de racine sont également employées pour les traumatismes, fractures et entorses.

Dans l'Assam, les feuilles sont utilisées extérieurement dans une préparation traditionnelle contre la chute des cheveux, associées à Garcinia pedunculata.

Précautions

Aucun Connu

Contre-indications

Les données modernes de sécurité humaine restent moins abondantes que l’ancienneté de son utilisation pourrait le laisser penser.

Grossesse

C’est un point particulièrement important.

Bien que la racine possède une tradition obstétricale en médecine chinoise, cela ne signifie pas qu’une femme enceinte puisse l’utiliser librement.

Tout :

saignement pendant la grossesse ;
douleur abdominale ;
contraction inhabituelle ;
suspicion de menace de fausse couche

nécessite une évaluation médicale.

L’usage traditionnel obstétrical ne doit pas être transformé en automédication.

Allaitement

Les données modernes sont insuffisantes pour les extraits médicinaux concentrés.

Enfants

Aucune posologie pédiatrique moderne universellement validée.

Troubles de la coagulation

Une prudence particulière est recommandée avec les préparations concentrées chez les personnes présentant :

trouble de la coagulation ;
saignements inexpliqués ;
traitement affectant l’hémostase.
Allergie

Comme toute Urticaceae, la plante peut provoquer une réaction chez certaines personnes sensibles, même si elle ne possède pas les poils urticants typiques de Urtica dioica.

Usage prolongé

Éviter les extraits fortement concentrés et prolongés sans indication précise et sans données suffisantes de sécurité.

Interactions

Anticoagulants et antiagrégants

En raison de l’usage traditionnel de la racine concernant les saignements et de recherches expérimentales sur l’hémostase, une prudence est justifiée avec :

warfarine ;
héparines ;
anticoagulants oraux directs ;
aspirine à visée antiagrégante ;
clopidogrel.

Il ne s’agit pas d’une interaction clinique solidement quantifiée, mais d’une précaution raisonnable avec les extraits concentrés.

Plantes agissant sur l’hémostase

Même prudence lors d’associations concentrées avec des plantes ou extraits susceptibles d’influencer la coagulation ou l’agrégation plaquettaire.

Antidiabétiques

Certaines recherches précliniques explorent des effets métaboliques de la plante.

Une prudence peut être envisagée avec les extraits concentrés associés aux traitements hypoglycémiants, mais les preuves d’une interaction clinique spécifique restent insuffisantes.

Médicaments à marge thérapeutique étroite

Faute de données pharmacocinétiques humaines suffisantes, éviter l’association non supervisée de fortes doses d’extraits avec des médicaments nécessitant un contrôle précis de leurs concentrations.

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