Photographie de Sagoutier
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Sagoutier

Metroxylon sagu

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Aussi appelée : palmier à sagou, sagoutier véritable

Description botanique

Metroxylon sagu est un grand palmier pouvant généralement atteindre 10 à 20 mètres de hauteur, parfois davantage.

Tronc : massif, dressé et riche en une moelle contenant d’importantes réserves d’amidon.

Diamètre : le tronc peut devenir particulièrement robuste chez les sujets adultes.

Feuilles : immenses, pennées, disposées en couronne au sommet du tronc.

Folioles : nombreuses, étroites et allongées.

Pétioles : robustes ; certaines formes peuvent présenter des épines.

Inflorescence : très grande, terminale et fortement ramifiée.

Fleurs : nombreuses et relativement petites.

Fruits : arrondis à ovoïdes, recouverts d’écailles imbriquées.

Graines : généralement présentes dans les fruits après fécondation.

Une particularité biologique importante du Sagoutier est son caractère généralement monocarpique : chaque tige accumule pendant plusieurs années d'importantes réserves d’amidon, fleurit une seule fois puis meurt.

Pour la production de sagou, le tronc est donc traditionnellement récolté avant la floraison, lorsque sa teneur en amidon est maximale.

Répartition

Metroxylon sagu est originaire de la région tropicale située entre l’Asie du Sud-Est insulaire et la Nouvelle-Guinée.

Il est particulièrement important en :

- Indonésie ;
- Papouasie et Papouasie occidentale ;
- Papouasie-Nouvelle-Guinée ;
- Malaisie ;
- Moluques ;
- certaines régions des Philippines ;
- archipels de Mélanésie et du Pacifique occidental.

La Nouvelle-Guinée constitue l’un des grands centres traditionnels de culture, de diversité et d’utilisation du sagoutier.

Il est également cultivé dans d’autres régions tropicales humides.

Habitat

Le Sagoutier est particulièrement bien adapté aux milieux tropicaux très humides, y compris certains terrains où de nombreuses cultures alimentaires se développent difficilement.

Il pousse notamment dans :

- marécages d’eau douce ;
- plaines inondables ;
- forêts marécageuses ;
- berges ;
- zones alluviales ;
- terrains périodiquement inondés ;
- sols hydromorphes ;
- régions tropicales de basse altitude.

Il apprécie une température élevée et une disponibilité importante en eau.

Sa capacité à produire de grandes quantités d’amidon dans des sols humides ou temporairement inondés explique son importance alimentaire dans certaines régions tropicales.

Il ne faut toutefois pas l’assimiler à une plante marine : une salinité excessive peut limiter son développement.

Principes actifs

Contient 80% d'amidon, 16% d'eau, 2% de substances azotées.

Usages traditionnels

Le rôle principal de Metroxylon sagu est alimentaire, mais certaines parties du palmier possèdent également des usages ethnomédicinaux locaux.

Troubles digestifs : le sagou préparé sous forme de bouillie est traditionnellement considéré comme un aliment doux et facilement assimilable.

Diarrhée : des préparations amylacées sont parfois employées traditionnellement comme alimentation lors de troubles intestinaux.

Convalescence : le sagou sert traditionnellement de source énergétique lorsque l’alimentation doit rester simple.

Faiblesse : aliment énergétique traditionnel.

Fièvre et maladie : certaines communautés utilisent les préparations de sagou comme nourriture de soutien plutôt que comme médicament spécifique.

Affections cutanées : différentes parties du palmier peuvent avoir des usages locaux externes selon les populations.

Plaies : quelques traditions ethnobotaniques utilisent certaines parties végétales localement.

Usages culinaires

C’est le domaine d’utilisation majeur de Metroxylon sagu.

La moelle du tronc est broyée et lavée avec de l’eau afin d’en extraire les granules d’amidon. Après décantation et purification, on obtient la fécule de sagou.

Elle peut être transformée en :

- bouillies ;
- galettes ;
- pains traditionnels ;
- biscuits ;
- nouilles ;
- pâtes ;
- puddings ;
- desserts ;
- soupes épaissies ;
- préparations gélifiées ;
- perles de sagou.

Dans certaines populations de Nouvelle-Guinée et d’Indonésie orientale, le sagou constitue traditionnellement une source majeure de glucides.

Jeunes pousses/cœur : certaines parties tendres peuvent également être consommées localement selon les pratiques traditionnelles.

Amidon : naturellement dépourvu de gluten en tant que matière première pure

Posologie

Fécule de sagou — douleurs gastriques

En Nouvelle-Guinée, Kew rapporte un usage traditionnel particulièrement intéressant :

farine/fécule de sagou
légèrement brûlée ou grillée
puis consommée
traditionnellement pour diminuer les douleurs d'estomac.

Racines — diarrhée : infusion à 20 % expérimentale

Les racines possèdent une réputation traditionnelle antidiarrhéique. Une étude expérimentale a évalué une infusion de racines de M. sagu dans des modèles de diarrhée et d'infection à Salmonella typhi chez la souris. Parmi les préparations étudiées, l'infusion à 20 % a donné les meilleurs résultats expérimentaux sur la fréquence et la durée de la diarrhée.

infusion de racine : concentration expérimentale 20 %
activité : antibactérienne/antidiarrhéique dans les modèles étudiés

Racines — rougeole

les racines sont traditionnellement utilisées pour traiter la rougeole en Nouvelle-Guinée.

Amidon de sagou — brûlures

L'un des usages externes les mieux documentés est particulièrement simple :

amidon/fécule de sagou
préparé sous forme de pâte
appliqué traditionnellement sur les brûlures.
Quantité : juste assez de pâte pour recouvrir la zone concernée.

Cet usage traditionnel concerne évidemment des lésions mineures ; une brûlure profonde, étendue ou infectée nécessite une prise en charge appropriée.

Cendres du pétiole — brûlures en Papouasie

Une autre préparation traditionnelle est documentée chez les populations côtières de Timika, en Papouasie :

pétiole/rachis foliaire sec
brûlé jusqu'à obtention de cendres
cendres mélangées avec une petite quantité d'eau
préparation appliquée sur la brûlure.

Précautions

Aucun Connu à ce jour

Contre-indications

Le sagou correctement préparé est généralement considéré comme un aliment.

Cependant, plusieurs précautions sont importantes.

Diabète et glycémie : le sagou est essentiellement constitué d’amidon et peut représenter une charge glucidique importante. La quantité consommée doit donc être prise en compte chez les personnes diabétiques.

Alimentation exclusive : le sagou est riche en glucides mais relativement pauvre en protéines, lipides et plusieurs micronutriments. Il ne constitue pas à lui seul une alimentation équilibrée.

Carences nutritionnelles : une alimentation fortement dépendante du sagou doit être complétée par des sources de protéines, légumes, fruits, matières grasses et micronutriments.

Préparation traditionnelle : l’amidon doit être correctement extrait, lavé, conservé et préparé afin de limiter les contaminations.

Grossesse et allaitement : le sagou alimentaire correctement préparé n’est pas assimilable aux extraits médicinaux non étudiés.

Allergie : rare mais théoriquement possible.

Interactions

Antidiabétiques : l’interaction pertinente est surtout nutritionnelle. Une portion importante de sagou apporte une quantité élevée de glucides et doit être intégrée au calcul global de l’alimentation.

Insuline : même principe ; tenir compte de la quantité de glucides consommée.

Plantes hypoglycémiantes : aucune interaction spécifique avec Metroxylon sagu n’est établie ; l’essentiel reste la charge glucidique du repas.

Médicaments pris par voie orale : aucune interaction spécifique majeure avec l’amidon de sagou n’est reconnue dans les quantités alimentaires ordinaires.

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